François 1 & Wilmington Charter : A New Look

07 octobre 2020

Terminale : Points de Passage sur les totalitarismes

La nuit de Cristal

Réponses aux questions p. 49

Parcours 1

1. La nuit de Cristal du 9-10 novembre 1938 a plusieurs causes : fondamentalement l’antisémitisme profond du IIIReich et précisément l’attentat commis sur le secré- taire à l’ambassade d’Allemagne à Paris (Ernst vom Rath) le 7 novembre 1938 par un jeune Juif polonais (Herschel Grynszpan). Cet acte sert de prétexte au déclenchement d’un pogrom organisé par Goebbels contre les Juifs alle- mands.

2. Cette violence est surtout commise par les SS et les SA, en civil ou en uniforme. L’idée de Hitler était d’essayer d’entraîner la population allemande dans une émeute populaire antisémite spontanée.

3. Lors de ce pogrom, des synagogues, des boutiques, des grands magasins, des appartements possédés par des Juifs sont arbitrairement incendiés ou détruits. 91 Juifs sont tués tandis que de nombreux autres sont blessés, emprisonnés et torturés. Un climat de terreur physique et psychologique s’installe durablement en Allemagne.

4. À la suite de cette nuit de Cristal, plus de 30 000 Juifs innocents sont déportés dans des camps de concentra- tion. Les Juifs qui survivent à ce pogrom doivent payer une contribution inique d’un milliard de reichsmarks imposée par Hitler. De nombreux Juifs, pris de peur, décident dès lors d’émigrer pour quitter cette Allemagne antisémite et répressive (multiplication par deux du nombre de Juifs émigrés entre 1938 et 1939).

La Guerre d'Espagne  (pp. 52-53)

Parcours 2

La nuit de Cristal du 9-10 novembre 1938 est un pogrom organisé par l’État nazi et notamment par Hitler et Goebbels. Il a plusieurs causes : fondamentalement l’antisémitisme profond du IIIReich et précisément l’attentat commis contre le secrétaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris (Ernst vom Rath) le 7 novembre 1938 par un jeune Juif polonais (Herschel Grynszpan).

Cet acte sert de prétexte au déclenchement du pogrom dans les grandes villes allemandes. Cette violence est surtout commise par les SS et les SA habillés en civil ou en uniforme. L’objectif est de susciter une émeute populaire antisémite par le ralliement de la population allemande à cette action nazie.

Ce pogrom donne lieu à un déferlement de violence mais la majorité des Allemands n’y participe pas. Des synagogues, des boutiques, des grands magasins, des appartements possédés par des Juifs sont arbitrairement incendiés ou détruits. 91 Juifs sont tués tandis que de nombreux autres sont blessés, emprisonnés et torturés. Un climat de terreur physique et psychologique s’installe durablement en Allemagne.

Le bilan et les conséquences sont dramatiques pour les Juifs. À la suite de cette nuit de Cristal, plus de 30 000 Juifs innocents sont déportés dans des camps de concen- tration. Les Juifs qui survivent à ce pogrom doivent payer une contribution arbitraire d’un milliard de reichsmarks imposée par Hitler. De nombreux Juifs, pris de peur, décident alors d’émigrer pour quitter cette Allemagne antisémite et répressive (multiplication par deux du nombre de Juifs émigrés entre 1938 et 1939).

Point de passage : Les interventions dans la guerre civile espagnole (1936-1939)

Les trois totalitarismes sont issus plus ou moins directe- ment de la Première Guerre mondiale. Ils s’inscrivent dans un culte de la violence et se transforment rapidement en idéocraties (Waldemar Gurian, 1953), c’est-à-dire en des régimes cherchant à appliquer leur idéologie coûte que coûte.

La guerre d’Espagne (1936-1939) offre la possibilité aux trois régimes totalitaires de s’engager militairement dans la défense de leurs idéologies et aux totalitarismes fasciste et nazi de préparer la Seconde Guerre mon- diale. Cette guerre d’Espagne permet aussi de mettre en parallèle la victoire des franquistes avec la faillite des démocraties en Occident.

L’intervention des volontaires des Brigades interna- tionales cesse en 1938, sur décision unilatérale du gouvernement républicain, qui tente de favoriser enfin l’intervention militaire de la France et du Royaume-Uni, méfiants à l’égard de la présence de révolutionnaires communistes dans le camp républicain espagnol. Mais c’est un échec.

Réponses aux questions p. 53

Parcours 1

1. Les origines de la guerre civile résident dans le refus des forces nationales catholiques menées par le général Franco d’accepter la victoire politique du Front popu- laire espagnol (réunissant communistes, socialistes et républicains de gauche) aux élections législatives du 16 février 1936. Le coup d’État, commencé le 17 juil- let 1936 par un groupe d’officiers menés par Franco à partir du Maroc espagnol, naît dans un contexte com- pliqué pour la république espagnole, instaurée en 1931. La situation économique liée à la crise de 1929 est très difficile. Les réformes menées par les républicains ne permettent pas de résoudre la crise.

2. Les fascistes italiens et les nazis allemands inter- viennent en raison de leur proximité idéologique avec Franco, mais aussi parce qu’ils souhaitent mettre en place un dictateur allié dans le bassin occidental de la Méditerranée, afin de réduire l’influence franco- britannique en mer Méditerranée. Italiens et Allemands interviennent dès le 25 juillet 1936 en fournissant des armes (avions, chars, blindés, canons, munitions), des hommes (75 000 Italiens, 6 000 Allemands), en lançant des offensives (Baléares en 1937...) et en commettant des bombardements et exactions (Guernica le 26 avril 1937 : plus de 2 000 morts). L’aide militaire italo-allemande est décisive pour Franco et ses troupes.

3. L’URSS intervient plus tardivement que les Italo-Alle- mands. Son éloignement géographique, les purges au sein de l’Armée rouge qui commencent dès 1936 et la Grande Terreur lancée en 1937 ralentissent son interven- tion. Mais Staline organise dès le 1er octobre 1936 l’arrivée des Brigades internationales ainsi que la livraison de matériel et de cadres soviétiques du 7 octobre 1936 au printemps 1938. La France et le Royaume-Uni n’inter- viennent pas par pacifisme (ils refusent de déclencher une guerre mondiale) et par méfiance envers les commu- nistes révolutionnaires qui se battent du côté du Frente Popular. En France, le socialiste et président du Conseil Léon Blum est d’abord favorable à une aide apportée à la république espagnole, mais il doit céder face à l’opposi- tion parlementaire de la droite, de l’extrême droite et du parti radical. De son côté, le gouvernement britannique est profondément hostile au Front populaire espagnol et particulièrement au communisme.

4. Les quelque 35 000 à 40 000 combattants volontaires des Brigades internationales ont des opinions politiques variées mais leur point commun est leur refus de la vic- toire des franquistes. Ces combattants étrangers peuvent être socialistes, communistes, républicains modérés, anarchistes, membres ou non de partis politiques. Cette intervention des Brigades internationales ne doit pas faire oublier que les combattants étrangers ont été plus nombreux et plus efficaces du côté franquiste que du côté du Frente Popular.

Arguments

Informations tirées des documents

L’insurrection franquiste soutenue par les fascistes et les nazis

• Insurrection des 17-18 juillet 1936
• Italie : 75 000 hommes, 700 avions, 170 blindés, 1 000 canons et munitions • Allemagne : 6 000 hommes,
800 avions, 120 blindés, 600 canons
et munitions
• Proximité idéologique entre dictatures
• Offensives importantes : Baléares, Pays basque, Andalousie, Madrid
• Préparation, entraînement, test de l’armement et des tactiques en vue
de la future guerre mondiale

Les républicains et leurs soutiens

• URSS, par proximité idéologique avec les communistes espagnols : 2 000 hommes, 670 avions,
500 blindés, 1 500 canons et armements

• Brigades internationales : communistes, socialistes, républicains modérés, sans parti... mais opposés aux franquistes, fascistes et nazis. Près de 40 000 volontaires à l’armement insuffisant
• Rôle important pour défendre Madrid ou Barcelone.

La violence
de la guerre
et la victoire franquiste finale

• Exactions des deux côtés : bombardements civils et mises à mort arbitraires
• Avril 1937 : Guernica bombardée par l’aviation allemande et italienne
• Fin 1937 : la moitié de l’Espagne est aux mains des franquistes
• 1939 : derniers bastions républicains en Nouvelle-Castille et Catalogne
• 1
er avril 1939 : victoire finale de Franco • Plus de 600 000 morts soldats et civils en tout

pp. 54-55

5. Le conflit est très violent : plus de 600 000 soldats et civils sont tués jusqu’à la victoire finale des franquistes le 1er avril 1939. Des exactions sont commises des deux côtés : aux annonces d’atrocités commises par les adver- saires répondent des vengeances réalisées par l’autre camp. Dans les territoires aux mains des républicains, les premières victimes sont des prêtres, des proprié- taires, des patrons, des militants de droite et d’extrême droite (exactions autour de Madrid dès l’été 1936...). Les franquistes favorisent l’extermination des syndicalistes, francs-maçons, élus et militants de gauche (massacre à la mitrailleuse dans les arènes de Badajoz du 15 au 17 août 1936...). On estime que l’épuration commise par les républicains a fait près de 50 000 victimes, celle des franquistes entre 130 000 et 150 000 victimes.

Synthèse

La guerre d’Espagne est autant une guerre civile entre Espagnols qu’une guerre européenne.

À la suite du coup d’État commis par Franco et une par- tie de l’armée le 17 juillet 1936 contre le gouvernement républicain du Frente Popular, les fascistes italiens et les nazis allemands interviennent dès le 25 juillet aux côtés de Franco. Italiens et Allemands sont proches idéolo- giquement des rebelles et souhaitent mettre en place un allié dans le bassin occidental de la Méditerranée, afin de réduire l’influence franco-britannique en mer Méditerranée. Fascistes et nazis fournissent des armes (avions, chars, blindés, canons, munitions), des hommes (75 000 Italiens, 6 000 Allemands), lancent des offensives (Baléares en 1937...), commettent des bombardements et exactions (Guernica le 26 avril 1937 : plus de 2 000 morts). L’aide militaire italo-allemande est décisive pour Franco et ses troupes qui parviennent à déborder les troupes gouvernementales espagnoles.

L’aide étrangère aux républicains est moindre. L’URSS organise dès le 1er octobre 1936 l’arrivée des Brigades internationales et la livraison de matériel et de cadres soviétiques du 7 octobre 1936 au printemps 1938. Les 35 000 à 40 000 combattants volontaires des Brigades internationales ont des opinions politiques variées mais leur point commun est leur refus de la victoire des franquistes. Ces combattants étrangers peuvent être socialistes, communistes, républicains modérés, anarchistes, membres ou non de partis politiques. La France et le Royaume-Uni gardent leur neutralité par paci- fisme : ils refusent de déclencher une guerre mondiale et respectent le pacte de non-intervention du 8 août 1936. En France, le socialiste et président du Conseil Léon Blum est d’abord favorable à une aide apportée à la république espagnole mais il doit céder face à l’opposi- tion parlementaire de la droite, de l’extrême droite et du parti radical. De son côté, le gouvernement britannique est profondément hostile au Frente popular et particu- lièrement au communisme.

Le conflit est très violent : plus de 600 000 soldats et civils sont tués jusqu’à la victoire finale des franquistes le 1er avril 1939. Les exactions sont commises des deux

côtés : aux annonces d’atrocités commises par les adver- saires répondent des vengeances réalisées par l’autre camp. Dans les territoires aux mains des républicains, les premières victimes sont des prêtres, des propriétaires, des patrons, des militants de droite et d’extrême droite (exactions autour de Madrid...). Les franquistes favorisent l’extermination des syndicalistes, francs-maçons, élus et militants de gauche (massacre à la mitrailleuse dans les arènes de Badajoz du 15 au 17 août 1936...). On estime que l’épuration commise par les républicains a fait près de 50 000 victimes, celle des franquistes entre 130 000 et 150 000 victimes.

 

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23 juin 2020

PREMIERE : LA CHINE, DES RECOMPOSITIONS SPATIALES MULTIPLES

Général

Présentation du chapitre

Le thème conclusif « La Chine : des recompositions spatiales multiples » est constitué d’un unique chapitre. Dans la logique des nouveaux programmes de géographie au lycée, le quatrième thème « est un thème conclusif qui applique l’ensemble des savoirs et compétences acquis par l’étude des trois premiers thèmes à l’étude d’une aire géographique (continent, région, pays) » (BO). De même que le chapitre Afrique du Sud permettait de mobiliser sur un territoire les notions acquises au cours des thèmes précédents, le chapitre sur la Chine remobilise les notions de transition urbaine, recomposition, mondialisation, métropolisation, fragmentation des espaces ruraux, abordées auparavant. 8h à 10h de cours sont à consacrer à ce chapitre, dont le calibrage sera certainement très contraint en fin d’année scolaire.

 

Mise au point scientifique

La géographie de la Chine fait l’objet de nombreuses recherches récentes qui analysent les mutations rapides que connaît ce pays. Ainsi, la Chine est un objet sur lequel les représentations peuvent assez vite devenir obsolètes, et en même temps c’est un pays qui affiche tellement de records en termes de puissance économique et d’équipements qu’il faut éviter l’écueil d’en rester, pour les élèves, à la mémorisation d’énumérations factuelles et chiffrées.

Les informations sur la Chine doivent aussi être abordées avec quelques précautions quant à la transparence du système statistique. Depuis plusieurs années, la Chine cherche à démontrer sa volonté de mettre en place un système statistique crédible, comme en témoignent différentes règles pour réprimer la fraude statistique adoptées en 2016, 2017, 2018 et 2019.

En géographie francophone, la référence majeure reste Thierry Sanjuan, dont l’Atlas de la Chine chez Autrement (édition la plus récente) peut suffire à une mise au point générale sur la géographie de la Chine contemporaine. Son site fait un résumé des grandes dynamiques pour l’édition de 2015 : https://www.geochina.fr/atlas.html

 

De nombreux travaux ont des approches différentes ou traitent des thèmes plus ciblés. Alice Ekman (qui a dirigé La Chine et le monde), Sébastien Colin (qui a écrit le numéro de la Documentation photographique intitulé « La Chine, puissance mondiale »), ont une approche plus spécifique aux sciences politiques. Des géographes mènent des recherches ciblées sur les évolutions urbaines et périurbaines, comme Carine Henriot, ou sur les mutations de la relation ville-campagne, comme Etienne Monin sur le cas de Shanghai.

 

Bibliographie

Ouvrages généraux

 

  • SANJUAN Thierry, (4ème édition), Atlas de la Chine, Paris, Autrement, 2018.

Revues

 

  • « Géopolitique de la Chine », Diplomatie, Les Grands Dossiers, n°45, juin-juillet 2018.
  • « La Chine au cœur de la nouvelle Asie », La Documentation française, Questions internationales, septembre-octobre 2018.
  • Colin Sébastien, « La Chine, puissance mondiale », La Documentation Photographique,n°8108, 2015.

Articles de revues

 

  • SANJUAN T., FAYOLLE LUSSAC B., « La Chine vue d’en bas, les petites villes enjeux du développement », L’Espace géographique, (Tome 46), p. 292-310, 2017
  • Entretien avec Thierry Sanjuan, par Léo KLOECKNER et Charlotte RUGGERI, « La ville chinoise est un espace de pouvoir », Revue urbanités [en ligne], 2014.
  • COLIN S., « Le défi rural du « rêve chinois » », Hérodote (n° 150), p. 9-26, 2013.
  • CURIEN R., « Services essentiels en réseaux et fabrique urbaine en Chine : verdir le développement accéléré ? », Revue urbanités [en ligne], 2016.
  • ZHANG J. et al., « Le système du Hukou. La migration des campagnes vers les villes et la modification de la frontière d’appartenance en Chine », Migrations Société, (N° 149), p. 29-50, 2013.
  • CURIEN R., « La planification des villes chinoises », Perspectives chinoises [en ligne], 2014, mis en ligne le 01 janvier 2017 : perspectiveschinoises.revues.org/6896
  • PIKETTY T., YANG L. et ZUCMAN G., « Capital Accumulation, Private Property and Rising Inequality in China », WID world Working paper series, 2017.
  • LEFEBVRE A., « Pékin entre patrimoine et modernité : une mutation de la morphologie urbaine observée par satellite depuis 50 ans », Cybergeo : European Journal of Geography [en ligne], mis en ligne le 24 avril 2017 : http://journals.openedition.org/cybergeo/28038
  • ATTANÉ I., « Être femme en Chine aujourd’hui : une géographie du genre », Perspectives chinoise, 2012.

Sitographie

 

L’essentiel à transmettre

La Chine connaît des mutations rapides 

 

Les évolutions économiques, sociales, territoriales, technologiques sont très rapides, mais elles laissent à l’écart certains territoires. Les inégalités s’accroissent ainsi entre des régions rurales qui ne bénéficient pas de la croissance économique et qui sont touchées par une déprise démographique, et les régions métropolitaines qui sont les plus développées. 

Du fait de son ouverture à la mondialisation depuis les années 1980, la Chine, après avoir été « l’atelier du monde », est devenue « l’usine du monde », et connaît une montée en gamme de son économie en maîtrisant des activités à haute valeur ajoutée (nouvelles technologies, recherche et développement). Ce processus s’accompagne d’une augmentation des salaires, d’une adoption quasi générale des NTIC par une société qui se modernise, de l’émergence d’une classe moyenne qui aspire à un meilleur niveau de vie et à des loisirs. 

Urbanisation - transition urbaine sous contrôle de l’État

 

La Chine s’urbanise, bien que l’État ait longtemps freiné ce mouvement en restreignant les migrations internes par le système du hukou qui assigne un lieu de résidence « urbain » ou « rural » en fonction du lieu de naissance, mais qui a été assoupli plusieurs fois. La Chine n’a atteint qu’en 2010 les 50% d’urbanisation. Cependant, la définition de la ville chinoise est essentiellement politique (c’est le siège du pouvoir, relai du pouvoir central), et certains territoires définis comme ruraux sont densément peuplés. Les villes les plus peuplées et les plus développées étant les métropoles de la côte, l’État met l’accent sur le développement des villes moyennes et des villes de l’intérieur.

Voir l’article de Nashidil Rouiaï dans la revue Carto, « Chongqing, cœur du Go West chinois » : https://www.areion24.news/2018/10/30/chongqing-coeur-du-go-west-chinois/).

Une littoralisation, mais une politique de rééquilibrage vers l’Ouest

 

Comme tous les pays côtiers, la Chine connaît une dynamique de littoralisation, confortée par la participation de la Chine à la maritimisation du commerce régional et mondial à travers sa façade portuaire très dynamique (qui historiquement a connu l’ouverture des premières Zones économiques spéciales dans les années 1980). Dans le cadre de sa politique de développement de l’Ouest, l’État agit de manière volontariste, pour développer les villes de l’intérieur, construire des axes de communication (en particulier des LGV), mieux connecter l’intérieur du territoire aux métropoles de l’Est, mais aussi mieux contrôler l’ensemble du pays, en particulier les provinces périphériques (Xinjiang, Tibet). 

Une fragmentation des espaces ruraux selon leur connexion aux espaces urbains

 

Dans un pays aussi vaste, il existe une grande variété de situations dans des espaces ruraux. Les plus enclavés, en particulier dans les régions de montagnes, restent pauvres et connaissent une déprise démographique et un vieillissement de la population adulte des villages, mais aussi un délaissement des enfants par leurs parents ayant émigré vers les métropoles. En revanche, les régions rurales bien connectées aux marchés métropolitains sont dynamiques et se spécialisent dans différentes productions : céréales, élevage, productions maraîchères.

Des migrations internes contrôlées

 

Les migrations internes à la Chine s’effectuent principalement dans deux directions. Les migrants issus des régions rurales les plus pauvres émigrent vers les villes pour y trouver un travail, soit vers les villes côtières les plus riches, en particulier les grandes villes industrielles du Sud (dans le Guangdong notamment), soit vers des centres urbains plus proches de leur domicile. Ces travailleurs migrants ruraux, les nongmingong, seraient au nombre de 286 millions en 2018 ; ils sont discriminés par le système du hukou qui, malgré quelques assouplissements, continue de les priver de plusieurs services, comme la protection sociale ou l’éducation pour leurs enfants, dont 60 % resteraient à la campagne où ils sont alors scolarisés. Une autre forme de migration est planifiée par l’État dans le cadre de sa politique de développement de l’Ouest et de colonisation interne des régions autonomes. Ainsi, des migrants, principalement Han (nationalité majoritaire), sont depuis plusieurs décennies encouragés à s’installer dans les régions autonomes du Nord et de l’Ouest, dont la composition ethnique a ainsi été modifiée au profit de la nationalité majoritaire.

Un volontarisme de l’État pour l’aménagement du territoire - Un aménagement au service du rayonnement de la Chine

 

L’aménagement du territoire est planifié par l’État central, qui fait de lourds investissements dans l’équipement du territoire. En témoigne le rythme auquel la Chine a été équipée en lignes ferroviaires à grande vitesse (700 km en 2007, 30 000 en 2020, soit le premier réseau LGV du monde), tout en acquérant rapidement la technologie grâce aux contrats passés avec les leaders mondiaux du secteur. Cet aménagement est au service de la puissance de la Chine, le gigantisme d’un certain nombre d’infrastructures lui permettant d’afficher des records mondiaux : le plus long pont en mer, le plus puissant barrage, les plus grands ports de commerce, etc. L’aménagement est pensé comme un outil du rayonnement régional et mondial de la Chine, comme le montre le projet des Nouvelles routes de la soie, qui insère le pays dans un réseau de voies de communications, d’axes de développement, mais aussi de bases militaires, à l’échelle de trois continents (Asie, Afrique et Europe).

La question démographique

 

La question démographique constitue un défi majeur à plusieurs titres. La politique antinataliste dite de « l’enfant unique », mise en œuvre depuis les années 1970, a été abandonnée en 2015. En effet la Chine est confrontée au vieillissement de sa population et à la question du financement du système de protection sociale qu’elle entend développer (la majorité des Chinois, environ 80 %, a désormais accès à une retraite, assez faible pour la plupart). La politique de l’enfant unique a renforcé un autre problème démographique, que la Chine partage avec d’autres pays d’Asie, mais pour lequel elle détient un record : la surmasculinité de la population (le sex-ratio à la naissance est de 115, résultat de la préférence accordée aux garçons).

La question du régime politique

 

Le caractère autoritaire et répressif du régime chinois doit être souligné. Bien que huit autres partis politiques soient autorisés, le parti communiste détient l’essentiel du pouvoir à tous les échelons administratifs. Ce caractère autoritaire du régime permet de mettre en perspective le volontarisme d’un développement et d’un aménagement qui s’effectuent à marche forcée, sous le contrôle de l’État. La population est étroitement contrôlée, les différentes formes d’expression sont censurées, et la critique du régime n’est pas tolérée. La peine de mort est appliquée sans que des chiffres officiels soient communiqués ; on estime que plusieurs milliers de personnes sont exécutées chaque année. Les Ouïghours, nationalité minoritaire turcophone musulmane vivant principalement dans le Xinjiang, font l’objet d’une répression très sévère depuis plusieurs années qui conduit à parler d’un véritable « ethnocide » (système généralisé de surveillance, détention dans les camps de « rééducation » d’environ 1 million de personnes, contrôle des déplacements, déportation à l’extérieur du Xinjiang, obligation pour la diaspora ouïghoure de revenir au Xinjiang, destruction de mosquées). 

Les nouvelles technologies sont d’ailleurs utilisées pour contrôler l’ensemble de la population, et l’État entend développer un « système de crédit social » impliquant une notation des citoyens à partir de la collecte de multiples données.

Un environnement dégradé

 

Le développement industriel de la Chine a pour prix une dégradation massive de l’environnement : pollution des eaux souterraines et de surface, érosion, pollution atmosphérique liée à la combustion de charbon qui reste la principale source d’énergie malgré le développement des énergies renouvelables, pollution des sols par les industries chimiques ou extractives (« terres rares » dont la Chine est le principal producteur mondial). La question de l’environnement est d’ailleurs un domaine dans lequel les mobilisations sociales sont importantes et tolérées (contre l’implantation d’une usine, d’un incinérateur, etc.). La Chine affiche une volonté de résorber ces problèmes environnementaux, et en particulier de limiter ses émissions de GES ; dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, elle a prévu un pic d’émissions en 2030 avant de les réduire.

Double-page « Ouverture »

Présentation des documents

La photographie de l’hypercentre de Shanghai montre, au premier plan, le centre historique et touristique, Puxi, et au second plan, de l’autre côté de la rivière Huangpou, le centre financier de la ville, Pudong, avec son quartier d’affaire, Lujiazui, reconnaissable à sa skyline

Cette photographie peut être contextualisée grâce aux cartes à différentes échelles comprises dans le chapitre : carte 2 p. 305 à l’échelle de l’agglomération, et carte à échelle nationale, par exemple 1 p. 292. 

Les cartes permettent de localiser la photographie à différentes échelles : à la fois dans le « noyau urbain » le plus dense de l’agglomération de Shanghai, mais aussi, à l’échelle du pays, dans la partie du pays la plus urbanisée, la plus développée, la plus riche et la plus ouverte à la mondialisation. Le commentaire peut être amorcé à partir de la mobilisation de connaissances acquises au collège sur les villes dans la mondialisation, où Shanghai a été identifiée comme métropole mondiale.

Réponses au quiz

1- Vrai - La Chine n’est plus un pays majoritairement rural depuis 2010.

 

2- Vrai - La Chine dispose aujourd’hui du premier réseau ferré à grande vitesse mondial.

 

3- Faux - En 2017, l’IDH de la Chine était de 0,75.

 

4- Faux - Sa fin a été annoncée le 1er janvier 2016.

 

5- Vrai - La Chine est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre (émissions totales).

Présentation de la rubrique « Géo et fiction »

Le film sino-franco-japonais, Au-delà des montagnes, réalisé en 2015 raconte l’histoire d’une jeune femme, Tao, courtisée par deux amis d’enfance, l’un travaillant dans une mine de charbon, alors que le second présente un avenir plus prometteur. Ce film montre les évolutions de la Chine sur plus d’une vingtaine d’années avec les espoirs et les désillusions des protagonistes qui traversent ces changements. 

La Chine : des recompositions spatiales multiples

Présentation de l’étude 

Dans le cadre de ce thème conclusif, il y a seulement une étude de cas qui permet d’aborder, par des exemples pris à différentes échelles et plusieurs cartes thématiques, les trois questions énoncées dans cette partie du programme : « urbanisation, littoralisation et mutations des espaces ruraux » ; « un développement qui présente des limites » ; « des ressources et des environnements sous pression ». On peut consacrer à peu près le tiers de l’horaire à cette étude de cas.

Présentation des documents

Document 1

3 informations principales figurent sur cette carte :

  • Les niveaux de densité de population : au-dessus de 1000 hab / km², entre 400 et 1000, entre 100 et 400, entre 50 et 100, et moins de 50. On note toujours la densité plus élevée sur le littoral et une Chine intérieure aux densités plus faibles, mais les inégalités de peuplement se sont atténuées entre l’Est et le centre. Voir l’article de Thierry Sanjuan sur le site Géoconfluences, « La fin des trois Chine ? », 2016, http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/la-chine/articles-scientifiques/la-fin-des-trois-chine ;
  • Les principales villes, représentées à partir d’un seuil d’un million d’habitants, et pour lesquelles 5 tailles ont été distinguées. Selon la politique d’aménagement du territoire, des « clusters urbains », appelés « régions urbaines » sur la carte, ont été constitués. Selon Sanjuan, « le plan d’urbanisation publié en 2014 entend ainsi développer l’urbanisation à partir de clusters d’ampleur régionale » (Atlas de la Chine, 2018, Autrement) ;
  • Les principaux axes ferroviaires - on note le développement récent des LGV.

 

Document 2

Ce document est une photographie en vue aérienne oblique de « Ningbo-Zhoushan, le port de marchandises le plus actif au monde ». 

Attention : Ningbo-Zhoushan est le premier port de commerce mondial en tonnage, devant Shanghai ; si l’on considère le trafic de marchandises en EVP, c’est Shanghai qui est le premier port à conteneurs mondial, et Ningbo-Zhoushan est 3e (derrière Shanghai et Singapour) selon ce critère.

 

Document 3

Ensemble de deux photographies en vues aériennes obliques intitulé « Les espaces ruraux chinois : des situations et des dynamiques contrastées ». On peut amener les élèves à comparer ces deux paysages agricoles (les provinces peuvent facilement être localisées sur Google Maps ou grâce à la carte 3 p. 303) : l’aménagement des montagnes en terrasses pour la riziculture correspond à une pratique agricole manuelle et traditionnelle, nécessitant une importante main-d’œuvre, tandis que le blé cultivé en région de plaine peut être récolté de manière mécanique.

 

Document 4

Extrait d’un article du journal La Croix, 2016, « Chongqing, l’émergence d’une mégapole ». A partir de données chiffrées, de témoignages et d’informations sur la politique d’aménagement de Chongqing, l’article décrit la croissance, l’étalement et le développement de l’agglomération. Le lien peut être fait avec la politique de développement de l’Ouest : en donnant à Chongqing un statut de municipalité de rang provincial (jusqu’en 1997 Chongqing faisait partie du Sichuan, et les trois autres métropoles à avoir ce statut sont situées sur le littoral - voir carte 3 p. 303), et en y investissant fortement, les autorités chinoises ont la volonté de faire de cette agglomération une centralité de l’intérieur de la Chine et un pôle stratégique du réseau des « Nouvelles routes de la soie ».

 

Document 5

Extrait d’un article d’un numéro hors-série de la revue Diplomatie, 2018, « Les BATX, leaders de l’économie numérique ». L’article permet de se rendre compte que les leaders du numériques en Chine ne sont pas les leaders mondiaux du secteur dont les noms sont bien connus des élèves, contrairement à ceux qui correspondent à la culture numérique chinoise. Il offre aussi un autre aperçu de la rapidité des mutations technologiques, économiques et sociétales en Chine.

 

Document 6

« Une société de plus en plus éduquée » : il s’agit d’un histogramme montrant l’évolution du nombre d’élèves et d’étudiants en Chine entre 1985 et 2016, d’après Thierry Sanjuan. 

On observe que le nombre total d’élèves (écoliers, collégiens et lycéens inclus) en 2016, environ 180 millions, est proche du chiffre de 1985 (environ 10 millions, ce qui est peu à l’échelle de la Chine). Entre 1985 et 2016, le nombre d’élève baisse, remonte jusqu’au début des années 2000, pour connaître un tassement jusqu’à la période actuelle. Dans le même temps, on remarque que :

  • Le nombre d’écoliers a baissé d’environ 140 millions à 100 millions ;
  • Le nombre de collégiens actuel, environ 40 millions, est sensiblement le même qu’en 1985 - entre temps il a connu un pic à environ 50 millions au début des années 2000.

Pour analyser cette évolution, il faut faire appel à la connaissance de la démographie chinoise qui explique la tendance à la diminution du nombre d’enfants à scolariser, qui se répercute d’abord dans l’élémentaire, puis au collège et au lycée. Pour expliquer la hausse du début des années 1990, on peut aussi faire des hypothèses sur les politiques éducatives (en 1986, une loi sur « l’obligation scolaire » rend la scolarité obligatoire jusqu’à 9 ans).

Enfin, on remarque une augmentation très nette de l’accès à l’enseignement supérieur depuis les années 2005 à 2010. Selon Thierry Sanjuan, « le nombre d’étudiants a explosé ces dernières années : ils étaient 27 millions au niveau licence et 2 millions aux niveaux master et doctorat en 2017 ».

 

Document 7

Cette photographie en vue aérienne oblique, avec les informations apportées en commentaire, illustre bien la façon dont s’opèrent les mutations territoriales en Chine, en lien avec ses mutations économiques : une ouverture à la mondialisation, une stratégie de transferts de technologies, des investissements importants dans des infrastructures de communication. On peut aussi amener les élèves à faire des observations sur le paysage et ses recompositions : en contrebas de la LGV, on voit un hameau entouré de bâtiments modernes, ce qui témoigne d’un processus de périurbanisation.

 

Document 8

« L’accès à de nouveaux loisirs », photographie d’une scène de plage. Si l’on peut y voir une certaine occidentalisation des pratiques de loisirs de la société chinoise (idée que peut suggérer la présence des parasols « Coca-Cola »), il faut tout de même penser que la première inspiration du tourisme balnéaire en Chine, à l’époque maoïste, était plutôt d’inspiration soviétique ; il était alors une pratique essentiellement réservée aux cadres du Parti communiste. La culture chinoise de la plage se développe et se démocratise en lien avec l’augmentation du niveau de vie de la population. Le lien peut être fait avec la partie A du dossier « Le tourisme intérieur en Chine », sur « l’accès des Chinois à une société de loisirs ».

 

Document 9

« Une croissance qui ne profite pas à tous » est une infographie divisée en 4 parties :

  • La 1e montre l’augmentation, en valeur absolue, du nombre de personnes possédant plus de 100 millions de yuans soit 13 millions d’euros, disponibles pour l’investissement. Ainsi, en 2016, il y a en Chine 12 fois plus de personnes très riches (susceptibles d’investir leur fortune) que 10 ans seulement auparavant. La constitution d’une classe de Chinois très aisés a ainsi été très rapide et a été alimentée par la forte croissance de l’économie chinoise ; 
  • La 2e est un histogramme qui montre la diminution, assez rapide également, du nombre (valeur absolue) de personnes vivant sous le seuil de pauvreté chinois, qui est presque divisé par 4 entre 2010 et 2016 ; 
  • La 3e montre l’inégalité ville-campagne en termes de patrimoine détenu - un citadin possède un patrimoine qui, en moyenne, a une valeur trois fois plus élevée que celui d’un Chinois issu du monde rural (les disparités recouvertes par ce rapport 3/1 sont évidemment beaucoup plus vastes - voir l’article de Sébastien Colin, « Le défi rural du « rêve chinois », dans Hérodote n° 150, 2013 : 

https://www.cairn.info/revue-herodote-2013-3-page-9.htm#xd_co_f=NTI0YTg4MzMtODM3OS00YzJjLTgzOTUtMzRkODYyNGQ2MmFh~;

  • La 4e est un histogramme qui compare le niveau des inégalités socio-économiques en Chine à celui observé dans d’autres pays émergents, mais aussi en Russie et aux États-Unis, grâce à un indicateur : la « part de la richesse totale détenue par les 1 % les plus riches ». Il est intéressant de faire observer aux élèves que le niveau des inégalités en Chine est comparable à celui observable aux États-Unis, et qu’il est plus modéré que dans d’autres pays émergents.

Cette infographie permet ainsi de mettre en perspective les recompositions sociales qui accompagnent le processus d’émergence : une amélioration générale du niveau de vie, l’apparition d’une classe riche, une diminution de la pauvreté, mais aussi, mécaniquement, un maintien de fortes inégalités qui est mécaniquement lié au fait que le développement ne touche pas en même temps tous les territoires ni toutes les strates de la société.

 

Document 10

Ce document est un extrait d’un article de Thomas Piketty publié dans Le Monde (2017), « La pauvreté diminue mais les inégalités persistent ». L’analyse de Piketty complète bien l’infographie n° 9, avec d’autres indicateurs, comme le revenu national par habitant, et un constat similaire sur le niveau des inégalités sociales en Chine.

 

Document 11

Pour construire cette carte, ont été sélectionné les principaux problèmes environnementaux en Chine. Une recherche lexicale peut être effectuée pour expliquer des termes spécifiques : « stress hydrique », « érosion », « particules fines » (l’explication de ce dernier peut aussi être trouvée dans le document 12, sur la même page). Selon Thierry Sanjuan (la carte est en partie inspirée de son Atlas de la Chine), on peut parler d’un véritable « désastre écologique », qui commence déjà pendant la période maoïste, en particulier au moment du « Grand Bond en avant » (1958-1961). 

 

Document 12

Article extrait du magazine Carto d’avril 2019, « Le problème de la pollution en Chine ». Cet article développe plusieurs informations sur un aspect des problèmes environnementaux qui figure sur la carte 11, à savoir la pollution atmosphérique, qui atteint des niveaux très élevés, notamment à cause de la combustion de charbon. Un indicateur important de cette pollution est celui de la concentration en particules fines (les « PM » 2,5, de l’anglais Particulate Matter, 2,5 renvoyant à leur taille, puisqu’elles sont d’une taille inférieure à 2,5 micromètres, soit un millième de millimètre). Cette pollution a un impact sur le niveau des émissions de GES de la Chine (premier émetteur mondial - à l’échelle du pays, et non en émissions par habitant), et sur la santé des Chinois, en particulier les citadins du quart Nord-Est de la Chine. Étant donné le caractère répressif du régime chinois, les élèves, selon leur niveau d’information à ce propos, pourront peut-être s’étonner de « l’exaspération de la population » au sujet de la pollution. Il faut savoir que les questions environnementales sont des questions sur lesquelles les mobilisations sociales sont tolérées, dans la mesure où elles ne sont pas liées à une remise en cause du régime.

 

Document 13

« Les plus grandes centrales solaires flottantes du monde inaugurées en Chine », extrait d’un article publié en 2017 dans le magazine de vulgarisation scientifique Sciences et Avenir, illustré par une photographie aérienne (vue aérienne oblique) d’une des centrales solaires de Huainan, installée sur un lac résultat de l’inondation d’une ancienne mine de charbon. Cette situation illustre bien la transition énergétique en Chine, qui présente une situation contrastée : elle est à la fois première détentrice mondiale de centrales au charbon (la moitié des centrales au charbon dans le monde sont chinoises) et désormais leader mondial de l’énergie solaire (elle est la 1ère productrice mondiale de panneaux solaires, et détient le quart des capacités mondiales en énergie solaire).

 

Document 14

Cet équipement peut être localisé sur la carte 11. Il fait partie des « barrages géants ». Le système d’écluses décrit dans le commentaire de la photographie permet le passage d’un bateau en un temps relativement long, environ 3h. Un questionnement peut être mené sur l’intérêt pour la Chine de disposer d’un tel aménagement : production d’électricité avec un impact limité sur le climat (beaucoup moins de GES émis que pour la même production avec des centrales à charbon), mais aussi démonstration de puissance du fait de la prouesse technique et du gigantisme de l’aménagement (plus grande centrale hydroélectrique du monde). 

Corrigés des questions

A. Urbanisation, littoralisation et mutations des espaces ruraux

 

Question 1 (Document 1)

Le pays est inégalement peuplé, urbanisé et développé. Le littoral reste la partie du territoire la plus densément peuplée et la plus urbanisée, avec plusieurs agglomérations dont la population est supérieure à 10 millions d’habitants (Guangzhou, Shanghai, Tianjin). Les espaces les moins densément peuplés sont à l’intérieur de la Chine, avec une densité moyenne inférieure à 50 habitants au km², en particulier au Tibet et dans le Xinjiang. Le centre est assez densément peuplé, avec 100 à 400 hab / km² en moyenne, mais aussi des agglomérations comme Wuhan, Chengdu, Chongqing, qui comptent 400 à 1000 habitants / km². Ces inégalités de peuplement sont liées à des inégalités de développement et d’ouverture à la mondialisation. 

Le pouvoir central, depuis 1990, mène des politiques d’aménagement du territoire qui visent à réduire ces inégalités régionales. On peut notamment citer :

  • La politique de développement de l’Ouest, entamée en 2000 ;
  • La construction d’axes de communication, routiers mais aussi ferroviaires, avec le développement de lignes à grande vitesse (LGV) depuis 2007, qui « rapprochent » les villes du centre et les grandes métropoles de l’Est ; 
  • La politique d’aménagement du système urbain, qui consiste à développer l’urbanisation à partir de clusters régionaux, et à favoriser le développement des villes petites et moyennes.

 

Question 2 (Document 2)

La littoralisation correspond à la concentration des aménagements et des populations sur le littoral. Cette dynamique spatiale est notamment liée à la maritimisation de l’économie et à l’ouverture de l’économie chinoise à la mondialisation. Sur cette photographie aérienne oblique, on voit un aménagement lié à ces évolutions : il s’agit d’un terminal portuaire à conteneurs. On remarque en effet que de nombreux conteneurs sont entreposés sur un très vaste quai, et que le terminal est équipé de portiques pour opérer le chargement et le déchargement des conteneurs. Ningbo-Zhoushan étant un port en eaux profondes, il peut accueillir des navires porte-conteneurs de grande capacité, comme celui que l’on peut voir à quai.

 

Question 3 (Document 3)

Ces deux photographies aériennes obliques montrent deux paysages qui correspondent à des espaces ruraux et agricoles différents. La photographie de gauche montre des rizières en terrasses inondées dans le Sichuan ; cela correspond à un aménagement agricole traditionnel, dans lequel la récolte se fait de façon manuelle et nécessite donc beaucoup de travail. La photographie de droite représente une plaine céréalière, dans le Henan, où l’on peut voir deux moissonneuses-batteuses faire la récolte du blé. Il s’agit ici d’une agriculture mécanisée, qui nécessite peu de main d’œuvre mais un fort investissement en capital.

 

Question 4 (Document 3)

Le « tourisme rural » représente un intérêt dans la mesure où il est une source de revenu supplémentaire pour les populations de certains espaces ruraux ; il peut ainsi participer au développement économique de certains territoires ruraux, et favoriser le maintien de la population. Dans le document 3, c’est le territoire où est pratiqué la riziculture en terrasses qui se prête à une mise en tourisme. Celle-ci concourt alors à la valorisation et à l’entretien d’un paysage traditionnel qui fait ainsi l’objet d’une patrimonialisation.

 

Question 5 (Document 4)

La ville de Chongqing, située dans le Sud-Est de la Chine, témoigne des mutations spatiales de la Chine contemporaine :

  • Avec plus de 34 millions d’habitants sur 82 000 km², et 300 000 nouveaux habitants par an, elle est à l’image de la métropolisation, de l’urbanisation et de l’étalement urbain que connaît le pays, qui opère actuellement sa transition urbaine ;
  • Les migrations internes entre ville et campagne : « Ce sont des paysans des villages proches ou des provinces voisines qui contribuent au développement urbain ». Elles vont de pair avec une accentuation des inégalités entre ville et campagne : « Sur le lopin de terre de mes parents il n’était plus possible de gagner assez d’argent », témoigne un jeune migrant ;
  • Le rééquilibrage de l’aménagement du territoire et son contrôle par le pouvoir central : Chongqing est une métropole du centre de la Chine, située à plus de 1 000 km de la côte. C’est dans le cadre d’un rééquilibrage de l’aménagement du territoire vers le centre et l’Ouest que le pouvoir central a modifié le statut administratif de la ville, « déclarée municipalité autonome depuis 1997 » et y fait « de lourds investissements », en particulier dans des « zones de développement industriel et de haute technologie ». En témoigne la citation des propos d’un jeune fonctionnaire : « L’objectif du gouvernement est de faire de Chongqing la nouvelle capitale du Sud-Ouest ». 

 

Question « notion »

La Chine connaît des recompositions spatiales majeures. Les inégalités se sont tout d’abord creusées entre l’est et l’ouest de la Chine : tandis que la l’est connaissait une ouverture sur le monde et un développement industriel et portuaire croissant grâce à la littoralisation, la Chine de l’intérieur évoluait moins vite, en restant un espace plus rural. Un modèle centre-périphérie s’est mis en place. Mais une logique de rattrapage est en cours avec la création de nouvelles centralités : Chongqing a vocation à devenir la grande métropole du centre-sud de la Chine. Le gouvernement investit largement. La conquête de l’ouest, véritable front pionnier, est lancée. Par ailleurs, et de manière générale, même si la Chine de l’est est plus concernée, les paysages se transforment : la Chine s’urbanise très rapidement et les villages sont remplacés par de gigantesques villes. La métropolisation transforme la vie des habitants. Cette mutation est très rapide à l’échelle de l’histoire ; elle s’est faite en une génération à peine, quand l’urbanisation de l’Occident a été bien plus lente et a pris au moins un siècle (de 1850 à 1950). 

 

 

B. Un développement qui présente des limites

 

Question 6 (Document 5)

Les entreprises chinoises Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, surnommées les « BATX » (sur le modèle du sigle « GAFA » ou « GAFAM »), sont les leaders de l’économie numérique. Pour l’expliquer, on peut formuler l’hypothèse d’une meilleure adaptation du marché chinois, suggérée par la phrase : « Avec plus de 770 millions de personnes connectées à Internet, dont 97% via leur téléphone, pouvant lire la même langue et ayant des références culturelles communes, le terrain de jeu est immense ». Ainsi, leur adaptation à la demande des Chinois est sans doute meilleure et plus rapide que celle des leaders mondiaux, dans la mesure où ils partagent une même langue, une même culture, mais aussi parce qu’ils proposent probablement des prix plus bas, plus conformes au pouvoir d’achat de la majorité des Chinois. Enfin, les leaders mondiaux du numérique sont des firmes multinationales états-uniennes, qui font aussi face à des contraintes politiques (censure, mesures de rétorsion commerciales) pour s’implanter en Chine ; Facebook, par exemple, y est interdit.

 

Question 7 (Document 6)

Depuis 1985, on observe une nette augmentation de l’accès au lycée et aux études supérieures. En effet, le nombre de lycéens passe d’un peu moins de 10 millions en 1985 à environ 45 millions en 2016. Quant au nombre d’étudiants, inférieur à 5 millions en 1985, il est d’environ 45 millions en 2016. Un palier important a été franchi entre 2000 et 2010 : en une décennie, le nombre d’étudiants est passé de 5 millions environ au nombre actuel, qui s’est maintenu depuis. Ainsi, ces augmentations ne répondent pas seulement à l’augmentation de la population chinoise, elles reflètent surtout une élévation du niveau d’instruction et de formation de la population, en relation avec le développement de la Chine. Il y a autant d’étudiants que de lycéens. La démocratisation de l’accès au supérieur répond ainsi aux besoins de l’économie chinoise, et à une politique de recherche compétitive.

 

Question 8 (Document 7)

La grande vitesse ferroviaire est stratégique pour la Chine car son développement répond à plusieurs enjeux :

  • Un enjeu d’aménagement et de maîtrise du territoire : comme on peut le voir sur la photographie, le CRH, le TGV chinois, passe sur une LGV récemment construite dans la région autonome du Guangxi, qui fait partie des territoires ciblés par la politique de désenclavement et de développement de l’Ouest. Le développement de la grande vitesse ferroviaire répond ainsi à la volonté du pouvoir central de mieux connecter le territoire aux métropoles ;
  • Un enjeu technologique et économique : comme l’indique le commentaire de la photographie, le développement de la grande vitesse ferroviaire a été permis par une « stratégie d’attribution de parts de marché en échange de transferts de technologie par les leaders étrangers du secteur ». La Chine a ainsi pu commencer à équiper son territoire en LGV en 2007, tout en acquérant rapidement la maîtrise technologique lui permettant de devenir autonome dans la conception de ses propres TGV, voire, ensuite, d’exporter le savoir-faire acquis dans ce domaine.

 

Question 9 (Documents 5 à 10)

Ces documents témoignent des mutations sociales qui accompagnent le développement économique de la Chine :

  • Le développement de la consommation, et l’adoption rapide des nouvelles technologies (commerce en ligne, jeux, réseaux sociaux numériques) (doc. 5) ;
  • L’élévation du niveau d’instruction et de formation de (docs. 6 et 7) ;
  • Le développement d’une classe moyenne et d’une classe aisée (doc. 9), qui s’accompagne d’un développement de la mobilité (doc. 7) et de l’aspiration à des loisirs (doc. 8) ;
  • L’augmentation du niveau de vie s’accompagne d’une diminution de la pauvreté, mais aussi du maintien d’inégalités sociales importantes, qui sont à la fois des inégalités de revenu mais aussi des inégalités territoriales (entre urbains et ruraux) (docs. 9 et 10).

 

Question « notion »

Le développement chinois repose sur une importante croissance économique (plus de 7-8 % par an, dans les records mondiaux), favorisée par sa libéralisation. Le développement a été également permis par une attention portée à l’éducation, secteur contrôlé fermement par l’État : depuis 2005, les effectifs dans les lycées et l’enseignement supérieur se sont fortement accrus. La qualification de la main-d’œuvre chinoise augmente. Cela a permis le développement du secteur numérique, avec les BATX, portées par un immense marché cohérent grâce à sa relative unité culturelle et sa différence avec les marchés occidentaux, ce qui ralentit l’arrivée des concurrents internationaux, moins au fait des réalités chinoises. L’État a pu investir dans d’importantes infrastructures, notamment de transport, afin de désenclaver les territoires : en quelques années (2007-2017), la Chine est devenue le pays comptant le plus de Lignes à Grande Vitesse (à elle seule, elle en compte plus que tous les autres pays réunis). La croissance a favorisé l’essor d’une classe moyenne, qui a obtenu des congés, favorisant le tourisme. En retour, porté par son immense marché intérieur, ce secteur tire la croissance. 

 

Mais le modèle chinois a ses limites. La censure perdure notamment dans le numérique. Si le nombre de personnes dans l’extrême pauvreté a été divisé par 4 entre 2010 et 2016, de fortes inégalités demeurent : le patrimoine des habitants des espaces ruraux est trois fois moindre que celui des urbains. La croissance n’a pas profité à tous : près de la moitié des richesses est contrôlée par les 1 % les plus riches, situation comparable aux pays les plus inégalitaires de la planète, comme les autres BRICS. Les contrastes sont forts avec les plus pauvres, et ils s’accroissent car le revenu de ces derniers augmente moins vite que celui des plus riches. La Chine fait face à de nombreuses recompositions, pas toujours positives. 

 

 

C. Des ressources et des environnements sous pression

 

Question 10 (Document 14)

Les barrages hydroélectriques ont des impacts positifs et négatifs sur l’environnement : 

  • Ils produisent une énergie renouvelable : ainsi, le barrage des Trois-Gorges, qui est un barrage géant, produit 22 500 mégawatts par an avec un impact en termes de pollution et d’effet de serre très inférieur à la même production par des centrales thermiques au charbon. L’impact sur l’environnement à l’échelle nationale et globale est donc positif, en comparaison d’autres modes de production d’électricité ;
  • Cependant, dans le cas d’un barrage géant, l’impact local sur l’environnement, mais aussi sur la société, comporte des aspects négatifs : comme l’indique le commentaire, l’aménagement du barrage des Trois-Gorges a impliqué l’inondation de « nombreux villages et villes », de « terres agricoles », de « sites historiques », situés dans la vallée du fleuve Yangtse, de même que l’expropriation et le déplacement forcé d’1,6 million d’habitants. Il faut souligner que les petits barrages n’ont pas cet impact négatif.

 

Question 11 (Documents 11 à 13)

On peut parler, en Chine, d’une crise environnementale et sanitaire. En effet, de nombreux territoires et ressources sont pollués :

  • La pollution atmosphérique, aux particules fines, est présente notamment au Nord-Est, en particulier dans les grandes villes comme Beijing, et au Nord-Ouest (doc. 11). Cette pollution est à l’origine de nombreuses maladies respiratoires, car les seuils de concentration en particules fines dans l’air admis par l’OMS sont très largement dépassés (doc. 12), dans la capitale et dans « la majorité des villes du pays ». Cette pollution est liée à la circulation automobile, mais aussi à la combustion de charbon, qui reste la principale source de production d’énergie (60% à 70%, selon les docs. 12 et 13), et enfin aux tempêtes de sable favorisées par l’érosion dans le Nord du pays (doc. 11). La Chine est désormais « le premier pollueur de la planète » (doc. 12) (en revanche il ne l’est pas si l’on considère les émissions par habitant) ;
  • La majorité des cours d’eau est polluée, à cause des rejets industriels principalement, mais aussi des eaux usées agricoles et domestiques. La partie terminale des grands fleuves, notamment le Fleuve Jaune et le Yangtse, est très polluée en raison de l’accumulation de ces effluents (doc. 11) ;
  • La pollution des sols s’explique par les mêmes raisons que la pollution de l’eau. Certains sols sont particulièrement pollués par les industries extractives, notamment dans le district minier de Bayan Obo (doc. 11), où sont extraites des « terres rares », dont la Chine est de loin le premier producteur mondial.

 

Question 12 (Document 13)

Les énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolienne) connaissent une forte croissance en Chine, pays qui y investit le plus. Mais actuellement les énergies fossiles, en particulier le charbon, ont une place prépondérante dans le « mix énergétique chinois », et les énergies renouvelables n’en représentent que 11%. Cependant, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique chinois devrait augmenter : d’après le doc. 11 elle pourrait « doubler d’ici 2030 ». 

 

Question « notion »

Grosse consommatrice d’énergie, la Chine est confrontée à d’importants problèmes de pollution, à cause des énergies fossiles. Les villes sont très polluées, en raison notamment de la circulation automobile mais aussi de l’industrie (qui pollue par ailleurs les cours d’eau, avec des scandales retentissants). C’est surtout le recours au charbon, pour produire 70 % de l’énergie, qui pollue l’air. La pollution aux particules fines s’étend bien au-delà des villes. La pollution de l’air est un enjeu sanitaire avec près d’un demi-million de décès par an. Les accidents industriels se multiplient et les sols sont pollués par l’industrie ; les sols souffrent aussi de l’érosion et des vents de sable venus du désert à l’ouest. 

Face à cela, le pouvoir chinois mise sur les énergies renouvelables, porté par une expertise qu’il a développé à destination des pays occidentaux (production de panneaux solaires à bas coûts). La Chine développe des centrales solaires flottantes comme vers Huainan ; elle s’appuie aussi sur des techniques plus classiques, en multipliant les barrages, comme le plus grand du monde, celui des Trois Gorges. Mais sa durabilité est critiquable : le barrage ennoie des vallées et éléments naturels, des sites historiques (patrimoine humain) et a supposé le déplacement d’1,6 million de personnes, déracinées. La durabilité sociale et environnementale n’est pas toujours au rendez-vous, même dans les projets d’énergies renouvelables. 

Pour aller plus loin

  • Film documentaire : Laurent BOUIT, Chine, sur les nouvelles routes de la soie, Arte, 2016, 54 mn.
  • Reportage : Angélique FORGET, Antoine VEDEILHE, Ouïgours, un peuple en danger, Arte / France 24, 2019.

Méthode croquis : Vers le croquis de Terminale

Présentation de la méthode

Étape 1 : Analyser le sujet 

  • Comprendre le sujet : « les recompositions spatiales » correspondent aux évolutions de l’organisation de l’espace chinois, à ses dynamiques. Il s’agit de montrer comment un espace se ré-agence sous l’effet de plusieurs facteurs ;
  • Lister les informations à représenter et les figurés : il faut se poser la question du caractère représentable ou non des informations que l’on veut montrer. Il se peut que des informations ne soient pas aisément représentable sur un croquis. On peut donc trouver une stratégie pour les montrer, les suggérer, ou bien on peut devoir renoncer à les faire apparaître. Ainsi, pour un croquis à l’échelle nationale, il sera difficile de montrer certaines recompositions qui s’opère à une échelle locale (par exemple, la ségrégation socio-spatiale à l’échelle urbaine). 

 

Étape 2 : Construire la légende et formuler la problématique

  • Organiser la légende, selon un plan. Le plan peut être organisé de manière thématique ou selon une progression logique. Le plan géographique type, qui fonctionne pour les croquis comme pour d’autres formes de raisonnement géographique, est le suivant :
  1. État des lieux ;
  2. Facteurs explicatifs ;
  3. Conséquences / Solutions, limites risques.
  • Pour un croquis assez riche, il est conseillé d’organiser les parties en sous-parties ;
  • Formuler une problématique, à laquelle le plan de la légende répond.

 

Étape 3 : Représentez les figurés et écrivez les toponymes sur le fond de carte

  • Sur le fond de carte, il est préférable de représenter les figurés dans l’ordre suivant :
  1. Les aplats (surfaces colorées), au crayon de couleur. C’est à faire sans trop appuyer (les élèves peuvent avoir tendance à vouloir saturer la couleur alors que c’est un « fond » sur lequel d’autres figurés devront être lisibles) ;
  2. Les hachures ou autres figurés de surface (autres que les aplats, type « semis de points », etc.), à représenter au feutre fin sur les aplats. Il faut faire attention à ne jamais saturer l’espace, à ne pas faire des hachures trop denses, etc. ;
  3. Les figurés ponctuels (villes, ports, autres) sont à réaliser au feutre fin ;
  4. Les figurés linéaires (axes de communication, frontières, limites, flux, etc.) sont à réaliser au feutre fin également.
  • On ajoute les toponymes (noms) à la fin : 
    • Au stylo noir, horizontalement ;
    • Noms de mers et d’océans : au stylo bleu, horizontalement ;
    • Noms de cours d’eau : au stylo bleu, en suivant l’orientation du cours d’eau.

Important : La priorité est de réaliser un croquis clair, lisible, suffisamment aéré. Il est important de ne pas saturer la couleur pour les aplats et de ne pas surcharger le fond de carte. Il faut trouver un compromis entre quantité d’information et lisibilité.

 

Corrigé de la carte 

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Sujets supplémentaires

  • Croquis sur un sujet plus restreint : l’énergie en Chine ;
  • Recherche documentaire et courte présentation orale sur des thèmes ciblés :
    • La question des droits humains et des libertés en Chine ;
    • Agriculture et alimentation en Chine ; 
    • Une métropole et son évolution : Shanghai, ou Beijing, ou Hong Kong ;
    • Les Nouvelles routes de la soie.

Grand Angle 1 : La Chine : des recompositions spatiales multiples

Présentation de la carte

La carte traite les trois questions de ce chapitre conclusif : 

  • L’urbanisation (qui est suggérée par la représentation des villes à partir du seuil d’1 million d’habitants) et la littoralisation (symbolisée par les ports qui font partie des 20 premiers mondiaux), favorisée par l’ouverture à la mondialisation. En revanche, les mutations des espaces ruraux n’ont pas pu être représentées comme telles à l’échelle nationale, mais on peut les déduire du fait de la croissance urbaine et de la politique de désenclavement ; 
  • Développement et inégalités : le développement est symbolisé par certaines infrastructures qu’on peut faire figurer à l’échelle nationale, les grands barrages et les LGV. Les inégalités sont représentées par des aplats colorés, qui indiquent des niveaux d’écart au revenu moyen à l’échelle des provinces. Cette échelle présente des limites mais montre une inégalité persistante entre la Chine littorale et le reste. On peut tout de même faire remarquer que l’écart peut être ténu entre les provinces qui sont un peu au-dessous de la moyenne (orange clair) et celles qui sont un peu au-dessus (vert clair). Un contour violet signale les provinces ciblées par la politique de développement de l’Ouest. On pourra essayer de faire réfléchir les élèves sur le fait que toutes les provinces pauvres de l’Ouest ne sont pas touchées par cette politique, et d’autre part sur le fait que la Mongolie intérieure est ciblée par cette politique, alors qu’elle n’apparaît pas comme une des plus défavorisées. Des hypothèses peuvent être émises sur ces quelques discordances apparentes. Par exemple, en observant sur la carte 11 p. 296 la mention du district minier de Bayan Obo, on peut formuler une hypothèse expliquant la richesse relative de la Mongolie intérieure, qui pourtant est enclavée. Le nom renvoie à un peuplement minoritaire lié à la Mongolie, pays voisin qui a fait sécession de la Chine en 1911 : le pouvoir chinois entend donc renforcer son contrôle sur la région et éviter toute agitation ;
  • Des ressources et des environnements sous-pression : deux types d’informations ont été localisés : la pression sur l’eau et les sols, et la pollution de l’air et des fleuves.

 

Trois photographies, avec des angles de prise de vue différents, témoignent de ces différents aspects des recompositions de l’espace chinois, en montrant un espace industriel, un espace rural et un espace urbain 

  1. Une photographie aérienne oblique d’une installation industrielle et électrique, Ningdong, qui illustre à la fois le développement économique chinois et la pression sur l’environnement ;
  2. Une photographie aérienne d’une plantation de thé en cours de récolte. Les feuilles sont cueillies manuellement, et le thé est fait de manière traditionnelle, étant considéré comme une part du patrimoine culturel de la province du Hubei ;
  3. Une photographie de Hong Kong, l’une des plus grandes métropoles chinoises. Elle a un statut particulier (rétrocession britannique dans les années 1990) qui en fait le théâtre de tensions liées aux contradictions entre les héritages du système politique et juridique anglais et le système chinois actuel. L’été 2019 a été marqué par des tensions d’ampleur inédite. 

Grand Angle 2 : La Chine face aux défis de l’émergence

Présentation des documents

Document 1

Cette carte comporte deux informations principales sur la population chinoise. La première concerne la densité de la population, pour laquelle 5 niveaux sont distingués, permettant aisément de constater que la partie orientale du pays est la plus densément peuplée, mais aussi qu’il y a désormais des régions urbaines densément peuplées (400 à 1 000 habitants / km²) dans des régions non littorales, comme la région du Sichuan ou la municipalité de Chongqing. La moitié occidentale et la frange Nord de la Chine restent peu densément peuplées. 

La deuxième information concerne la composition ethnique de certaines régions : sont mentionnées, dans les régions où ils sont significatifs, les effectifs des ethnies appelées « nationalités minoritaires », selon la nomenclature officielle chinoise, elle-même inspirée de la théorie stalinienne de la nationalité. Les nationalités minoritaires mentionnées sont celles reconnues et recensées par la République populaire de Chine.

 

Document 2

Les trois premiers graphiques permettent une approche comparative de l’évolution de la puissance économique chinoise (légendée en rouge), états-unienne (légendée en violet) et française (légendée en jaune), entre 1980 et 2016, pour :

  • L’évolution du PIB nominal ;
  • L’évolution du PIB par habitant ;
  • L’évolution de leur place dans le classement des pays exportateurs, en parallèle de l’augmentation des exportations chinoises.

Le quatrième montre l’évolution des investissements directs étrangers (IDE) en Chine, en milliards de dollars, entre 1980 à 2016. 

Les documents montrent que la Chine a rattrapé puis dédoublé la France, et qu’elle rattrape les États-Unis. L’indicateur du PIB / hab permet cependant de nuancer, pour quelques années encore, cet essor chinois. 

 

Document 3

Il s’agit d’une carte assez simple qui montre le découpage administratif du territoire chinois, à l’échelle du pays (car la pyramide administrative a évidemment des subdivisions plus fines, jusqu’au comité de résidents ou de villageois à l’échelle la plus locale). Pour justifier le titre de la carte, quelques précisions sont à ajouter concernant les catégories suivantes :

  • Les deux régions administratives spéciales (RAS) de Hong Kong et Macao (rétrocédées à la Chine, respectivement par le Royaume-Uni en 1997 et par le Portugal en 1999), sont des territoires urbains qui, selon leur Loi fondamentale, conservent une certaine autonomie politique et économique, en vertu du principe « Un pays, deux systèmes ». L’autonomie politique semble cependant de plus en plus limitée, comme le montre la mainmise de plus en plus importante de Beijing sur Hong Kong.
  • De même, les provinces dites « autonomes » sont celles qui comptent, historiquement, une proportion importante d’habitants appartenant à une « nationalité minoritaire » (non Han, comme les Ouïghours et les Kazakhs au Xinjiang, les Tibétains au Tibet, etc.). Elles ont fait l’objet d’une colonisation intérieure depuis la période maoïste, afin de les « siniser », ce qui s’est traduit par l’organisation et l’encouragement d’une importante migration Han vers ces provinces. Ceci a entraîné une diminution de la proportion de « non Han » dans la population. De fait, ces provinces ne sont pas particulièrement « autonomes ». Toute volonté d’autonomisation est au contraire sévèrement réprimée, au Tibet comme dans le Xinjiang, où la Chine mène actuellement une campagne de répression contre les Ouïghours, à tel point que certains observateurs n’hésitent pas à utiliser le terme d’ « ethnocide » à leur sujet.

 

Document 4

Ce document est adapté d’un graphique qui figure dans l’article « Capital Accumulation, Private Property and Rising Inequality in China, 1978-2015 », publié par Thomas Piketty (économiste de renom international), Li Yang et Gabriel Zucman en 2017 dans la World Inequality Database (site https://wid.world/world-inequality-lab/). Les trois chercheurs ont utilisé des sources officielles (des données fiscales par exemple) et non-officielles pour produire leur étude. Ce graphique vient compléter le document 10 p. 295 (extrait d’un article de Thomas Piketty sur l’évolution des inégalités en Chine). À partir d’un indicateur, la part des richesses détenue par les 10 % d’habitants aux revenus les plus élevés, le graphique montre une augmentation des inégalités sociales en Chine depuis 1995, qui s’accélère à partir de 2009. À partir de 2011, ce niveau d’inégalités reste stable à un niveau élevé. La comparaison avec la France et les États-Unis, deux pays occidentaux aux modèles sociaux différents, est parlante : 

  • À partir de 2005, la Chine est plus inégalitaire que la France, qui a stabilisé la part de richesses contrôlée par les plus riches sur la période ;
  • À partir de 2011, le niveau d’inégalités en Chine se rapproche du niveau étasunien : plus de 65 % des richesses sont détenues par les 10 % d’habitants aux revenus les plus élevés (plus de 70 % aux États-Unis, 55 % en France). Les États-Unis ont connu un accroissement des inégalités depuis 1994, mais l’augmentation en Chine a été bien plus forte. 

Cours 1 : Urbanisation, littoralisation et mutation des espaces ruraux

Résumé des grandes idées du cours 

A. Une transition urbaine rapide

La Chine réalise sa transition urbaine, qu’elle a longtemps ralentie par le biais du hukou, qui fonctionne comme un « passeport intérieur », et qui a été assoupli depuis les années 1980. La partie de la Chine la plus urbanisée est l’Est et particulièrement le littoral. Le pouvoir central continue de vouloir maîtriser l’urbanisation, à travers la définition de clusters urbains. Selon l’expression de Thierry Sanjuan, les villes chinoises sont les « vitrines de l’émergence » : les paysages urbains changent, les agglomérations s’étalent et se modernisent, du CBD jusqu’aux villes-nouvelles situées en périphérie.

 

B. Une littoralisation marquée

Quelques chiffres significatifs sont cités pour montrer le poids démographique et économique du littoral : sur 14 % de la superficie de la Chine, réside 45 % de la population, et 58 % du PIB est produit. La dynamique de littoralisation, présente partout, est particulièrement forte en Chine où elle a été renforcée par l’ouverture de l’économie chinoise à la mondialisation, avec la création de Zones économiques spéciales (ZES) et l’essor rapide d’une façade portuaire qui est la plus dynamique au monde.

 

C. Des espaces ruraux en mutation

La Chine étant en cours de transition urbaine, elle conserve une part importante de sa population recensée comme rurale (40 % en 2020) et 28 % de sa population active employée dans l’agriculture. La Chine est une grande puissance agricole, mais sa production ne lui permet pas de nourrir l’ensemble de sa population : elle est importatrice nette de produits agroalimentaires. Elle est marquée par un dualisme agraire persistant entre grandes structures étatiques ou privées, et une multitude de petites exploitations familiales. Les espaces ruraux connaissent des évolutions différenciées : déprise démographique et économique dans les espaces ruraux pauvres, inclusion dans le tissu urbain pour les campagnes périurbaines.

Présentation des documents 

Document 1

Photographie de « La ville nouvelle de Chongming, près de Shanghai » (à ne pas confondre avec Chongqing, cité dans d’autres documents). Le document 2 permet de localiser Chongming, sur une île en face. Attention, l’île aussi s’appelle Chongming. On voit sur la carte que l’île est rurale mais comporte aussi des espaces mixtes urbains et ruraux. La photographie, probablement d’ordre promotionnel, montre au premier plan un ponton aménagé en espace de loisir et de détente, avec des bateaux touristiques. À l’arrière-plan, derrière un groupe de maisons et des espaces verts, on voit des groupes d’immeubles hauts et modernes, dont un groupe d’immeubles en construction. Ainsi on peut observer que l’île de Chongming s’urbanise, mais aussi se gentrifie et est aménagée pour répondre à une demande de loisirs de la part des citadins.

 

Document 2

Ce document est une simplification d’une carte produite par la chercheuse Carine Henriot dans un article publié en 2016 sur Géoconfluences : « Métropolisation chinoise et villes nouvelles : l’exemple de Shanghai » (lien vers l’article : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/la-chine/corpus-documentaire/villes-nouvelles). Elle montre le caractère polycentrique et mixte de la région urbaine, qui agrège des éléments hétérogènes, relevant de l’urbain, du périurbain, et du rural : « La production urbaine s’y caractérise par l’accélération récente des recompositions territoriales et sociales, l’hétérogénéité des éléments qu’elle agrège (ancien bourg rural, ville-satellite mono-industrielle, ville nouvelle, nouveau quartier résidentiel, campus déconcentré, parc d’activités, campagnes alentour), et par l’appropriation de modèles d’aménagement urbain internationaux (villes satellites, villes nouvelles). Ces extensions urbaines récentes favorisent l’émergence d’un système urbain polycentrique et hiérarchisé, avec des pôles secondaires, véritables pôles multifonctionnels de desserrement et d’intégration à l’échelle de la municipalité. »

Rubrique 

Géo-histoire

Le projet « One belt, one road », aussi nommé « Nouvelles routes de la soie », promu par le président Xi Jinping depuis 2013, fait appel à la mémoire des anciennes « routes de la soie », un réseau de routes commerciales qui structurait les échanges à l’échelle de l’Eurasie, entre la Chine et la Turquie actuelle, entre le IIe siècle av. J-C. et le XVe siècle. Il s’agit en effet de désenclaver l’Ouest de la Chine afin de développer les connexions terrestres et les axes de développement entre la Chine, l’Asie centrale, et l’Europe. Il y a aussi une dimension maritime, puisqu’il s’agit de renforcer la route maritime déjà très dynamique entre la Chine, l’Asie du Sud et de l’Est, et l’Europe, et de l’ouvrir davantage au continent africain. La Chine est bien sûr le centre de gravité de ce projet, qui témoigne de la place qu’elle entend occuper dans la mondialisation.

Cours 2 : Un développement inachevé

Résumé des grandes idées du cours 

A. Une émergence spectaculaire

Après l’ouverture à la mondialisation entamée dans les années 1980, la Chine, « usine du monde », connaît une montée en gamme de son économie : première productrice et exportatrice mondiale dans de nombreux secteurs industriels, elle se tertiarise, se spécialise dans des productions à haute valeur ajoutée, investit dans la recherche et le développement. La croissance du PIB ne repose pas seulement sur les exportations, mais aussi, de plus en plus, sur un marché intérieur important et dynamique. La société bénéficie de progrès importants en termes de développement humain : l’accès à l’éducation et en particulier à l’enseignement supérieur s’est considérablement élargi. Une classe moyenne et une classe aisée se constituent, qui aspirent à des loisirs et à un meilleur niveau de vie. Le surpoids touche plus d’1 Chinois sur 5. 

 

B. Une émergence source de défis

La Chine est confrontée à deux défis démographiques : le vieillissement de la population, accéléré par les politiques antinatalistes (dites de l’ « enfant unique ») appliquées de 1979 à 2015, et la surmasculinité, la Chine ayant le sex ratio à la naissance le plus déséquilibré au monde (115), notamment en raison des avortements sélectifs. Le régime communiste chinois est un régime répressif qui contrôle étroitement la société, censure toutes les formes d’expression, réprime les défenseurs des droits humains et cible particulièrement les « nationalités minoritaires », en particulier les Ouïghours et les Tibétains. Enfin, les inégalités restent importantes, entre les territoires, les villes et les campagnes, les femmes et les hommes.

 

C. Un territoire de plus en plus aménagé et maîtrisé

L’État réalise de lourds investissements dans l’équipement du territoire en infrastructures de transport (routes, LGV, ponts) ou de production d’énergie (grands barrages, centrales solaires). Cet aménagement participe aussi d’une politique de prestige.

Présentation des documents 

Document 1

Il s’agit de l’aéroport international Daxing de Beijing (Pékin). On peut remarquer l’architecture voulue futuriste et les ouvertures qui laissent entrer la lumière. Cet aéroport, en forme d’étoile, a été conçu par une architecte de renommée internationale, Zaha Hadid (décédée en 2016) et la filiale d'ingénierie d'Aéroport de Paris. Son ouverture a été annoncée pour les 70 ans de la proclamation de la République Populaire de Chine : il doit être inauguré le 30 septembre 2019. Il est annoncé comme devant être le plus grand du monde, dans la lignée des records mondiaux que détient déjà la Chine en matière de gigantisme de ses infrastructures. L'aéroport actuel de Beijing accueille déjà 100 millions de passagers par an, celui-ci doit en accueillir 100 millions de plus, et il est raccordé à des lignes de métro et de train à grande vitesse (comme Roissy dispose au sous-sol d’une gare RER et d’une gare TGV). Cette construction répond à l’augmentation du trafic aérien chinois. On estime que la Chine sera au milieu des années 2020 le premier marché mondial du transport aérien, portée par son immense marché intérieur. 

 

Document 2

Extrait d’un article de presse de Courrier international, « Vers la fin de l’exode rural ? ». Cet article permet de compléter l’information sur la transition urbaine, l’éclatement et la différenciation des espaces ruraux, mais aussi sur les défis démographiques auxquels la Chine est confrontée : la population vieillit, la population active se réduit, et la Chine s’urbanise. Tous ces facteurs se conjuguent, expliquant aussi la diminution du nombre de jeunes actifs ruraux susceptibles de migrer vers la ville - même si la transition urbaine se poursuit. On peut noter qu’en 2018, la Chine, pour la première fois depuis 70 ans, a vu sa population légèrement diminuer (de 1,27 million, ce qui est certes peu par rapport à 1,4 milliard). Avec l’augmentation du niveau de qualification des Chinois et de leur niveau de vie, cette diminution de la population active participe à l’augmentation des salaires en Chine. 

Rubrique 

Acteur du changement

« Trouver une épouse dans un contexte de surmasculinité ». Cette rubrique permet de souligner un effet de la discrimination envers les femmes et du problème des « femmes manquantes », qui existe dans d’autres pays d’Asie (comme l’Inde) mais est poussé à son paroxysme en Chine, à savoir le « déficit » d’épouses potentielles (le mariage restant la forme d’union privilégiée). Des millions de Chinois souhaitant trouver une épouse ne peuvent pas la rencontrer en Chine : ils sont estimés à 25 millions en 2020. Ce problème de « pénurie » de femmes sur le marché du mariage est plus accentué dans les régions rurales pauvres. Il s’est ainsi créé un marché de rencontres matrimoniales à grande échelle, qui mettent en relation des hommes avec des femmes d’autres provinces ou d’autres pays plus pauvres d’Asie. Ainsi se développe une « migration de mariage » organisée en provenance du Vietnam, de Thaïlande, du Cambodge, avec des dérives en particulier concernant les femmes les plus vulnérables. Début 2019, l’ONG Human Rights Watch a dénoncé un trafic de femmes du Myanmar (Birmanie), vendues à des familles chinoises confrontées à la difficulté de trouver une épouse. 

Cours 3 : Un environnement et des ressources sous pression

Résumé des grandes idées du cours 

A. Un modèle de développement reposant sur une exploitation intensive des ressources

Avec un vaste territoire d’une superficie de 9,6 millions de km², la Chine présente des milieux physiques variés et des ressources abondantes : eau, forêts, ressources minières (charbon, hydrocarbures, minerais, etc.). Depuis la période maoïste, notamment le Grand Bond en avant, ces ressources sont exploitées de manière intensive pour le développement industriel du pays. Cette exploitation se poursuit aujourd’hui avec un fort impact sur l’environnement, malgré quelques efforts pour le limiter.

 

B. Un environnement dégradé

La déforestation favorise une érosion qui affecte les terres agricoles, notamment le plateau de loess (terres très fertiles, au Nord-Ouest). Les déserts du Nord-Ouest progressent et des tempêtes de sables atteignent la capitale, accentuant la pollution atmosphérique déjà intense. Les eaux de surface sont polluées par les effluents que rejettent les usines. La mauvaise qualité de l’air, liée à des concentrations très élevées en particules fines (émises par le trafic automobile, la combustion de charbon dans les centrales électriques, les nombreux chantiers), notamment dans les grandes villes, provoque de nombreuses maladies respiratoires. La Chine est désormais le premier émetteur de gaz à effet de serre (GES).

 

C. La mise en place de politiques environnementales

L’opinion publique se mobilise sur les questions d’environnement, contre des projets polluants (usine, incinérateur), dans un contexte où toute contestation reste pourtant difficile. Le pouvoir central a affirmé sa volonté de réduire les pollutions et les émissions de GES. Ainsi, la Chine est signataire de l’accord de Paris sur le climat (2015).

Présentation des documents 

Document 1

Cette photographie permet d’illustrer l’aménagement du territoire et le questionnement sur ses impacts (voir la question 10 sur les barrages p. 297). La Chine a des besoins énergétiques croissants et doit opérer sa transition énergétique pour réduire ses émissions de GES. L’électricité hydraulique est intéressante dans cette perspective mais, comme la photographie l’illustre, les barrages géants ont un impact assez lourd localement sur l’environnement et sur les habitants, comme dans le cas du barrage des Trois-Gorges. Le commentaire de la photographie permet d’expliquer l’aspect gris de la vallée et des montagnes, qui ont été déboisées et bétonnées. Les barrages de dimensions plus modestes ont un impact moindre sur l’environnement. Ici, la prouesse technologique et le gigantisme de l’opération participent aussi de l’affirmation de la puissance chinoise. 

 

Document 2

Ce document permet de compléter les informations sur l’impact environnemental du développement de la Chine : pollution atmosphérique liée à l’essor de l’automobile, pression et pollution de la ressource en eau. Il peut permettre d’interroger la notion de développement dans la mesure où, à l’échelle de la Chine, on perçoit facilement le caractère non viable d’un développement non durable, d’une mobilité fondée principalement sur l’automobile, etc.

Rubrique 

Prolongement numérique : on propose ici une version numérique et originale du commentaire de paysage, avec l’application Xia (pour ordinateur) ou Xia Express (pour tablette). Cette proposition peut bien sûr être adaptée à bien d’autres types de paysage. 

Dossier : Le tourisme intérieur en Chine : des mobilités croissantes, de multiples enjeux

Présentation de l’étude 

Le tourisme des Chinois dans leur pays offre un angle original et intéressant pour traiter de multiples enjeux du chapitre : les mutations économiques et sociétales, le développement des loisirs et de la consommation, la mise en scène de territoires pour différents types de tourisme, mais aussi la dimension très politique de cette mise en tourisme.

Présentation des documents

A. L’accès des Chinois à une société de loisirs

 

Document 1

Cette carte est adaptée de l’Atlas de la Chine de Thierry Sanjuan et du site de l’UNESCO. Elle reprend en partie la catégorisation des sites du patrimoine mondial proposée par l’UNESCO, qui distingue des sites culturels, naturels et mixtes. Mais attention, les sites en rouge correspondent aux principales destinations touristiques (et non au patrimoine en péril). On peut remarquer la diversité des types de valorisation touristique : tourisme culturel et historique, tourisme de nature (exploité plus récemment), tourisme balnéaire.

 

Document 2

Extrait de l’Atlas de la Chine de Thierry Sanjuan (document de vulgarisation scientifique). Ce texte rend compte d’une grande mutation sociétale, à savoir l’instauration de trois semaines de congés payés pour les salariés chinois à partir de 1999. Cette dernière répond à l’aspiration des Chinois à de nouvelles pratiques sociales et culturelles, à l’élévation de leur niveau de vie, au développement des mobilités à l’échelle nationale et internationale. On perçoit aussi la dimension politique et nationale de ces moments de congé, dont les dates ont évolué pour revaloriser des « fêtes traditionnelles chinoises ».

 

Document 3

Histogramme sur « L’essor du tourisme intérieur », adapté d’un graphique de l’Atlas de Sanjuan. On note qu’entre 2000 et 2016, le nombre de déplacements touristiques augmente d’un facteur 5,5 (de 800 millions à 4 440 millions de déplacements par an). Ainsi, le tourisme, pratique d’abord réservée à une élite, progresse d’abord lentement puis se développe rapidement à partir de 2005 et se massifie, si bien qu’il représente un secteur économique essentiel (12 % du PIB). Cependant, il faut garder un certain recul par rapport aux chiffres donnés : l’augmentation du nombre de déplacements touristiques est significative mais il faut faire attention au décompte statistique officiel des « touristes en Chine ». Un article de Benjamin Taunay, publié en 2011 (« Le tourisme intérieur chinois, reflet des mutations de la Chine contemporaine », http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/typespace/tourisme/TourScient3.htm) fait le point sur l’ambiguïté des statistiques chinoises sur le tourisme : « les statistiques touristiques chinoises ne comptabilisent pas les touristes, mais seulement – comme le fait également l'OMT – le nombre de touristes par « fois ». Cette unité de mesure [...], littéralement la « fréquentation », comptabilise le nombre total de déplacements, un compte qui indique un chiffre bien différent du nombre total de touristes. Ainsi, un touriste qui part plusieurs fois en vacances pendant une même année sera comptabilisé comme plusieurs touristes. Ensuite, en plus des différences dans la manière de comptabiliser les touristes selon les provinces du pays, le gouvernement semble confondre les voyageurs et les touristes. [...] Les profils des voyageurs, ainsi que leurs motifs de voyages ne sont pas indiqués, si bien que sous ce chiffre global se cachent des voyages d'affaires, des visites à la famille, des réunions de travail et des colloques, voire même des loisirs (certains déplacements durent moins d'une journée mais sont quand même ici comptabilisés). Par exemple, lors du nouvel an chinois, il est d'usage de retourner voir sa famille, et dans le système statistique chinois, cela s'apparente à du tourisme (l'OMT ne fait également pas la distinction entre les différents motifs des voyages). ».

 

 

B. Une pratique aux dimensions culturelles et politiques

 

Document 4

Extrait d’un article d’un hors-série de la revue de géopolitique grand public Diplomatie (2018). Il témoigne de la dimension très politique de la mise en tourisme du Tibet, province dite autonome : elle participe du désenclavement du Tibet, de son intégration au territoire national, mais aboutit aussi, selon l’auteure de l’article, Olga Alexeeva, à une destruction partielle du patrimoine pour les aménagements touristiques, et le développement du « tourisme ethnique » donne une forme de folklorisation stéréotypée des pratiques culturelles tibétaines.

 

Document 5

Cette attraction fait partie d’un parc à thème récemment ouvert par le groupe chinois Fantawild, « Asian Legend », construit pour présenter dix pays de l’Asie. Les parcs à thème de différentes sortes rencontrent beaucoup de succès en Chine : on peut penser au parc Disneyland de Shanghai, ou aux parcs aquatiques. « Asian Legend » fait partie des parcs d’attraction culturels qui présentent des reproductions, parfois réduites, de monuments situés dans d’autres pays (un parallèle peut être esquissé avec Las Vegas).

 

Document 6

Au premier plan, des touristes chinois posent, déguisés en soldats de l’Armée populaire de libération (fondée par le Parti communiste chinois sous le nom d’ « Armée rouge » en 1927, sur le modèle de l’armée soviétique). Derrière eux, sur une place entourée de drapeaux chinois, se dresse une statue de Mao. La scène a lieu à Shaoshan, le village natal de Mao, lieu mémoriel du communisme chinois de plus en plus fréquenté dans le cadre d’un « tourisme rouge » promu par le gouvernement depuis les années 2000. La visite de « sites rouges » est incluse dans les programmes scolaires. Pour Olga Alexeeva, la valorisation des « lieux de mémoire rouges » participe à « la création de la nouvelle mémoire collective liée au passé maoïste », et à l’ « éducation patriotique de la jeunesse chinoise » : « ces sites rouges présentent une description romantique du passé révolutionnaire et, par extension, de l’ère maoïste, dans laquelle les hauts faits du PCC sont mêlés à des récits d’héroïsme individuel ».

Corrigés des questions

Parcours A

 

Question 1 (Document 2)

Les nouveaux touristes chinois sont majoritairement des salariés, qui appartiennent aux classes moyennes ou aisées, principalement urbaines (les trois quarts des touristes chinois sont des urbains). En effet, ce sont eux qui bénéficient des trois semaines de congés payés récemment octroyées par le gouvernement (doc. 2), et qui ont la capacité d’assurer les dépenses qu’implique un séjour touristique (déplacement, hébergement, agence de voyage, etc.). 

 

Question 2 (Documents 1, 4, 5 et 6)

On peut identifier plusieurs types de tourisme à partir des documents cités :

  • Un tourisme culturel, qui s’intéresse au patrimoine historique, matériel ou immatériel, de plusieurs territoires. Comme le montre le document 1, c’est principalement un tourisme urbain, surtout développé dans les métropoles comme Beijing, Shanghai, Hong Kong, mais aussi d’autres sites comme ceux de Xi’an (où l’on peut voir, notamment, le mausolée de l’empereur Qin et son armée de terre cuite, qui date du IIIe siècle avant l’ère commune) ; 
  • Une variante du tourisme culturel, qui est qualifiée de « tourisme ethnique » dans le document 4 : il s’organise autour de la mise en scène et de la découverte de la culture d’un groupe territorialisé, comme la culture tibétaine qui est l’exemple cité. Il s’agit non seulement de visiter et de contempler des sites (quartiers historiques, monastères), mais aussi d’assister à des manifestations de la culture spécifique de ce groupe (spectacles, fêtes, costumes). On peut presque parler de tourisme participatif ;
  • Un tourisme de divertissement, particulièrement dans les parcs à thèmes comme celui cité dans le document 5, qui ont beaucoup de succès en Chine ;
  • Un tourisme de nature, moins développé que les autres d’après ce que montre la carte (document 1), qui s’appuie sur la valorisation de paysages naturels remarquables, comme les formations karstiques de Guilin (le Parc national de Zhangjiajie dans le Hunan a inspiré, à travers ses pics karstiques, le film Avatar ; voir manuel de Seconde, chapitre 2). Ce type de tourisme peut également porter sur la préservation de la biodiversité, comme les sanctuaires du grand panda du Sichuan, qui constituent, d’après la description qu’en donne l’UNESCO, « la plus grande et la plus importante zone contiguë d’habitat du panda en Chine et, en conséquence, dans le monde », et qui comprennent « un grand nombre d’espèces animales et végétales endémiques et menacées » (https://whc.unesco.org/fr/list/1213) ;
  • Un tourisme balnéaire, par exemple à Qingdao, dans le Shandong (doc. 1). C’est une forme de tourisme qui s’est massifiée depuis la fin des années 1990 ;
  • Un tourisme politique et patriotique, dit « tourisme rouge » (doc. 6), qui connaît un essor depuis les années 2000, et valorise les lieux mémoriels liés à l’histoire du maoïsme et du communisme chinois, qui sont ainsi glorifiés et intégrés dans un récit national patriotique.

 

Question 3 (Document 4)

L’auteure du document, Olga Alexeeva, est historienne et professeure d’histoire de la Chine à l’Université du Québec à Montréal. Elle propose une analyse critique des modalités de la mise en tourisme du Tibet par le pouvoir central. Si elle admet que le Tibet reçoit certains avantages économiques du tourisme, à savoir « des revenus considérables » et « des investissements privés », elle considère que le développement du tourisme au Tibet se fait selon des modalités qui entraînent des effets négatifs. Elle cite des dommages matériels sur le patrimoine bâti à Lhassa, la capitale de la province, notamment la « démolition des anciens bâtiments et des habitations tibétaines au sein des quartiers historiques de la ville ». Elle pense également que les modalités de la mise en tourisme du Tibet aboutissent, pour les Tibétains, à une dépossession de leur culture. En effet, selon elle « les attractions proposées aux touristes n’ont rien d’authentique ou d’original », et « offrent une vision simplifiée et sinisée des fêtes, des costumes et de la musique tibétains ». Elle estime ainsi que l’augmentation du tourisme au Tibet a abouti à une folklorisation de la culture tibétaine, dont les visiteurs ne perçoivent qu’une vision réductrice et stéréotypée, susceptible d’alimenter des préjugés ethnicistes voire racistes des Chinois Han envers les Tibétains. 

 

 

Parcours B

 

 Question 4

 

 

Question 5 (Documents 4 à 6)

Le tourisme a une forte dimension politique en Chine : 

  • Comme le montre le document 4, le tourisme ethnique dans les provinces dites autonomes, en situation de périphérie par rapport à la Chine développée, urbanisées et majoritairement Han, participe d’une appropriation et d’un contrôle du Tibet par l’État central. Ce contrôle passe par une intégration et une folklorisation de la culture tibétaine, que la mise en tourisme de la province, d’après l’auteure, travestit et présente de manière stéréotypée. 
  • Le parc à thème de Nanning (doc. 5), avec sa reproduction en plastique d’Angkor Vat, le temple le plus connu, témoigne d’une forme d’appropriation qui peut sembler peu respectueuse du patrimoine cambodgien. De nombreux Cambodgiens ont en effet estimé que cette reproduction porte atteinte à leur dignité. Il est également possible que cela rappelle le souvenir de la période coloniale, car une reproduction d’Angkor Vat avait été présentée à Paris lors de l’Exposition coloniale de 1931.
  • Le « tourisme rouge », enfin, est une forme de tourisme très politisée : comme le montre la photographie qui présente des touristes chinois en costume de l’Armée populaire de libération posant devant une statue de Mao, érigée dans son village natal, il s’agit de mettre en valeur et faire connaître les lieux mémoriels du maoïsme et du communisme, dont l’histoire est ainsi réinventée et glorifiée. Ce tourisme autour des « sites rouges » a ainsi un but d’édification patriotique de la population.

Apprendre autrement : Où en est la transition énergétique en Chine ? 

Présentation de l’étude 

Méthodes et capacités mobilisées dans cette étude : 

  • Construire une argumentation : analyse critique d’un document ; 
  • Utiliser le numérique : identifier et évaluer les ressources pertinentes en histoire-géographie.

 

Cette étude propose un travail de recherche et d’analyse critique de différentes sources numériques sur le thème de la transition énergétique en Chine. Quelques questions accompagnent les documents et peuvent être utilisées pour guider la réflexion.

Présentation des documents

Les documents sont tous des extraits de sites Internet.

 

Document 1

« Le discours du président Xi Jinping lors du 19e Congrès national du PCC (18 octobre 2017) », extrait du site Internet de Xinhua, c’est-à-dire « Chine nouvelle », qui est une agence de presse nationale, rattachée au gouvernement chinois. Elle relaie le discours officiel du gouvernement chinois, en l’occurrence le discours du président sur l’ampleur et le succès de la politique environnementale de la Chine. Le document est extrait de la page suivante : http://french.xinhuanet.com/chine/2017-11/03/c_136726219.htm.

 

Document 2

Il s’agit de deux captures d’écran extraites de deux sites Internet :

  • Extrait du site de la revue d’Alternatives économiques (2018) : https://www.alternatives-economiques.fr/emissions-de-co2-chine-desormais-premier-rang/00084141. L’article, publié par l’économiste Stéphanie Monjon, illustré par deux graphiques, nuance ou complète l’information apportée par le titre : la Chine est le premier pays émetteur de CO si l’on considère le total des émissions, qui entre 2000 et 2016 sont passées de 14,2 % à 29,2 % du total mondial des émissions, ce qui la place loin devant les États-Unis d’Amérique (qui dans le même temps sont passés de 22,7 % à 14 % des émissions mondiales) ;
  • Extrait du site du journal suisse Le Temps (2017) : https://www.letemps.ch/economie/environnement-chine-estelle-devenue-premiere-classe. Il s’agit d’un article d’économie, la rubrique étant intitulée « L’invitée », ce qui explique certainement pourquoi l’auteure de l’article n’est pas journaliste. Il s’agit d’Helen Wong, présentée comme Directrice générale de la banque HSBC à Hong Kong et en Chine continentale. Il s’agit d’un article assez élogieux sur le leadership chinois dans les « investissements verts », notamment dans les énergies renouvelables, et sans distance critique à l’égard de son objet. Ceci s’explique par la situation de l’auteure, qui vit et travaille en Chine et est impliquée professionnellement dans son sujet.

 

Document 3

Il s’agit de deux captures d’écran extraites du site de Daxue Conseil (2016), accessible à cette adresse : https://daxueconseil.fr/le-nucleaire-civil-chinois/. La capture de gauche présente le titre et une photographie d’une centrale nucléaire. Celle de droite est une carte des réacteurs nucléaires chinois en opération, en construction et en projet. Daxue est une société qui produit des études de marché pour les entreprises qui veulent s’implanter en Chine. Elle décrit comment la Chine, d’abord importatrice de technologie nucléaire, est ensuite devenue autonome dans ce domaine, et maintenant en mesure d’exporter elle-même cette industrie.

 

Document 4

Il s’agit de deux captures d’écran extraites du blog Énergie & Développement, tenu par Thibault Laconde, ingénieur et consultant spécialiste de l’énergie, http://energie-developpement.blogspot.com/2018/02/mix-electrique-chine.html :

  • Capture du titre et du début de l’article « 7 idées reçues sur le mix électrique chinois » ;
  • Capture de deux graphiques et d’un tableau illustrant l’« Idée reçue n°1 » selon laquelle les énergies fossiles reculent en Chine. 

Ce blog est hébergé par le site que l’auteur tient en tant que consultant. Dans cet article, il établit « 7 idées reçues », en argumentant sur la base de données objectives. Ces idées sont soit exagérément positives soit exagérément négatives à propos de l’évolution de la part des différents types d’énergie dans la production d’électricité en Chine. 

Corrigés des questions

Étape 1. 

  • Choix par chaque groupe, en fonction du nombre d’élèves, d’un ou deux des sites présentés dans les 4 documents ;
  • Première recherche, pour identifier les sites d’où sont extraits les différents documents ;
  • Question : Quel est le statut de Xinhua ? Réponse : Xinhua signifie « Chine nouvelle », il s’agit d’une agence de presse nationale, rattachée au gouvernement chinois. Elle a été fondée en 1931 par le Parti communiste chinois. Il s’agit donc d’un organe officiel d’information contrôlé par le pouvoir central ;
  • Question : Quelles sont les activités de Daxue Conseil ? Réponse : Daxue Conseil est une société qui produit des études de marché pour des entreprises qui veulent s’implanter en Chine ; 
  • Question : Quels en sont les destinataires ? Réponse : Les destinataires sont des sociétés étrangères qui veulent s’implanter sur le marché chinois et ont besoin d’une expertise (étude de marché, conseil, étude marketing, etc.).

 

Étape 2.

Docu-

ment

Site Internet source

Auteur

Page consul-

tée, dernière mise à jour

Nature du site

Point de vue 

Fiabilité du site

Doc. 1

Site de Xinhua, french.xinhuanet.com

 

Gouvernement chinois

« Texte intégral du rapport de Xi Jinping au 19e Congrès national du PCC », 03/11/2017

Agence de presse nationale

Point de vue du gouvernement chinois

Discours officiel, informa-

tion contrôlée dans le contexte d’un régime qui exerce une forte censure. Peu fiable.

Doc. 2

Site du journal suisse Le Temps

Helen Wong, Directrice générale du groupe bancaire HSBC à Hong Kong et en Chine continen-

tale

« Environ-

nement : comment la Chine est- elle devenue la première de la classe ? »

Site journalis-

tique ; tribune 

Point de vue d’une dirigeante d’un groupe bancaire implanté en Chine 

Site journalisti-

que sérieux. Mais tribune présentant un point de vue assez partiel, assez univoque, sans recul ni mise en perspecti-

ve. Site fiable mais point de vue de la tribune à nuancer et à compléter.

 

Site de la revue Alternatives économiques, www.alternatives-economiques.fr

Stéphanie Monjon, maîtresse de conféren-

ces en sciences économi-

ques à l’Univer-

sité Paris Dauphine

« Emis-

sions de CO : la Chine désormais au premier rang », 11/04/2018

Revue de vulgarisa-

tion scientifi-

que

Point de vue scientifi-

que

Fiable

Doc. 3

Site de la société Daxue Conseil, daxueconseil.fr

Auteur collectif, Daxue Conseil

« Le développe-

ment du nucléaire civil chinois », 17 novembre 2016

Site d’entre-

prise, avec une expertise et à but commer-

cial

Point de vue informé et expert, mais aussi intéressé 

À compléter avec d’autres sources 

Doc. 4

Blog Energie et Développe-

ment, http://energie-developpement.blogspot.com/, hébergé par le site du même nom

Thibault Laconde, ingénieur et consultant en climat et énergie

« 7 idées reçues sur le mix électrique chinois », 07/02/2018

Blog d’expert

Point de vue scienti-

fique / expert

Fiable

 

Étape 3.

Présentation orale et mise en commun des résultats trouvés.

 

Étape 4.

Bilan de la tâche.

  • On peut distinguer :
    • Des sites présentant un point de vue assez partiel, dont le discours relève autant de l’information que de la communication, pour plusieurs raisons : soit parce qu’il émane d’un pouvoir politique dans un contexte non démocratique, ou par sa proximité avec le pouvoir, soit parce qu’il relaie un point de vue partiel, car intéressé sur un plan professionnel et économique, soit parce que l’auteur est dans une position qui ne permet pas d’avoir de distance critique, notamment dans le contexte autoritaire du régime communiste chinois ;
    • Des sites qui présentent un point de vue assez objectif, avec une distance critique et une approche scientifique et / ou experte. Les sites les plus fiables sont ces derniers (Altereco, Énergie & Développement).

Pour aller plus loin

Cette tâche peut bien sûr être actualisée, et complétée par d’autres documents. Elle peut aussi être adaptée à d’autres sujets.

L’auteur du blog Énergie & développement, Thibault Laconde, a publié une note sur le mix électrique chinois (30 janvier 2018), intitulée « Le mix électrique chinois en 2017 : Grand bond en avant ou petits pas ? » :

http://energie-developpement.com/wp-content/uploads/2018/02/Briefing-Mix-%C3%A9lectrique-chinois-en-2017.pdf

Méthode : Rédiger un commentaire

Présentation de la méthode

Extrait des définitions d’épreuves pour les épreuves communes de contrôle continu d’histoire géographie dans la voie générale, à compter de la session 2021 (publication en 2019) : « L’analyse de document(s) permet au candidat de montrer qu’il comprend le sens général du (ou des deux) document(s), qu’il est capable de sélectionner les informations, de les hiérarchiser, de les expliciter et de prendre un recul critique en réponse à une interrogation en s’appuyant d’une part sur le contenu du (ou des) document(s) et, d’autre part, sur ses connaissances personnelles. ».

 

Proposition de méthode :

  1. Repérez les grands axes de la consigne qui vous suggèrent la problématique à adopter. Faites attention à la formulation de la consigne.
  2. Identifiez le document : titre, nature, source, date de publication, thème, éventuellement point de vue.
  3. Lisez attentivement le document, en relevant les éléments à citer permettant de traiter la consigne. Ces éléments devront être cités et commentés à l’aide des connaissances.
  4. Identifiez les notions à mobiliser pour analyser le document.
  5. Construisez le plan détaillé, répondant à la problématique suggérée par la consigne. Elle peut vous donner les grands axes, voire les idées principales à développer. Il peut être utile de faire un tableau où vous associez citations et connaissances. Cela permettra d’éviter deux écueils : la paraphrase (reformulation sans connaissance) et la récitation de cours (connaissances non reliées au document).
  6. Rédigez :
    • Introduction : 
  • Enjeux du sujet ;
  • Présentation du document ;
  • Problématique ;
  • Annonce du plan.
    • Développement :
  • Phrase introductive de la partie I, exposant le 1er axe ;
  • Paragraphe A : Phrase introductive du paragraphe A, exposant l’idée à développer ; puis, proposer une ou plusieurs citations, expliquées et commentées par des connaissances à mobiliser de la façon la plus précise possible ; conclure.
  • Idem pour les autres paragraphes et parties.
    • Conclusion : bref bilan des 2 ou 3 axes du développement. Éventuellement, une phrase finale peut mettre en perspective le document avec un autre, ou avec un autre territoire, ou avec un fait d’actualité.

 

Sujet BAC 

Présentation de la méthode

Question problématisée : Quels sont les effets de la mondialisation sur l’organisation spatiale chinoise ?

 

La mondialisation est une dynamique spatiale qui met en relation et en concurrence les différentes parties du monde, par l’accélération des flux de personnes, de marchandises, de capitaux, d’informations. Si la Chine est ouverte depuis longtemps à la mondialisation, en particulier à travers les relations commerciales, on s’intéressera ici à la phase la plus récente de ce processus, c’est-à-dire l’ouverture de la Chine à une économie libérale et globale, et à ses « effets » sur l’ « organisation spatiale chinoise ». Quelles mutations récentes de l’organisation spatiale de la Chine peuvent s’expliquer par les effets de la mondialisation ?

Certaines mutations récentes de l’espace chinois peuvent s’expliquer par l’ouverture de la Chine à l’économie mondiale depuis les réformes économiques adoptées sous Deng Xiaoping. Cependant, les effets de cette ouverture à la mondialisation ne sont pas uniformes mais sélectifs, et cette notion d’ « effets de la mondialisation » ne doit pas être comprise comme une influence univoque de cette dynamique sur le territoire : le pouvoir cherche à orienter et maîtriser la mondialisation.

 

 

Les effets de la mondialisation sur l’organisation spatiale de la Chine sont visibles à plusieurs échelles. L’aménagement du territoire s’adapte à ces mutations.

À l’échelle de la Chine, ils se traduisent par la prépondérance des régions littorales sur le plan démographique, urbain et économique. En effet, l’ouverture de la Chine à l’économie mondiale s’est faite dans les provinces littorales, où les premières Zones Économiques Spéciales, comme Shenzhen, ont été délimitées à partir de 1979, pour attirer les investissements extérieurs. Elles ont été étendues dans les années 1980 à plusieurs villes côtières. Ces mesures se sont traduites par une industrialisation importante de ces espaces, et par un renforcement des migrations des campagnes vers les villes (malgré les restrictions officielles liées au système du hukou), et donc par une croissance urbaine toujours présente. Les régions littorales, qui rassemblent, sur 14 % du territoire, 45 % de la population, 58 % du PIB et 83 % des IDE, sont ainsi les plus urbanisées et les plus ouvertes à la mondialisation. 

À l’échelle locale, la mondialisation financière est illustrée par la présence de centres d’affaires dans les grandes villes, le plus important étant Lujiazui à Shanghai, dans le district de Pudong. L’ouverture du littoral à la mondialisation se traduit enfin par la croissance et la modernisation des ports de commerce. La Chine est désormais dotée d’une façade maritime puissante, qui sert sa puissance exportatrice. 8 des 10 ports les plus actifs au monde sont chinois (que le critère retenu soit le tonnage ou le volume en EVP). Pour les adapter à l’augmentation du trafic et au gigantisme des navires, la Chine a construit de vastes ports à conteneurs, comme Ningbo-Zhoushan ou Yang Shan, des ports en eau profonde de grande capacité qui sont en tête des classements portuaires mondiaux. Enfin, on peut aussi citer l’adaptation des infrastructures de transport à l’augmentation du trafic international de passagers. Ainsi, un nouvel aéroport international a été construit à Beijing pour compléter l’aéroport actuel qui, avec 100 millions de passagers par an, est proche de la saturation. Il doit en accueillir 100 millions de plus par an et constitue une plateforme multimodale performante reliée aux réseaux de transports ferroviaire et routier. À l’échelle locale, les villes connaissent donc des mutations importantes qui témoignent des effets de la mondialisation, mais aussi de l’adaptation de la Chine à ce processus à travers des aménagements.

 

Si la Chine s’adapte à la mondialisation et à ses effets, elle s’efforce d’en compenser certaines conséquences spatiales sur son territoire, voire de la maîtriser. 

En effet, la mondialisation s’accompagne d’une dynamique de métropolisation, c’est-à-dire un processus de concentration des populations, des activités, des fonctions de commandement et des investissements dans les grandes villes (les métropoles). Cette logique est sélective : si elle dynamise les espaces métropolitains les mieux connectés à la mondialisation, d’autres espaces, plus enclavés et plus pauvres, sont perdants, comme on peut le voir à plusieurs échelles. C’est le cas de certains espaces ruraux, notamment en montagne, qui sont marqués par un exode de la population active vers les villes pour y trouver un emploi. Des villages pauvres et enclavés sont ainsi peuplés de personnes âgées et d’enfants, que leurs parents y laissent, notamment parce que le système du hukou continue de les empêcher de bénéficier de plusieurs services en ville, comme l’école pour leurs enfants. À l’échelle de la Chine, les régions de l’intérieur et de l’Ouest sont les moins intégrées à la mondialisation, les moins peuplées et les moins riches. 

Néanmoins, plusieurs politiques sont menées par la Chine pour compenser l’enclavement à différentes échelles. À travers sa politique urbaine, elle compense l’enclavement de certaines villes intérieures par des investissements. Cette politique est particulièrement poussée, depuis la fin du XXe siècle, à Chongqing, où l’État investit dans l’économie (par l’implantation de zones de développement industriel et technologique), dans des programmes de logement, dans les infrastructures de transport (Chongqing est relié à une LGV). À l’échelle de la Chine, une politique volontariste de développement de l’Ouest s’efforce aussi de compenser le déséquilibre économique et démographique avec le littoral. Là encore, la connexion au réseau national de transport et les investissements sont les outils privilégiés du désenclavement, notamment pour les régions périphériques à statut dit autonome comme le Xinjiang ou le Tibet. Ces provinces font aussi l’objet d’une colonisation intérieure destinée à augmenter la proportion de Hans dans la population. En effet leur désenclavement obéit aussi à une logique politique endogène de contrôle du territoire.

Enfin la Chine mène des politiques d’aménagement qui sont conçues à une échelle mondiale pour maîtriser la mondialisation. Les « Nouvelles routes de la soie » offrent l’exemple d’une politique d’intégration de la Chine dans un réseau de transport et de communication maritime et terrestre à l’échelle mondiale, par la poursuite de l’ouverture maritime, par une intégration à l’Eurasie via le désenclavement de ses marges. À ce propos, Thierry Sanjuan conclut : « La Chine, nouvelle puissance globale, aménage dorénavant son territoire à une autre échelle qu’elle-même. » (article « La fin des trois Chine ? », par Thierry Sanjuan, publié en 2016 sur le site Géoconfluences).

 

 

Les effets de l’ouverture de la Chine à la mondialisation sont visibles dans son organisation spatiale à différentes échelles. Elle s’y adapte par des aménagements qui transforment les villes, les littoraux, le système de transport et de communication. La mondialisation s’accompagne d’une dynamique de métropolisation qui accentue les contrastes entre les espaces mondialisés et les espaces enclavés. Néanmoins l’État, qui est l’acteur essentiel de l’aménagement du territoire, compense cet effet par des politiques de désenclavement et de développement, qui obéissent aussi à des logiques endogènes. Enfin la Chine ne se contente pas de s’adapter à la mondialisation, elle cherche aussi à la maîtriser à son profit, comme le montre son initiative des « Nouvelles routes de la soie ».

 

Corrigé du croquis

Le croquis corrigé sera bientôt disponible.

 

Posté par Lycee Francois 1 à 14:30 - Permalien [#]

PREMIERE : LES ESPACES RURAUX : MULTIFONCTIONNALITE ou FRAGMENTATION

Sommaire

Général 3

Présentation du chapitre 3

Mise au point scientifique 3

Bibliographie 4

Ouvrages généraux 4

Articles de revue 4

Sitographie 4

L’essentiel à transmettre 4

Double-page « Ouverture » 7

Présentation des documents 7

Réponse au quiz 7

Présentation de la rubrique « Géo et fiction » 8

Les mutations des espaces ruraux de Toscane 9

Présentation de l’étude 9

Présentation des documents 9

Corrigés des questions 11

Pour aller plus loin 15

Les espaces ruraux canadiens : une multifonctionnalité marquée 16

Présentation de l’étude 16

Présentation des documents 16

Corrigés des questions 19

Pour aller plus loin 22

Synthétiser en images 23

Les mutations des espaces ruraux de Toscane 23

Exercice d’application 23

Les espaces ruraux canadiens : une multifonctionnalité marquée 25

Exercice d’application 25

Grand Angle : Une affirmation inégale de la multifonctionnalité dans les espaces ruraux 28

Présentation de la carte 28

Cours 1 : Une inégale diversification des fonctions 29

Résumé des grandes idées du cours 29

Présentation des documents 29

Rubrique 30

Cours 2 : La multifonctionnalités des espaces ruraux, entre dynamisation et conflits 31

Résumé des grandes idées du cours 31

Présentation des documents 31

Rubrique 32

Dossier : Les conflits d’usage dans le monde rural 33

Présentation de l’étude 33

Présentation des documents 33

Corrigés des questions 34

Pour aller plus loin 36

Apprendre autrement : L’œil du géographe sur la suburb Nord-américaine dans les séries 37

Présentation de l’étude 37

Présentation des documents et des enjeux 37

Corrigés des questions 38

Pour aller plus loin 39

Méthode de la question problématisée : R

 

Général

Présentation du chapitre

Dans le cadre du thème 3 de géographie « Les espaces ruraux : multifonctionnalité ou fragmentation ? », le chapitre « Affirmation des fonctions non agricoles et conflits d’usages », après une étude des recompositions et de la fragmentation des espaces ruraux, met l’accent sur la diversification des fonctions de ces espaces, ou encore sur leur « multifonctionnalité ». Il est conseillé d’y consacrer 4 à 5 h.

Selon les indications du programme, « la multifonctionnalité des espaces ruraux s’affirme de manière inégale par l’importance croissante, en plus de la fonction agricole, de fonctions résidentielle, environnementale ou touristique, contribuant tout à la fois à diversifier et à fragiliser ces espaces ». Cette évolution a des effets contrastés sur les espaces ruraux : c’est un facteur de dynamisation, mais aussi de conflits entre les différents usages et acteurs de ces espaces.

 

Mise au point scientifique

Pour une synthèse claire et récente, on pourra avec profit consulter l’ouvrage d’Alexis Gonin et Christophe Quéva, Géographie des espaces ruraux (voir bibliographie), dans la collection Portail dirigée par Magali Reghezza-Zitt chez Armand Colin. Le chapitre 6 est particulièrement utile pour traiter la question de la multifonctionnalité, associée dans le cas de la France à l’ouvrage de Philippe Perrier Cornet, Repenser les campagnes, paru en 2002 aux éditions de la DATAR. La multifonctionnalité est en effet devenue un enjeu important et un objet de recherche dans les années 2000, en même temps que se développait l’interdisciplinarité des approches, notamment autour des enjeux du développement durable. Deux articles d’épistémologie cités ci-dessous analysent cette évolution en la replaçant dans l’histoire de la géographie rurale, française d’une part, britannique d’autre part.

 

Citations : 

  • Dans l’évolution de la géographie rurale française : « Les géographes, alliés aux historiens et sociologues, mais également à l’Inra [Institut National de la Recherche Agronomique] de manière croissante, se tournent alors vers les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, les conseils régionaux ou encore les PNR pour penser les enjeux d’un « développement durable » des territoires. La thématique de la multifonctionnalité rurale, au tournant de l’an 2000, illustre toutefois les crispations croissantes autour des enjeux d’emprise territoriale entre agriculteurs, résidents et usagers de la « nature », avec un syndicalisme agricole majoritaire qui rejette tout ce qu’il assimile à une « mise sous tutelle » des espaces de production, des chasseurs qui se sentent menacés dans leurs droits hérités, et de nouveaux habitants qui ne comprennent pas ou ne veulent pas reconnaître des pratiques et des usages contradictoires avec les systèmes de valeurs émergents – qualité de vie, maintien de la biodiversité et patrimonialisation des héritages agraires (Hervieu et Hubert, 2009). »

Pierre Cornu, « La géographie rurale française en perspective historique », Géoconfluences, avril 2018. URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/france-espaces-ruraux-periurbains/articles-scientifiques/histoire-geographie-rurale

  • Dans l’évolution de la géographie rurale britannique, l’approche transdisciplinaire et « par le bas », c’est-à-dire par les pratiques, apparaît également au même moment : « In the early years of the 21st century, rural geography in the British Isles remains very much open to other disciplines, considers food production as only one activity among many that occur in rural space, and embraces every new methodological trend in human geography (political economy approaches, the cultural turn, feminism, post-modernism, etc.). It rises to new challenges such as researching post-productivism, sustainable rural development, service provision, and the perception of countryside as a backdrop, or décor, for urban dwellers to consume when they visit rural space. » 

Hugh Clout, « Thoughts on the evolution of rural geography in the British Isles », Géocarrefour [Online], Vol. 83/4 | 2008, Online since 31 December 2011, 2019. URL : http://journals.openedition.org/geocarrefour/7029

 

Les conflits d’usage sont un angle majeur de la recherche des dernières années à propos des milieux ruraux. Le géographe français André Torre est l’un des plus connus pour ses travaux à ce sujet. 

 

Bibliographie

Ouvrages généraux

  • GONIN A., QUÉVA C., Géographie des espaces ruraux, Armand Colin, 2018, Malakoff.

Articles de revue

  • PERRIN C., « La territorialisation de l’agriculture périurbaine du Chianti : entre terroir et proximité urbaine », Norois, 221, 2011, p. 97-109.
  • BECERRIL O., « Migration saisonnière et maternité : les travailleuses agricoles mexicaines au Canada », Revue européenne des migrations internationales [En ligne], vol. 31 - n°1 | 2015, mis en ligne le 01 janvier 2018.
  • SIMARD M., « Environnement, conflits et tractations entre divers acteurs ruraux au Québec : une mobilisation inégale du capital environnemental ? », Norois [En ligne], 243 | 2017, mis en ligne le 20 septembre 2019.

 

Sitographie

https://www.andre-torre.com/conflits.php 

 

L’essentiel à transmettre

Les espaces ruraux ont des fonctions de plus en plus diversifiées. L’agriculture y reste prépondérante, en termes d’emprise spatiale, mais aussi, en particulier dans les pays en développement, en termes de population active. 

 

Il faut en effet distinguer les situations des pays en développement ou émergents, et celle des pays développés. Dans les pays en développement et certains pays émergents (comme l’Inde - voir étude de cas en début de thème), l’agriculture demeure la première activité rurale et le plus souvent la première activité économique à l’échelle du territoire. Ainsi, on peut évoquer, dans leur cas, une diversification des fonctions des espaces ruraux comme un processus en cours, puisque l’agriculture y cohabite depuis longtemps avec d’autres fonctions rurales, comme l’artisanat, puis différentes industries. Dans les pays occidentaux, où les agriculteurs ne représentent généralement pas plus de 2-3 % de la population active, la multifonctionnalité des espaces ruraux est une réalité qui connaît des recompositions, mais qui est installée de façon plus développée (transition urbaine, modernisation de l’agriculture). 

 

Ainsi, on peut distinguer plusieurs types de fonctions rurales : des fonctions productives, en particulier l’agriculture mais aussi l’industrie ; une fonction résidentielle, des fonctions récréatives et touristiques et un ensemble de fonctions liées à l’économie présentielle (économie fondée sur l’offre de biens et de services aux personnes présentes sur un territoire, qu’il s’agisse de résidents ou de touristes) ; des fonctions environnementales (entretien des paysages, protection des ressources naturelles et de la biodiversité). Cette diversification des fonctions est d’autant plus présente que les relations entre les espaces urbains et les espaces ruraux sont fortes ; les espaces ruraux les plus connectés aux espaces urbains sont les plus diversifiés car ils évitent la déprise rurale en partie en répondant à des demandes des populations urbaines (loisirs, tourisme). 

 

La multifonctionnalité ou la diversification des fonctions rurales est d’abord liée au caractère intrinsèquement multifonctionnel de l’agriculture : elle a une fonction majeure de production alimentaire, mais aussi des fonctions d’aménagement du territoire et des fonctions écologiques. D’autre part, de plus en plus d’exploitations agricoles évoluent vers la pluriactivité. C’est en particulier vrai dans les pays développés, où les agriculteurs proposent de plus en plus des services complémentaires de la production agricole comme la transformation et la vente de produits (diversification encouragée dans l’UE par la PAC). Cette évolution s’observe aussi dans les pays en développement - essentiellement du fait de la vente de produits alimentaires pour répondre à la demande des populations urbaines. 

 

Les fonctions productives, artisanales et industrielles sont aussi présentes dans les espaces ruraux. Certains secteurs industriels sont directement liés à la fonction agricole, comme l’industrie agro-alimentaire ou textile, d’autres à des spécialisations locales (systèmes productifs locaux), et plus récemment, à la disponibilité foncière (plates-formes logistiques par exemple dans les pays développés, ou bien industries extractives dans les pays en développement). 

 

Les fonctions liées à l’économie présentielle sont le fait des divers services offerts à la population présente de façon permanente, mais aussi temporaire. En effet, dans les pays développés en particulier, ainsi que dans les pays émergents, plusieurs types de tourisme rural ont été développés. L’Europe a été pionnière dans l’essor du tourisme rural (ex. : modèle des gîtes ruraux en France, écomusées), dont on peut distinguer deux formes principales : 

  • L’agritourisme ou agrotourisme, qui combine mise en valeur des produits agricoles et tourisme ; 
  • L’éco-tourisme, qui repose davantage sur la valorisation de la nature, des paysages, y compris à travers des pratiques sportives, et qui s’associe à une sensibilisation au développement durable. 

Le tourisme rural repose ainsi sur l’attention accordée aux questions environnementales et sur la préservation des paysages, donc sur des formes de patrimonialisation d’espaces plus ou moins naturels, ou au contraire entièrement construits par les sociétés (exemple type des paysages de rizières classés au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO). 

 

La diversification des fonctions rurales permet de dynamiser les espaces ruraux, d’éviter ou de résorber des situations de déprise économique et démographique, notamment dans les pays occidentaux. Il faut ainsi d’abord souligner qu’elle est inégale, et que les campagnes sous influence urbaine sont plus diverses et plus dynamiques. Cette diversité d’usages des campagnes occasionne des conflits d’usages : conflits entre anciens et néo-ruraux, entre différentes visions de la campagne (production / patrimonialisation), mobilisation contre des aménagements supposés sources de nuisance ou de « défiguration » du paysage, etc. Toutefois, de plus en plus, la multifonctionnalité permet précisément le développement de solutions pour prévenir ou désamorcer ces conflits et concilier les différents usages des espaces ruraux, à travers des structures regroupant différents acteurs locaux.Double-page « Ouverture »

Présentation des documents

Cette photographie peut être étudiée comme document complémentaire de l’étude de cas sur les espaces ruraux au Canada. On peut y distinguer deux plans qui correspondent à deux fonctions distinctes des espaces ruraux :

  • Au premier plan, un champ avec des bottes de paille. Après la récolte de céréales, les agriculteurs pressent ainsi la paille (c’est-à-dire les tiges ou chaumes qui restent) pour pouvoir la stocker et éventuellement la vendre. Elle pourra ainsi être utilisée, principalement comme litière ou comme fourrage dans les élevages. Cette partie du paysage représente une fonction productive des espaces ruraux. 
  • Au second plan, séparé de ce champ par une haie, un lotissement résidentiel est en construction. Cette partie du paysage correspond à la fonction résidentielle des espaces ruraux.

Les deux fonctions sont en concurrence car le développement de la deuxième s’accompagne d’une dynamique de périurbanisation ou de rurbanisation (qui contrairement à la périurbanisation ne suppose pas la continuité avec l’agglomération). La pression foncière sur les terres agricoles est très forte à la périphérie des grandes agglomérations comme Toronto. La perte de terres agricoles est d’ailleurs un fait qui inquiète au Canada comme dans le reste du monde. 

Il a été cartographié ici, d’après les données du recensement canadien : https://www.canadiangeographic.ca/article/mapping-40-years-canadian-urban-expansion.

Réponse au quiz

  1. Vrai - Espace rural ne signifie pas nécessairement espace agricole, et, dans les pays développés, la population active employée dans les industries est, proportionnellement à la population résidente, plus importante dans les espaces ruraux que dans les espaces urbains.

 

  1. Vrai - (le « certains » est important). Attention : cette tendance est surtout présente dans les pays développés, et la tendance mondiale dominante est à l’urbanisation.

 

  1. Faux - Si l’on considère la productivité agricole des espaces ruraux, elle est plus élevée dans les pays du Nord. La productivité désigne le rapport valeur ajoutée (VA) / facteurs de production. On peut ainsi mesurer :
    • La productivité de la terre (ex : tonnes / ha ou bien VA / ha), souvent désignée par le terme « rendement » ;
    • La productivité du travail (VA / durée de travail ou VA / actif) ;
    • Moins couramment en agriculture, la productivité du capital (VA / capital fixe engagé).

 

  1. Faux - Dans de nombreux pays, malgré une influence urbaine croissante, le rural n’est pas périurbain. Dans les pays développés, la population rurale est majoritairement périurbaine ; mais en termes de superficie le rural est majoritairement non périurbain. 

 

  1. Faux - C’est plus de 9 agriculteurs sur 10 (93 %).

Présentation de la rubrique « Géo et fiction »

Promised Land est un film du réalisateur états-unien Gus Van Sant : un agent d’un grand groupe énergétique, Steve Butler, incarné par l’acteur Matt Damon (qui est aussi coscénariste du film), promeut l’exploitation des gaz de schistes auprès des fermiers dont les terrains se situent sur des gisements, en Pennsylvanie. En sélectionnant quelques extraits, on peut amener les élèves à identifier plusieurs enjeux du chapitre :

  • La situation socio-économique des agriculteurs, qui ont besoin de revenus complémentaires à la production agricole, et donc de cumuler plusieurs fonctions ; 
  • L’enjeu environnemental : la fracturation hydraulique a un impact sur l’environnement local mais aussi global, par la libération de méthane (GES au pouvoir réchauffant 23 fois plus élevé que le CO) lors de l’extraction ;
  • La notion de conflit d’usage de l’espace rural (enjeu politique), qui pose la question de savoir comment concilier les fonctions productives (production alimentaire, énergétique) et environnementales de cet espace.

 

Attention à ne pas confondre les gaz de schiste avec une autre source non conventionnelle d’hydrocarbures, les sables bitumineux, dont il est question dans l’étude de cas sur le Canada (sables bitumineux de l’Alberta).

Les mutations des espaces ruraux de Toscane

Présentation de l’étude 

La question des mutations des espaces ruraux de Toscane est l’objet d’une des études de cas possibles dans ce chapitre. Elle peut être, au choix, travaillée par toute la classe, ou bien par une partie pendant que l’autre travaille sur l’étude de cas sur le Canada. 2 h peuvent y être consacrées. 

La Toscane est une région du centre-ouest de l’Italie, dont le chef-lieu est Florence ; elle comprend une partie de la côte méditerranéenne, des paysages variés, avec des chaînes montagneuses, des plaines et des collines, et elle est traversée par l’Arno, fleuve qui passe à Florence et à Pise. L’étude des mutations des espaces ruraux de Toscane ouvre sur les différents enjeux du chapitre : 

  • La multifonctionnalité déjà affirmée de cet espace, connu pour ses spécialités agricoles mais aussi pour le tourisme, qui se diversifie ; cette diversité de fonctions se renforce, avec le développement d’activités industrielles, minières, et avec la périurbanisation qui renforce la fonction résidentielle ;
  • La conflictualité qui résulte de la cohabitation et de la contradiction, d’activités et d’acteurs multiples, qui n’ont pas le même usage de cet espace, ni la même vision de la façon dont il doit être aménagé, préservé ou transformé.

Présentation des documents

A. L’agritourisme, un outil de développement territorial

 

Document 1

Extrait de l’Atlas de l’agriculture de Jean-Paul Charvet (2012), « Les succès de l’agritourisme toscan ». Dans ce texte, Jean-Paul Charvet, géographe spécialiste de l’agriculture et des espaces ruraux, expose brièvement l’histoire, les acteurs et les facteurs de la mise en place de l’agritourisme en Toscane. Celui-ci est apparu, dans la 2e moitié du XXe siècle, comme une réponse à certaines difficultés des espaces ruraux, notamment la déprise démographique et économique. Enfin il souligne la prédominance de la région de Chianti, caractérisée par un agritourisme haut de gamme.

 

Document 2

Photographie d’un paysage toscan, « La région de Chianti, réputée pour l’œnotourisme ». Cette image correspond à la description que Jean-Paul Charvet donne du paysage toscan « typique » dans le document précédent, « ses magnifiques paysages de collines plantées de vignes et d’oliviers, ses belles villas campagnardes entourées de cyprès » :

  • Au 1er plan : des vignes. Les couleurs des feuilles laissent penser qu’on est au début de l’automne ;
  • Au 2nd plan : des plantations d’oliviers, des demeures cossues, des haies de cyprès ;
  • À l’arrière-plan : des collines boisées.

 

Document 3

Ces cartes représentent à différentes échelles une information, à savoir le nombre d’exploitations agricoles pratiquant l’agritourisme, par un figuré unique qui est un cercle vert proportionnel à ce nombre d’exploitations :

  • Une carte à l’échelle de l’Italie montre le nombre d’exploitations pratiquant l’agritourisme par province en 2017 : elle permet de comparer les provinces entre elles et montre la prédominance de la Toscane dans le domaine de l’agritourisme - seules deux autres provinces présentent un développement comparable de cette pratique (le Trentin-Haut-Adige dans les Alpes et l’Ombrie près de la Toscane, mais plus au sud et au centre de la botte) ;
  • Deux cartes à l’échelle de la Toscane montrant cette même information par district, en 1991 et 2017 ; cela permet de comparer le développement de l’agritourisme en Toscane à deux moments différents espacés de 26 ans. S’il est difficile de quantifier l’augmentation de l’agritourisme d’après cette carte, et s’il faut tenir compte des disparités de superficie et de relief entre les districts, on peut tout de même dégager deux idées : 
    • Alors qu’en 1991 de nombreux districts sont dépourvus d’agritourisme, en 2017 presque tous les districts, à l’exception de quelques-uns parmi les plus petits, ont des exploitations agricoles pratiquant l’agritourisme. Le développement de cette pratique en Toscane est donc général ;
    • Les districts qui étaient pionniers dans l’agritourisme en 1991 sont, globalement, ceux ou l’agritourisme est le plus développé 26 ans plus tard.

 

Document 4

« Une montée en gamme de l’agritourisme », extrait d’un article du quotidien de centre-gauche italien La Repubblica du 8 avril 2019. Cet article souligne plusieurs évolutions récentes de l’agritourisme dans le Chianti :

  • Un développement « en qualité et en quantité » ;
  • La professionnalisation des acteurs et des services ;
  • Une montée en gamme qui répond aux exigences de la clientèle ;
  • L’intégration par cette forme de tourisme de composantes culturelles et identitaires : le touriste n’attend pas seulement de découvrir des produits, mais aussi un territoire.

 

Document 5

La source de ce document, comme l’indique la légende, est la société italienne mplitalia, qui travaille dans le secteur de la communication et du marketing. Le document superpose :

  • Une photographie de paysage toscan, qui réunit des composantes semblables à celles identifiées sur le document 2 : champs, plantations d’oliviers, paysages de collines, villas, mais dans une lumière du soir qui participe à évoquer le « rêve » (document 4) que le touriste veut vivre ;
  • Des motifs en blanc :
    • Une carte de la Toscane avec ses différents districts ;
    • Le logo de la marque It’s Tuscany, dans un cercle, avec un cyprès (arbre méditerranéen) stylisé au centre.

 

 

B. Une multifonctionnalité source de conflits

 

Document 6

« L’extraction du marbre de Carrare, une activité au cœur de conflits d’environnement », extrait de l’article « Le marbre de Carrare broie du noir », publié par Aureliano Tonet et Margherita Nasi dans le quotidien français Le Monde le 30 novembre 2018. Cet article, après avoir rappelé l’ancienneté de l’exploitation du marbre de Carrare dans les Alpes apuanes (c’était le marbre le plus réputé dans l’Antiquité romaine) et évoqué la patrimonialisation des mines de l’Antiquité, met l’accent sur les problèmes environnementaux liés à l’exploitation actuelle de ce matériau :

  • La dégradation du paysage, selon le point de vue d’une historienne italienne ; 
  • L’impact sur la biodiversité locale ;
  • La pollution de l’eau, dénoncée par un militant écologiste.

Cet article met ainsi en exergue les conflits entre différents usages de ce territoire rural : espace de ressources à exploiter pour les uns (fonction productive), paysage et écosystème à préserver pour les autres (fonction environnementale).

 

Document 7

On retrouve à l’arrière-plan les caractéristiques déjà identifiées des paysages ruraux toscans (vignes, champs, plantations d’oliviers, haies de cyprès, montagnes boisées au relief doux). Mais au premier plan on voit un espace bâti récemment, de manière assez dense, qui témoigne d’une forme de périurbanisation ou de rurbanisation, à partir d’un noyau villageois initial. 

On peut citer, pour expliquer ce type d’implantation, un extrait de l’article de Coline Perrin, « Le foncier agricole dans les plans d’urbanisme : le rôle des configurations d’acteurs dans la production locale du droit », Géocarrefour [Online], vol. 88/3, 2013 (en ligne : http://journals.openedition.org/geocarrefour/9155) : « En Toscane, l’attachement culturel à la vie de village était plus marqué qu’en Provence et les fermes isolées ont longtemps été synonymes de conditions de vie laborieuses. Dans les communes où dominait la grande propriété foncière héritée du système de la mezzadria, les mairies de gauche ont voulu offrir des logements aux métayers qui quittaient l’agriculture pour travailler dans l’industrie du miracle économique et ainsi éviter qu’ils partent vers la ville-centre. Elles privilégièrent les opérations publiques destinées à la location à bon marché ou à l’accession à la propriété : des maisons alignées et des petits immeubles collectifs ont été construits dans le prolongement des villages, suivant une morphologie beaucoup plus dense qu’en Provence. Dans un contexte de grande propriété, un plan d’urbanisme destiné à des locataires et à des néo-accédants à la propriété limite l’étalement urbain. » 

 

Document 8

Cette image fournit une illustration au document 9 - les deux documents (8 et 9) fonctionnent et sont interrogés ensemble. Elle permet de repérer, dans un espace marqué par un usage agricole :

  • Le village de San Casciano, peu étendu avec des habitations alignées le long des routes (l’article source cité plus haut indique que les propriétaires terriens ont obtenu dans les années 1960 et 1970 une restriction de programmes de logements sociaux par des procédures juridiques au nom de la préservation du patrimoine) ;
  • Quelques installations industrielles au Sud-Ouest, en particulier l’usine de production de camping-cars, dont la construction en 2002 à fait l’objet d’une des « polémiques publiques » mentionnées dans le document 9.

 

Document 9

Cet extrait, à mettre en regard du document 8 mais aussi du 7, pose la question de la patrimonialisation, voire de l’éventuelle muséification, du paysage rural toscan. On retrouve ici un conflit d’usages et d’acteurs de l’espace rural qui témoigne des tensions entre différentes fonctions et représentations de cet espace : dans le cas de trois projets d’implantation industrielle, on assiste à une mobilisation de résidents hostiles, qui mettent en avant la fonction environnementale (bien que le projet de centre de compostage soit plutôt favorable à la préservation de l’environnement) et patrimoniale de leur territoire.

Corrigés des questions

A. L’agritourisme, un outil de développement territorial

 

Question 1 (Documents 1 et 2)

Les grandes productions qui font l’identité du paysage rural toscan sont le vin et l’huile d’olive. Le document 1 cite en effet les « magnifiques paysages de collines plantées de vignes et d’oliviers », et le document 2 en offre une illustration. De fait, on peut voir, au premier plan de la photographie, des vignes, et au deuxième plan des plantations d’oliviers.

 

Question 2 (Documents 2 et 3)

Les documents permettent d’identifier les étapes suivantes :

  • Un essor de l’agritourisme au début des années 1990 : la carte des exploitations pratiquant l’agritourisme en Toscane en 1991 (document 2) montre qu’il existe des exploitations pionnières dans ce domaine de façon assez générale, notamment dans les campagnes situées autour des villes grandes et moyennes (Florence, Sienne, Arezzo, Grosseto) ;
  • Un développement de l’agritourisme des années 1990 à aujourd’hui, qu’on observe en comparant la carte de 1991 et celle de 2017. On note en effet, sans pouvoir quantifier de façon exacte cette augmentation, que de plus en plus d’exploitations pratiquent l’agritourisme et que cette pratique s’est généralisée à l’échelle de la Toscane.

On peut supposer que, l’agritourisme stimulant les deux productions phares du terroir toscan, la plantation de vignes et d’oliviers est encouragée, ce qui a un impact sur le paysage agricole. La photographie (document 2) montre au premier plan des piquets de vigne alignés dans des parcelles, ce qui témoigne de plantations récentes.

 

Question 3 (Document 3)

On peut remarquer que les districts où se trouvent les villes, dans le cas où ils sont petits, comprennent peu d’exploitations pratiquant l’agritourisme, puisqu’ils correspondent alors à des espaces essentiellement urbains, comme dans le cas de Florence, Pise, Sienne. Dans le cas où les districts ont une plus vaste superficie, ils intègrent à la fois des espaces urbains et des espaces ruraux, comme dans le cas de Grosseto.

Dans le cas des districts urbains peu étendus, on peut noter en revanche que les districts situés autour, plus ruraux, sont ceux où l’agritourisme est le plus développé, en particulier le Chianti et ses environs, entre Florence et Sienne. 

Ainsi on peut formuler plusieurs suppositions sur le rôle de ces villes :

  • Comme l’indique le document 1, l’aristocratie italienne y avait des villas et des fermes, qui ont été converties en lieux d’hébergement touristique ;
  • Ce sont des villes de la Renaissance, riches en hauts-lieux touristiques : un séjour en Toscane à proximité de Florence ou Sienne permet de varier les visites, entre patrimoine artistique urbain et agritourisme ;
  • Les villes peuvent aussi être les espaces de résidence de touristes potentiels, attirés par des séjours d’un week-end ou davantage dans une villa ou une ferme rénovée à la campagne.

 

Question 4 (Documents 1, 4 et 5)

De multiples acteurs privés et publics construisent une offre touristique territorialisée. On peut notamment citer les acteurs de l’hôtellerie, de la vitiviniculture, les acteurs institutionnels, et d’autres acteurs économiques spécialisés dans le marketing et la communication. Le fait de construire une offre touristique territorialisée implique de faire correspondre une offre touristique spécifique à un territoire, et à un terroir. Le produit touristique doit ainsi être typique, original, identifié à un territoire, et donc non reproductible dans n’importe quel espace. Pour arriver à construire cette offre, il existe plusieurs outils qui sont cités :

  • Les AOP (Appellations d’Origine Protégée), qui sont un label européen fondé sur la notion de terroir et qui protègent le nom des produits toscans. Les vins sont cités (document 1), mais on peut aussi penser aux huiles d’olive ;
  • La construction d’une offre touristique haut de gamme (documents 1 et 4), pour une « clientèle étrangère et aisée » ;
  • Le marketing territorial (documents 4 et 5 ; la notion a déjà été vue dans le chapitre 1, à propos des métropoles) qui communique à la fois par l’image, en mettant en valeur le paysage rural toscan typique (relief vallonné, vignes, oliveraies, haies de cyprès), et par le discours, avec la construction d’un storytelling, c’est-à-dire d’une communication fondée sur la mise en récit, autour des produits de l’agriculture toscane, en particulier le vin.

 

Question 5

Changer d’échelle : du local au mondial.

De nombreuses autres régions agritouristiques peuvent être citées. Il en existe dans la plupart des pays occidentaux. On peut évoquer le Tyrol en Autriche, le Kerala en Inde, l’Algarve au Portugal, ou la Napa Valley en Californie.

 

 

B. Une multifonctionnalité source de conflits

 

Question 6 (Document 6)

D’après le document 6, on peut citer trois impacts environnementaux de l’extraction du marbre de Carrare, dénoncés par deux acteurs locaux :

  • La dégradation du paysage, selon le point de vue d’une historienne italienne, Franco Leverotti : « Avant, c’était vert. Aujourd’hui, on ne voit plus que du blanc. » ; 
  • L’impact sur la biodiversité locale, toujours d’après Franca Leverotti, qui a déposé de nombreuses plaintes contre les sociétés extractrices qui, selon elle, exploitent hors de la zone autorisée ;
  • La pollution de l’eau, dénoncée par un militant écologiste, Alberto Grossi, qui souligne aussi le coût de la dépollution pour la collectivité : « L’eau est tellement polluée que la rendre potable coûte à la communauté 300 000 euros par an ».

 

Question 7 (Documents 8 et 9)

On peut identifier, dans les documents 8 et 9, quatre usages différents de l’espace qui s’opposent dans la commune de San Casciano Val di Pesa : 

  • Un usage résidentiel : l’image satellitale issue de Google Maps montre en effet le village de San Casciano, peu étendu, avec des habitations alignées le long des routes, et l’article cite des « résidents » ;
  • Un usage industriel : il apparaît sur Google Maps par des implantations industrielles au Sud-Ouest du village, en particulier l’usine de production de camping-cars et d’autres bâtiments industriels voisins. Trois installations sont citées dans le document 9 : un « centre de compostage », un « incinérateur » et une « usine de construction de camping-cars » ; 
  • Un usage agricole : on peut voir sur le document 8 de nombreuses parcelles cultivées, et plusieurs vignobles sont signalés. Cet usage est cité dans l’article de géographie, en particulier lorsqu’il est question pour des résidents militants de le préserver : « paysages agricoles », « territoire agricole », « zone agricole » ;
  • Un usage touristique ou récréatif : Google Maps permet en effet de localiser plusieurs lieux d’hébergement agritouristiques, comme « Agriturismo Casalta di Sotto », ainsi que des restaurants, comme « Trattatoria Ponterotto ». Le document 9 évoque « l’attrait touristique des campagnes florentines » et son « paysage » (propos rapportés de résidents opposés aux implantations industrielles).

 

Question 8 (Documents 8 et 9)

 

 

Résidents cités dans l’article

Industriels

Municipalité

Associations regroupées dans le « collectif de défense du Chianti »

Représentation de l’espace rural

Cadre de vie

Disponibilité foncière 

Territoire à gouverner avec de multiples acteurs à prendre en compte

Patrimoine

Usage de l’espace rural

Résidence, économie présentielle

Usage productif

Administration, gouvernement

Préservation

 

Arguments

Opposition à des aménagements perçus comme une dégradation du paysage 

x

x

« Défense » du paysage agricole et de l’environnement

 

 

 

 

Question 9 (Documents 8 et 9)

On peut voir, dans le refus de certains habitants du village de San Casciano de nouveaux aménagements industriels sur le territoire de leur commune, un réflexe NIMBY (« Not In My Backyard », ce qui peut se traduire par « Surtout pas chez moi »). En effet, cette notion désigne une attitude qui consiste à rejeter tout projet d’aménagement à proximité de son lieu de résidence. Elle est connotée de manière péjorative, et comme l’indique le site Géoconfluences « toute protestation locale contre des projets exogènes ne peut être assimilée à du nimbysme ». En l’occurrence, son emploi est discutable, dans la mesure où les résidents cités s’opposent à toute installation industrielle quelle qu’en soit la nature, y compris un « centre de compostage des déchets » (document 9), alors qu’une telle installation est plutôt positive en termes d’impact environnemental, puisqu’elle permet de valoriser des déchets organiques au lieu de les incinérer. Ils semblent percevoir leur cadre de vie uniquement comme un paysage patrimonial à entretenir, et non comme un lieu d’implantation possible pour des activités économiques qui pourraient créer des emplois pour d’autres habitants. Ici, les habitants semblent contester le bien-fondé de tout aménagement et non sa localisation. 

 

Question 10 (Tous les documents)

La multifonctionnalité des espaces ruraux toscans est source de conflits car, par définition, elle produit une confrontation entre des fonctions de l’espace rural qui peuvent se contredire, ou sur lesquelles les acteurs du territoire sont en désaccord. En effet, il est complexe de concilier dans un territoire rural les différentes fonctions qui lui sont attribuées : fonctions résidentielle, agricole, industrielle, environnementale, touristique, récréative.

 

Question 11

Changer d’échelle : du local au mondial. De nombreuses études géographiques portent sur des espaces ruraux touchés par des problématiques similaires :

  • En géographie francophone, beaucoup d’études portent sur la France ou d’autres territoires francophones (voir l’étude de cas sur le Canada). On peut se référer, par exemple, à l’article de Luc Bossuet, « Les conflits du quotidien en milieu rural - étude à partir de cinq communes », publié en 2007 dans la revue Géographie, économie, société :

https://www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2007-2-page-141.htm ;

  • Dans des territoires ruraux où les enjeux de conservation sont forts, ils peuvent générer des conflits avec les populations rurales locales, par exemple :

Pour aller plus loin

Les espaces ruraux canadiens : une multifonctionnalité marquée

Présentation de l’étude 

Tout comme aux États-Unis d’Amérique, la multifonctionnalité des espaces ruraux au Canada est assez avancée, et même institutionnalisée - jusque dans la gestion des conflits qui y sont liés. Toutefois les espaces ruraux au Canada présentent des caractéristiques et des enjeux spécifiques :

  • Le climat : la partie la plus septentrionale du territoire, en climat subarctique, n’est pas cultivable ;
  • Les territoires ruraux sont habités, en partie, par des populations autochtones, dites « Premières Nations » (expression désignant les peuples autochtones autres que les métis et les Inuits, ces derniers vivant au nord du cercle polaire contrairement aux Premières Nations) ;
  • Certains espaces ruraux canadiens (près de l’Alaska au nord-ouest et dans le prolongement nord-ouest des Grandes Plaines des États-Unis, en Alberta par exemple) comportent d’importantes ressources énergétiques, à savoir des hydrocarbures, conventionnels et non conventionnels.

Présentation des documents

A. Une multifonctionnalité rurale affirmée dans une société urbanisée

 

Document 1

Cette carte, réalisée d’après les statistiques canadiennes officielles (site www.statcan.gc.ca), témoigne des disparités de peuplement au Canada, par deux figurés :

  • Des aires colorées en rouge indiquant les espaces où la densité de population est élevée comparativement au reste du pays, soit plus de 50 habitants au km². Les agglomérations de Toronto, Montréal, Ottawa, Québec, Edmonton, Calgary et Winnipeg dépassent, elles, 250 habitants au km² ;
  • Des surfaces colorées représentant le pourcentage de ruraux dans la population, par province ou territoire, selon 4 fourchettes de valeur allant de 14 % à 53 % de la population, représentées par 4 nuances allant du jaune au vert foncé. Les provinces et territoires où se trouvent les plus importantes agglomérations sont les plus peuplés et les plus urbains, et de manière générale les provinces et territoires les plus ruraux sont situés au Nord.

 

Document 2

Cette carte « Des espaces plus ou moins marqués par la fonction agricole », à nouveau d’après les statistiques canadiennes officielles, montre que la mise en valeur agricole de l’espace est limitée, notamment en raison de la contrainte climatique :

  • Cette contrainte est représentée par deux limites climatiques :
    • Au Nord : la limite Sud du climat arctique et de la taïga ;
    • Un peu plus au Sud : la limite Sud du climat subarctique.
  • C’est le Sud du pays, par conséquent, qui est le plus mis en valeur sur le plan agricole, en particulier la région peu urbanisée qui s’étend entre Calgary et Winnipeg, qui bénéficie d’un climat continental sec et où plus de 50 % de l’espace est agricole. Cet espace est parfois désigné comme le « Canada utile ». 

 

Document 3

Extrait d’un article du géographe québécois Bernard Vachon, publié dans le quotidien d’information (également québécois) Le Devoir en 2018. Il résume clairement les enjeux de la multifonctionnalité rurale au Canada :

  • La multifonctionnalité rurale signifie la cohabitation entre plusieurs fonctions, agricole, résidentielle, récréative ;
  • Certaines évolutions économiques, la numérisation, la dématérialisation, représentent un potentiel pour les espaces ruraux ;
  • Ce potentiel ne peut être mis en acte qu’à la condition que l’État investisse dans les espaces ruraux, notamment dans le domaine des télécommunications (Internet haut débit, téléphonie mobile).

 

Document 4

Extrait d’un communiqué publié par le président de l’Union des producteurs agricoles au Québec dans une revue professionnelle en 2017, « Pluriactivité des agriculteurs en agritourisme ». Ce court extrait constate que l’agritourisme répond à la fois à une demande de la population et à un besoin pour les agriculteurs de diversifier leurs revenus. Il liste enfin les divers acteurs de l’agritourisme, qui s’organisent pour développer cette pratique.

 

Document 5

« Encourager le tourisme rural au Québec », capture d’écran d’un tweet de l’Office du tourisme du Québec (compte « Tourisme Québec »), posté le 2 novembre 2018. Ce tweet fait la promotion du tourisme en Montérégie, région administrative du Québec, en particulier de la « Route du Richelieu », « première route historique officielle transfrontalière entre le Québec et l’État de New York » (d’après le site https://www.routedurichelieu.ca/fr/). Cette route suit la rivière du même nom, la rivière Richelieu, qui apparaît dans les trois photos de paysages en vue aérienne oblique. Ces photographies mettent en valeur la ruralité de cette route touristique : parcelles cultivées, villages, espaces boisés à des saisons différentes (automne, printemps). Ce document témoigne aussi de l’outil que représentent les réseaux sociaux numériques pour promouvoir le tourisme rural.

En complément on peut consulter les sites promotionnels : https://www.tourisme-monteregie.qc.ca/ et https://www.routedurichelieu.ca/fr/

 

 

B. Des fonctions difficiles à concilier

 

Document 6

La carte « Les parcs nationaux au Canada », d’après Statistique Canada, l’organisme statistique national, montre que les espaces ruraux cumulent plusieurs fonctions :

  • La préservation d’espaces naturels (parcs ou réserves représentés par des surfaces vertes) ;
  • La protection des populations autochtones (terres territoriales des trois territoires du Nord, représentées par des aires roses / beiges, et réserves dans les provinces, représentées par des figurés ponctuels de la même couleur) ;
  • L’exploitation des hydrocarbures (figurés ponctuels de 3 couleurs différentes selon le type d’hydrocarbure) : le pétrole, le gaz (hydrocarbures dits conventionnels), et les sables bitumineux, essentiellement localisés dans l’Alberta (hydrocarbures dit non conventionnels, dont l’extraction implique de séparer le bitume du sable ; voir chapitre 2 de seconde).

 

Document 7

Extrait d’un article de Simon Roger, « Exploitation des ressources et protection de l’environnement en Alberta », publié dans le quotidien français Le Monde, le 6 septembre 2018. Cet article aborde divers enjeux de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta, province située à l’Ouest du Canada, qui comprend de vastes espaces ruraux et naturels, mais dont la population se concentre dans les villes (voir doc. 1) :

  • Un enjeu économique : le pétrole représente une richesse majeure pour le Canada qui a « la troisième réserve pétrolière de la planète », et il est exploité par de puissants acteurs industriels ;
  • Un enjeu social : dans l’Alberta, cette industrie est un employeur important, en particulier pour les populations autochtones qui sont socialement défavorisées et ont historiquement été discriminées.
  • Un enjeu sanitaire : l’article pose la question de l’impact sanitaire de l’exploitation des sables bitumineux pour les professionnels exposés. Dans certaines communautés autochtones proches de Fort McMurray, l’incidence des cancers est significativement plus élevée que la moyenne nationale, sans que l’on puisse établir de lien de causalité entre l’exploitation des sables bitumineux et ce problème (https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/426028/cancer-alberta-petrole) ;
  • Un enjeu environnemental : il est à craindre que cette industrie entraîne la dégradation du parc national Wood Buffalo.

 

Document 8

La photographie de « Bisons réintroduits dans le Banff National Park » d’août 2018 complète l’article et la carte de la même page en illustrant la fonction de préservation de la biodiversité, en l’occurrence de la faune sauvage, attribuée à certains espaces ruraux.

 

Document 9

Ce paysage montre l’exploitation des sables bitumineux de l’Athabasca en Alberta, qui ont pour caractéristiques :

  • D’être peu profonds et de pouvoir être exploités à ciel ouvert ;
  • D’être situés dans une zone boisée (forêt boréale) et humide (tourbières, rivière, lacs).

Sur la photographie, on peut voir :

  • Au premier plan, des engins de terrassement, qui étalent les résidus rejetés par l’usine de traitement dans des bassins (ce n’est donc pas l’extraction à proprement parler que l’on voit ici) ;
  • Au second plan, un bassin de décantation des boues (résidus des sables bitumineux) ;
  • À l’arrière-plan, une usine de transformation du bitume à gauche et des réservoirs de stockage à droite.

L’impact sur le paysage peut être observé sur Google Maps : https://www.google.com/maps/place/Fort+McMurray,+AB,+Canada/@57.0206233,-111.5854034,91740m/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x53b03aeeff1a4459:0x5c8133330dca74b7!8m2!3d56.7263796!4d-111.3803407

 

Document 10

Cet extrait analyse les différentes modalités des relations entre nouveaux résidents ruraux et anciens ruraux :

  • Il peut y avoir des tensions, notamment parce que l’arrivée de nouveaux résidents occasionne une « augmentation de la valeur foncière » dans les espaces ruraux ;
  • Mais anciens et nouveaux ruraux peuvent aussi s’associer pour se mobiliser, notamment pour la protection de l’environnement ou de la fonction agricole de l’espace rural.

Corrigés des questions

A. Une multifonctionnalité rurale affirmé dans une société urbanisée

 

Question 1 (Document 1)

La population canadienne se concentre essentiellement dans le Sud du pays, en particulier dans les agglomérations suivantes :

  • Toronto, Ottawa, Montréal, Québec ;
  • Halifax ;
  • Regina, Saskatoon ;
  • Calgary, Edmonton ;
  • Vancouver.

Ainsi les provinces du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de Colombie-Britannique sont celles dont la population est la plus urbanisée, puisque 80 % à 86 % de la population y est urbaine. Les autres provinces et territoires sont moins peuplés et plus ruraux : ils ont pour principale caractéristique d’être situés plus au Nord, en particulier les trois territoires les plus septentrionaux. On peut notamment citer les Territoires du Nord-Ouest, avec 40 à 45 % de population rurale, et le Nunavut, avec 45 % à 53 % de population rurale. La proportion de ruraux est également élevée dans les provinces du Canada atlantique, situées autour du Golfe du Saint-Laurent. Le Nouveau-Brunswick se caractérise par une population dont environ la moitié est rurale. 

 

Question 2 (Documents 2 à 5)

Les principales fonctions des espaces ruraux abordées dans les document 2 à 5 sont les suivantes :

  • Une fonction agricole : comme le montre la carte (doc. 2), les espaces où la mise en valeur agricole est la plus présente, sont situés au Sud de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba (plus de 50 % de la superficie est agricole dans les districts du Sud de ces provinces). L’agriculture est aussi mentionnée dans les documents 3 et 4 ;
  • Une fonction résidentielle, mentionnée dans le doc. 3 ;
  • Une fonction récréative et touristique, qui apparaît dans les docs. 3, 4 et 5 : le professeur Bernard Vachon rappelle que la campagne peut être un lieu de « villégiature » (doc. 3). Le président d’un syndicat agricole québécois, Marcel Groleau, souligne l’intérêt pour les agriculteurs de s’investir dans l’ « industrie touristique » (doc. 4), et le compte Twitter de l’Office du tourisme du Québec met en valeur le tourisme rural en Montérégie (doc. 5) ;
  • D’autres fonctions économiques (non précisées) : Bernard Vachon évoque également d’autres « activités économiques » installées ou susceptibles de s’installer en espace rural.

 

Question 3 (Document 4)

L’agritourisme est un type de tourisme rural qui repose sur la valorisation de l’agriculture d’un territoire : séjour à la ferme, visite d’exploitations, mise en valeur des paysages et du patrimoine agricole, découverte de produits agricoles locaux. D’après le président de l’Union des producteurs agricoles (doc. 4), l’intérêt de l’agritourisme pour les agriculteurs est de leur permettre de diversifier leurs activités et leurs « sources de revenu ». 

 

Question 4 (Documents 4 et 5)

On peut distinguer deux formes de tourisme rural correspondant à des fonctions différentes de l’espace rural :

  • L’agritourisme concilie les fonctions agricole, récréative et patrimoniale ;
  • L’écotourisme concilie les fonctions récréative, environnementale et patrimoniale.

 

Question 5 (Document 3)

Selon le géographe québécois Bernard Frachon, la multifonctionnalité des espaces ruraux est amenée à se développer, car avec les opportunités offertes par la numérisation et la dématérialisation de l’économie, certaines activités économiques peuvent se libérer de « la contrainte de la concentration » dans les villes, et s’implanter dans les espaces ruraux. Ce potentiel des espaces ruraux ne peut être mis en acte qu’à la condition que l’État y fasse les investissements nécessaires, notamment dans le domaine des télécommunications (Internet haut débit, téléphonie mobile), mais aussi dans les « infrastructures, équipements et services publics ».

 

Question 6

Changer d’échelle : du national au mondial. Les évolutions des espaces ruraux canadiens sont, en effet, représentatives de celles que connaissent les pays développés. La multifonctionnalité est particulièrement affirmée en Amérique du Nord, en particulier aux États-Unis où les agriculteurs sont en grande majorité pluriactifs, dans un contexte de sociétés urbanisées. L’Europe également est un espace où la population est majoritairement urbaine et où la population rurale active exerçant un métier agricole est très minoritaire. C’est d’ailleurs l’Europe qui a été pionnière dans le tourisme rural, qui y a connu un essor important dans les années 1980.

 

 

B. Des fonctions difficiles à concilier ?

 

Question 7 (Documents 6 et 8)

Les parcs nationaux remplissent plusieurs fonctions environnementales :

  • Une fonction patrimoniale de préservation du paysage et des milieux naturels ;
  • Une fonction écologique de protection de la biodiversité végétale et animale (exemple des bisons réintroduits dans le Banff National Park en 2018, doc. 8) ;
  • Une fonction récréative et touristique (dans la perspective d’un écotourisme ou tourisme durable).

 

Question 8 (Documents 6 à 9)

Les différents acteurs de l’espace rural dans l’Alberta sont :

  • L’État, qui administre les parcs nationaux, comme Wood Buffalo et Banff (docs. 6, 7 et 8), et qui est aussi impliqué dans l’exploitation des hydrocarbures, puisque c’est lui qui attribue des autorisations d’exploitation ou de construction d’oléoducs et de gazoducs ;
  • La population résidente, y compris la population autochtone (docs. 6 et 7) ;
  • Les acteurs économiques de l’industrie pétrolière et gazière, notamment Fort McMurray, qui est une « zone de service urbaine » (selon l’Encyclopédie canadienne en ligne, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/fort-mcmurray). Plusieurs entreprises du secteur sont nommées, comme « le consortium sino-canadien Teck Ressources » (doc. 7) ou la société Syncrude (doc. 9), toutes deux spécialisées dans les sables bitumineux ;
  • Les salariés de cette industrie, comme l’a été Warren Simpson, cité dans le doc. 7 ;
  • Un acteur institutionnel international, l’UNESCO, puisque le parc national Wood Buffalo est inscrit au patrimoine mondial depuis 1983.

Leurs usages de l’espace rural peuvent être contradictoires dans la mesure où la protection des espaces naturels par des parcs nationaux peut s’opposer à l’usage industriel de l’espace par l’industrie des hydrocarbures. Cette contradiction apparaît dans l’article du Monde (doc. 7), qui signale la difficile compatibilité entre la préservation du parc national Wood Buffalo et l’exploitation de sables bitumineux à proximité. Un même acteur peut d’ailleurs avoir deux usages contradictoires d’un même espace : l’État, par exemple, administre les parcs nationaux, ce qui correspond à une fonction environnementale des espaces ruraux, et, dans le même temps, attribue des autorisations d’extraction aux sociétés pétrolières spécialisées dans les sables bitumineux.

 

Question 9 (Document 10)

Ces trois acteurs des espaces ruraux ont des priorités différentes mais qui peuvent aussi se rejoindre :

  • Les néoruraux et les anciens ruraux privilégient la fonction résidentielle et environnementale des espaces ruraux. Il s’agit d’un cadre de vie qu’ils entendent préserver, y compris pour protéger sa fonction agricole contre la fonction industrielle ; 
  • Les élus ont pour rôle d’administrer les territoires ruraux, et d’y encourager le développement économique. Dans le doc. 10, il est question d’un projet industriel de carrière qu’ils veulent autoriser, suscitant l’opposition de résidents. 

 

Question 10

Changer d’échelle : du national au mondial. 

On peut proposer une typologie pour les conflits d’usage dans les espaces ruraux, en fonction de plusieurs critères : le niveau de développement et d’urbanisation du pays, la présence de ressources énergétiques et / ou minières à exploiter, et la présence de populations autochtones ayant des droits spécifiques :

  • Dans les pays développés et urbanisés, les conflits d’usage ruraux sont souvent liés à la forte multifonctionnalité rurale, avec des recours institutionnels ; 
  • Dans les pays peu développés et peu urbanisés, il y a un maintien des conflits traditionnels entre agriculteurs et éleveurs, de même que des conflits sur la terre liés à l’insécurité foncière (notamment en Afrique subsaharienne) ;
  • Dans les pays développés, émergents ou peu développés, des conflits sont liés à l’exploitation des ressources énergétiques et / ou minières (conflits entre industriels, résidents, agriculteurs). Dans les pays développés et émergents, le système institutionnel offre davantage de possibilité de recours juridiques. Un cas particulier est celui des espaces ruraux où vivent des populations autochtones qui se sont vus reconnaître des droits spécifiques (exemple en 2019 des Waorani en Équateur, qui ont réussi à empêcher une exploitation pétrolière sur leurs terres).

Pour aller plus loin

  • Le site statistique officiel Statistique Canada www.statcan.gc.ca est une mine d’informations, de données et de cartes (en français et en anglais). 
  • Pour consulter des cartes officielles sur la population :

https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/91-214-x/2018000/section04-fra.htm

  • Pour des explications sur les sables bitumineux, leur exploitation et ses impacts environnementaux, on pourra consulter les ressources en ligne suivantes :

Synthétiser en images 

Les mutations des espaces ruraux de Toscane

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Exercice d’application

Étape 1.

  • On peut utiliser des figurés des couleurs suivantes :
    • Une couleur violette / bordeaux pour représenter le vignoble (logique de similitude avec la couleur du raisin ou du vin) ;
    • Une couleur verte pour les parcs naturels (logique de similitude, couleur générique pour symboliser la « nature ») ;
    • Une couleur symbolisant le danger (rouge ou autre couleur chaude).

 

Étape 2

  • Si on utilise des minuscules pour les lieux autres que les grandes régions et pays d’origine des flux touristiques, on utilisera des majuscules pour ces derniers, avec éventuellement une autre couleur. En effet, il est préférable de différencier sur le plan typographique les toponymes de natures différentes. On peut aussi, dans le cas de ces flux, se contenter de les représenter par une flèche signalant des mobilités touristiques nationales et internationales, sans indiquer les origines (pour ne pas surcharger le croquis).

 

Étape 3.

  • On peut proposer le titre problématisé suivant : 
    • Comment l’espace rural toscan s’organise-t-il ?
  • Quelques documents de l’étude de cas peuvent aider à construire le croquis :
    • Le doc. 1, pour ses précisions sur la localisation de la région de Chianti et la provenance de la clientèle (« clientèle étrangère ») ;
    • Le doc. 3, qui montre la localisation des districts où l’agritourisme est le plus développé ;
    • Le doc. 6 et le doc. 9, qui permettent de localiser des conflits d’usage, à Carrare et à San Casciano.

Les espaces ruraux canadiens : une multifonctionnalité marquée

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Exercice d’application

Le corrigé proposé représente davantage d’informations que ce que demande le plan à trous proposé, dans le cas où il serait proposé aux élèves de compléter l’étude de cas par une recherche plus poussée. Mais les informations fournies dans les documents peuvent suffire à produire un croquis complet avec sa légende.

 

Étape 1.

  • On peut utiliser des figurés des couleurs suivantes :
    • Les hydrocarbures peuvent être représentés par une couleur foncée (logique de similitude) : gris, marron, ou un violet pour le distinguer d’un autre figuré qui est déjà d’un ton foncé ;
    • Les surfaces agricoles peuvent être représentées avec des tons qui rappellent les cultures (vert clair ou bleuté) ;
    • Un conflit peut être représenté par une couleur chaude (rouge, couleur la mieux vue par l’œil humain).

 

Étape 2.

  • Le toponyme indiquant l’océan est en bleu, contrairement à la plupart des toponymes que l’on écrit en noir.
  • Si on utilise des caractères minuscules pour les autres lieux, on écrira en majuscules les noms des grandes régions. En effet, il est préférable de différencier sur le plan typographique les toponymes de natures différentes. 

 

Étape 3.

  • On peut proposer le titre problématisé suivant :
    • En quoi la multifonctionnalité des espaces ruraux canadiens s’affirme-t-elle tout en générant des conflits ?
  • Pour construire le croquis, on peut s’appuyer sur plusieurs documents de l’étude de cas :
    • Les docs. 1, 2 et 6, puisque ce sont des croquis, les informations sont donc déjà cartographiées ;
    • Les docs. 4 et 5, qui permettent de localiser un développement important de l’agritourisme au Québec ;
    • Les docs. 7, 8 et 9, qui permettent de localiser un conflit d’usage et des problèmes environnementaux en Alberta.

 

Grand Angle : Une affirmation inégale de la multifonctionnalité dans les espaces ruraux

Présentation de la carte

La carte synthétise à l’échelle mondiale quelques informations sur les espaces ruraux dans le monde :

  • Le pourcentage de ruraux dans la population est représenté par des surfaces colorées vertes de différentes intensités, ce qui permet de distinguer 4 niveaux. Ce pourcentage est corrélé de façon assez générale au niveau de développement des pays ;
  • Le pourcentage de la population active travaillant dans l’agriculture est représenté par des densités inégales de points jaunes, et trois niveaux sont distingués. De façon générale, il y a aussi une corrélation entre la part d’actifs agricoles, le niveau d’urbanisation, et le niveau de développement.
  • Quelques figurés ponctuels ajoutent quelques informations supplémentaires (conflits d’usages et conflits environnementaux).

 

Les trois photographies montrent des espaces ruraux qui font l’objet d’enjeux variés et sont localisés dans des pays aux niveaux de développement différents :

  • La photographie n°1 montre un espace rural dans un pays émergent, le Pérou (pays intermédiaire en termes de développement), sur l’île d’Amantani où le tourisme représente un complément de revenu essentiel pour les habitants ;
  • La photographie n°2 montre une activité agricole, le séchage du riz, effectuée de manière traditionnelle au Népal, un pays pauvre où la majorité de la population reste rurale (80 % en 2018) et pratique l’agriculture ;
  • La photographie n°3 montre un conflit d’usage dans un espace rural en Allemagne, pays parmi les plus développés du monde : il s’agit d’une mobilisation contre un projet d’agrandissement d’une mine de charbon, ce qui témoigne d’un conflit entre la fonction de préservation de l’environnement et la fonction productive industrielle de cet espace rural.

Cours 1 : Une inégale diversification des fonctions

Résumé des grandes idées du cours 

A. De la multifonctionnalité agricole à la multifonctionnalité rurale.

L’agriculture est déjà intrinsèquement une activité multifonctionnelle, par sa dimension productive, mais aussi par ses fonctions environnementales (gestion des ressources), patrimoniales (préservation des paysages) et sociales. Elle reste l’activité économique dominante dans les espaces ruraux des Suds, mais dans les Nords, où les sociétés sont urbanisées, seule une petite minorité d’actifs, même parmi les ruraux, ont une profession agricole. La pluriactivité des agriculteurs se développe, et les fonctions des espaces ruraux se diversifient.

 

B. Une industrie parfois puissante en milieu rural. 

Diverses industries sont présentes dans les espaces ruraux depuis longtemps, sous des formes plus ou moins artisanales ou au contraire mécanisées : industrie textile, agro-alimentaire, minière. Certains espaces ruraux sont dynamisés par une organisation efficace des activités industrielles, notamment dans le cadre de systèmes productifs locaux (chapitre 4).

 

C. Un essor des fonctions résidentielle et récréative. 

Une économie présentielle se développe autour de la fonction résidentielle de espaces ruraux. Elle correspond à l’ensemble des services dont les résidents ruraux ont besoin de façon quotidienne.

Présentation des documents 

Document 1

Cette image satellitale illustre une diversité d’usage des espaces ruraux :

  • Un usage agricole : on voit de nombreuses parcelles cultivées, et un corps de ferme au Nord-Ouest ; 
  • Un usage résidentiel : des lotissements sont construits, très probablement sur d’anciennes terres agricoles ;
  • Des activités économiques liées à l’économie présentielle : distribution (supermarchés), services publics (« administration locale »), restauration, concessionnaires automobiles ; 
  • Un usage récréatif : piscine, aquarium, golf (dont on voit une petite partie au Sud-Ouest) ; 
  • Un usage environnemental : on voit que quelques aires boisées et haies sont préservées.

 

Document 2

« L’agritourisme pour valoriser les oliveraies en Tunisie », extrait d’un article de Pierre Magnan dans FranceTVInfo (11 août 2018). L’article évoque le potentiel de l’agritourisme en Tunisie sur le modèle européen, jusqu’à présent peu exploité (le pays a jusqu’à lors plutôt misé sur un tourisme balnéaire de masse et sur ses sites archéologiques). Il s’agit en effet de mettre en place une valorisation touristique autour des oliveraies et de l’huile d’olive, comme l’Italie a pu le faire. On peut se référer à l’étude de cas sur la Toscane, pour voir précisément comment cette mise en tourisme a pu être organisée.

Rubrique 

Prolongement numérique le Hobbiton Movie Set. Il s’agit d’une mise en tourisme originale d’un site rural, qui a été aménagé pour le tournage des scènes extérieures au village des hobbits. Il se situe en Nouvelle-Zélande. Peter Jackson y a réalisé la dernière adaptation au cinéma de la trilogie du Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien.

On pourra consulter le site : https://www.hobbitontours.com/en/.

Cours 2 : La multifonctionnalités des espaces ruraux, entre dynamisation et conflits

Résumé des grandes idées du cours 

A. La multifonctionnalité, un facteur de dynamisation. 

Dans les pays en développement ou émergents, des emplois non agricoles se créent dans les espaces ruraux pour répondre à la demande urbaine, notamment en produits alimentaires transformés. Dans les pays développés et urbanisés, la multifonctionnalité des espaces ruraux permet de dynamiser les espaces ruraux en y maintenant des habitants, des services et des activités économiques. 

 

B. Préserver les environnements et les paysages ruraux. 

Les fonctions résidentielle, récréative et touristique, sont liées au cadre de vie spécifique qu’offre l’espace rural. Elles participent à l’essor d’une fonction rurale de plus en plus présente, et à la protection des paysages et de l’environnement. Il en résulte une patrimonialisation de certains espaces ruraux, dans les Nords en particulier, mais aussi, et de plus en plus, dans les Suds.

 

C. Des conflits d’usage qui s’affirment. 

La multifonctionnalité croissante des espaces ruraux entraîne la confrontation entre des fonctions qui peuvent être contradictoires. Des conflits d’acteurs se déclenchent fréquemment lorsque les fonctions productives des espaces ruraux (agriculture, industrie) semblent s’opposer à leurs fonctions résidentielle, récréative et environnementale. Ainsi des acteurs se mobilisent contre des projets d’aménagement qui représentent des pollutions ou des nuisances. Les Suds sont marqués par des conflits fonciers, et par des conflits d’usage parfois asymétriques (comme, par exemple, lorsqu’une population locale se mobilise contre un grand projet industriel ou minier).

Présentation des documents 

Document 1

Cette photographie date de 2004, année où le Royaume-Uni a interdit la chasse à courre (fox hunting ban), et où des chasseurs se sont mobilisés contre cette interdiction. Un propriétaire terrien utilise ici un de ses champs comme support d’expression contre l’abolition de la chasse à courre. Il est avéré que de nombreux chasseurs ont pourtant continué leurs parties de chasse à courre.

 

Document 2

« Le développement d’une petite industrie exportatrice au Rwanda autour de l’extraction d’huiles essentielles », extrait d’un article publié par Véronique Le Jeune sur France TV info le 24 juillet 2017. La photographie représente un ouvrier recueillant de l’huile essentielle de géranium juste distillée. Ce document témoigne d’un exemple de diversification des activités rurales dans un pays, le Rwanda, où plus de 80 % de la population est rurale et où les deux tiers de la population travaillent dans l’agriculture (en 2018). Il s’agit d’une industrie exportatrice, liée à la transformation d’une production agricole, et offrant des perspectives pour le développement rural.

Rubrique 

Géo-histoire : des conflits d’usage anciens. Il s’agit de mettre en perspective la notion de conflits d’usage : même si la multifonctionnalité actuelle diversifie les conflits d’usage, ceux-ci sont anciens. C’est notamment le cas des conflits qui concernent l’accès à une ressource, en particulier la terre et l’eau. Il est ici fait mention d’un conflit qui a commencé à la fin du Moyen Âge, près d’Avignon, entre le pape, qui fait l’acquisition d’une source dont il veut détourner l’eau vers Carpentras, et ce au détriment des habitants.

(Les élèves pourraient s’étonner que le pape ne réside pas à Rome. Il peut être utile d’expliquer que les papes ont, au XIVe siècle, résidé à Avignon. Clément V, cité dans le texte, est le premier à y avoir résidé).

Pour plus de détails sur le conflit pour l’eau à Carpentras, on pourra consulter l’article de l’historienne médiéviste Valérie Theis, « Histoires d’eau. Les conflits sur l’approvisionnement en eau de Carpentras (XIVᵉ-XVᵉ siècles) », dans la revue Médiévales 53, automne 2007 (lien : https://journals.openedition.org/medievales/3273).Dossier : Les conflits d’usage dans le monde rural

Présentation de l’étude 

Ce dossier présente des cas de conflits d’acteurs ayant des intérêts contradictoires en lien avec l’usage d’un même espace ou d’une même ressource, dans 3 contextes différents :

  • Rosia Montana, un village roumain (partie A) ;
  • PecanWood Estate (partie B, un document), une gated community de luxe au Nord-Ouest de l’Afrique du Sud, à Hartbeesport ;
  • L’Amérique centrale (partie B, deux documents), avec un zoom sur le Honduras.

Présentation des documents

A. Des conflits d’usage qui sont aussi des conflits d’environnement

 

Document 1

Cette carte illustre la présence dans un même espace de plusieurs aménagements concurrents :

  • La concession minière RMGC, qui comprend plusieurs zones : la mine, le bassin de décantation, les déblais miniers ;
  • Le centre historique du village ;
  • La zone historique protégée.

 

Document 2

« Un projet qui divise la communauté locale », extrait d’un article de Mirel Bran, paru dans le quotidien Le Monde du 23 août 2011. Il témoigne des divergences entre plusieurs acteurs :

  • Entre les habitants, dont certains sont paysans, et les industriels de la compagnie minière canadienne Gabriel Resources ;
  • Entre la majorité des habitants, qui ont été convaincus de se déplacer pour aller habiter dans la banlieue d’une ville voisine, et une minorité d’opposants à la mine, qui reste dans le village.

 

Document 3

« Classer pour protéger », extrait d’un article du site d’information écologiste Reporterre, publié le 20 janvier 2016, qui signale le classement du village de Rosia Montana comme « site d’intérêt historique » par le gouvernement roumain, ce qui témoigne d’une stratégie de patrimonialisation de la part des opposants au projet minier.

 

Document 4

Photographie, « Une église engloutie à Rosia Montana ».

 

 

B. Une conflictualité forte dans des espaces en recomposition

 

Document 5

« Un exemple de gentrification rurale : la gated community de Pecanwood, en Afrique du Sud ». Pecanwood Estate est un lieu de villégiature construit autour d’un lac de barrage. Avant de devenir un lieu résidentiel et récréatif de luxe, Pecanwood était une exploitation agricole, tenue par Casper Kruger, petit-fils du président Paul Kruger, qui fut président de la République boer du Transvaal jusqu’à la fin de la deuxième guerre des Boers

 

Document 6

Extrait d’un article publié par Federico Dem Maria dans Mediapart le 21 juillet 2016, « Un conflit d’usage autour des ressources naturelles au Honduras ». Il s’agit d’un conflit autour de l’exploitation d’un fleuve, sacré pour une population indigène, et sur lequel la construction d’un barrage avait été autorisée. Ce conflit a pris une tournure violente avec l’assassinat d’une militante écologiste opposée à la construction du barrage, dans un pays qui a le 2e taux d’homicide volontaire le plus élevé au monde (56,5 pour 100 000 habitants). Si l’article de Mediapart indique que la violence a augmenté à partir du coup d’État de 2009, il faut tout de même indiquer que le taux d’homicide était très élevé avant (3e taux d’homicide en 2005).

 

Document 7

Cette carte montre :

  • La « production hydroélectrique » en 2014 (l’unité est le MW) ;
  • La conflictualité autour des projets de barrage ;
  • Le caractère violent de cette conflictualité (assassinats d’opposants, dans un contexte de pays à fort taux d’homicide volontaire).

Corrigés des questions

Parcours A

 

Question 1 (Documents 1 à 4)

Le projet minier de Rosia Montana met en concurrence différents usages et acteurs de l’espace :

  • Un usage industriel, par la compagnie minière Gabriel Resources (docs. 2 et 3) ;
  • Un usage résidentiel et agricole, par les résidents dont certains sont paysans (doc. 2) ;
  • Un usage environnemental et patrimonial, par les opposants au projet minier et par le gouvernement (docs. 2 et 3). 

Ce projet a des conséquences spatiales et sociales, avérées ou potentielles :

  • Un risque de pollution en raison de l’utilisation de cyanure pour extraire l’or (docs. 2 et 3) ;
  • Une migration résidentielle acceptée par « 80 % des paysans », pour qui la société minière « a construit un quartier entier dans la banlieu de la ville voisine d’Alba Iulia » (doc. 2) ;
  • Un risque d’atteinte au paysage (nivellement de autres montagnes selon le doc. 3) et au patrimoine archéologique (doc. 3).

 

Question 2 (Document 6)

Le conflit autour du projet de barrage sur le Rio Gualcarque au Honduras dépasse l’échelle locale, dans la mesure où il a eu, comme l’indique le doc. 6, une « notoriété internationale », dont témoignent plusieurs faits cités dans l’article :

 

Question 3 (Document 5)

Une recherche est nécessaire pour mieux identifier la gated community Pecanwood. Il faut savoir que le modèle de la gated community (ou quartier résidentiel fermé) est particulièrement répandu en Afrique du Sud, où il répond à un désir de sécurité et d’entre-soi social et ethnique. Dans la mesure où il y a un parcours de golf et où cet aménagement nécessite beaucoup d’eau, on peut imaginer un conflit d’usage sur l’eau du lac, à partager entre les quartiers résidentiels autres que Pecanwood, et des exploitations agricoles.

 

 

Parcours B

 

Question 4

Bien qu’ils se manifestent à une échelle locale, les conflits présentés font intervenir des acteurs de différentes échelles territoriales :

  • Des acteurs locaux, en particulier des résidents, qui peuvent se mobiliser contre un projet qui affecte leur cadre de vie ;
  • Des acteurs nationaux, notamment les gouvernements, qui interviennent pour autoriser ou interdire l’exploitation d’une ressource, ou bien pour mettre en œuvre la patrimonialisation d’un territoire ;
  • Des acteurs institutionnels à d’autres échelles, comme la Commission européenne ;
  • Des acteurs internationaux, comme les firmes transnationales (FTN) industrielles, minières ou énergétiques, et les organisations non gouvernementales (ONG), qui s’efforcent de médiatiser des problèmes locaux à une échelle internationale. 

 

Question 2

Les conflits d’usage augmentent en raison de la diversification des activités et des usages dans les espaces ruraux :

  • Un usage industriel ou énergétique, qui suppose une exploitation des ressources, par exemple : 
    • Une extraction minière (mine d’or de Rosia Montana) ; 
    • La construction de barrages hydroélectriques (Pecanwood en Afrique du Sud, pays d’Amérique centrale comme le Honduras).
  • Un usage résidentiel, par exemple : 
    • Les habitants de Rosia Montana, 
    • Les résidents de Pecanwood, 
    • Les habitants honduriens indigènes autour du Rio Gualcarque.

Un usage de protection de l’environnement et du patrimoine, par exemple :

  • La volonté d’habitants de Rosia Montana et du gouvernement roumain de protéger l’environnement, le paysage et des sites archéologiques ; 
  • La mobilisation de militants écologistes honduriens pour protéger le fleuve qu’ils considèrent comme sacré.

Pour aller plus loin

Pour faire le point sur l’impact et les conflits autour des projets miniers sur les villages roumains de Geamana et Rosia Montana : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/grand-format-bienvenue-a-geamana-le-village-roumain-enseveli-au-fond-d-un-lac-poubelle_3472965.html

 

Apprendre autrement : L’œil du géographe sur la suburb Nord-américaine dans les séries

Présentation de l’étude 

L’idée de cette tâche complexe « Apprendre autrement » est d’aborder un espace hybride, entre périurbain et rural, très présent dans les représentations liées à la culture des séries états-uniennes, à savoir la suburb (le terme renvoie étymologiquement à la banlieue, mais la réalité morphologique est plus proche de notre périurbain). Il s’agit ainsi d’amener les élèves à mobiliser un raisonnement géographique, avec une dimension ludique, aboutissant à une mise en situation.

Présentation des documents et des enjeux

Document 1

Ce document est un premier extrait d’un article scientifique, « Subversive suburbia : L’effondrement du mythe de la banlieue résidentielle dans les séries américaines », publié en 2012 par cinq auteur(e)s (dont Bertrand Pleven, géographe spécialiste des séries) dans la revue TV/Series. Cet extrait expose :

  • Le rôle de la suburb états-unienne dans la représentation d’un espace hybride entre « modernité urbaine » et « idéal de l’habitat agreste » ;
  • Le rôle des premières séries télévisées états-uniennes dans la diffusion culturelle de cet espace comme « cadre éminemment favorable à l’épanouissement de la famille », une famille obéissant au modèle patriarcal ;
  • Les premières critiques de la figure de la suburb, comme un espace carcan en particulier pour les femmes.

Deux images accompagnent cet extrait. Utilisées comme illustration dans le même article source, elles sont tirées de deux séries différentes, et représentent deux paysages suburbains :

  • Une capture d’écran de l’épisode pilote de Desperate Housewives (2004-2012), dans une suburb fictive inspirée des quartiers périurbains aisés américains, où un groupe d’amies, femmes au foyer, vivent un quotidien peu épanouissant ; 
  • Une capture d’écran de la 4 saison de Dexter (2006-2013), qui se déroule à Miami. Dexter, le personnage principal, est un tueur en série.

 

Document 2

Ce document est un deuxième extrait de l’article scientifique « Subversive suburbia : L’effondrement du mythe de la banlieue résidentielle dans les séries américaines », publié en 2012 par cinq auteur(e)s dans la revue TV/Series. Dans cet extrait, les auteurs expliquent en quoi les séries états-uniennes, en particulier Desperate Housewives, dans les années 2000, portent un regard de plus en plus critique sur la suburb comme cadre spatial idéal de l’American way of life. Elles jouent du ressort de la discordance entre, d’une part, cet espace qui « incarne le bonheur domestique d’une communauté de voisinage dans laquelle la vie familiale peut s’épanouir librement », et d’autre part les événements violents qui s’y déroulent, ainsi que la détresse des personnages.

 

Document 3

Générique visuel et musical de la série Weeds (2005-2012), dont le personnage principal est une mère au foyer qui devient dealeuse de cannabis. Le cadre est la gated community (voir chapitre 2) Agrestic, dont le nom évoque bien l’idéal rural auquel se rattache l’univers de la suburb, et « renvoie d’emblée à un sentiment antiurbain très fort » (article d’Anne Bossé et Laurent Devisme, « Agrestic, ton univers impitoyable. La série américaines Weeds », paru en 2011 dans la revue scientifique en ligne Métropolitiques). Il s’agit d’une gated community fictive, située en Californie (la série a été tournée avant la légalisation de l’usage récréatif du cannabis, votée en 2016 et entrée en vigueur en 2018). Ce générique a été celui de la série pendant les 3 premières saisons et la 8ᵉ. La chanson Little boxes, de Malvina Reynolds, fait écho au paysage uniforme de la suburb que l’on voit en vue aérienne. 

Corrigés des questions

Étape 1.

  • La suburb est un type d’espace périurbain résidentiel, très étalé, composé de maisons individuelles avec jardin, où vit une population appartenant aux classes moyennes et aisées, qui s’est développé après la Seconde Guerre mondiale. Cet espace peu dense s’est construit en lien avec le développement d’un système d’autoroutes étendu, et de grandes zones de commerces et de loisirs, les malls. La suburbanisation est ainsi intrinsèquement liée à une mobilité fondée sur la voiture individuelle. Selon le site Géoconfluences, la population suburbaine « concentre aujourd'hui 62 % de la population totale » aux États-Unis. La suburb états-unienne correspond globalement au périurbain français. 
  • La représentation de la suburb dans les séries états-uniennes a évolué depuis les années 1950 :
    • La suburb états-unienne y est représentée comme un espace hybride entre « modernité urbaine » et « idéal de l’habitat agreste ». Les premières séries télévisées états-uniennes, dans les années 1950 et 1960, comme Leave it to Beaver, diffusent généralement une image de cet espace comme « cadre éminemment favorable à l’épanouissement de la famille », une famille obéissant au modèle patriarcal qui incarne « la perfection familiale » (document 1) ;
    • Cependant, dès les années 1950, certaines séries, comme I Love Lucy, amorcent une première critique de la figure de la suburb, qui apparaît comme un carcan social en particulier pour les femmes, enfermées à la fois dans cet espace et dans leur rôle de mères au foyer (document 1) ; 
    • Cette vision critique se développe dans les séries états-uniennes des années 2000 et 2010, comme Desperate Housewives, Dexter ou Weeds, qui portent un regard de plus en plus critique sur la suburb. Elles jouent de la tension narrative entre, d’une part, ce cadre de vie en apparence idéal et enviable, et d’autre part la violence des sentiments et des rapports humains.

 

Étape 2.

  • Le générique de Weeds met en avant la standardisation du mode de vie suburbain : la chanson Little boxes, de Malvina Reynolds, qui compare les maisons à des « petites boîtes » et moque l’uniformisation des personnes et de leurs vies (« they all look just the same »), fait écho au paysage uniforme de la suburb que l’on voit d’abord en vue aérienne. Elle met en scène un univers fait de la réplication des mêmes maisons, des mêmes personnages qui font le même jogging, boivent le même café, partent de leur suburb au même moment, conduisent le même SUV. En une minute de générique, l’auteur met ainsi en avant un point de vue critique et satirique, qui traduit une forme de désenchantement.
  • Ce désenchantement, qui touche au cadre de vie suburbain, s’étend à l’American way of life, dans la mesure où ce cadre concentre de nombreux symboles de ce mode de vie. En effet, la maison individuelle cossue et spacieuse, loin des centre-villes appauvris, est un signe de réussite sociale, économique et familiale, de même que le SUV (sport utility vehicle) et que le jardin avec sa pelouse verte. Comme l’indique le doc. 2, « l’ensemble des éléments qui constituent l’American way of life sont ici soigneusement remis en question ». 

 

Étape 3. 

  • Les élèves peuvent choisir, pour le tournage de leurs scènes, un paysage périurbain ou qui peut, avoir l’air périurbain - un lotissement qu’on peut trouver dans une commune rurale, dans une banlieue, dans une commune périurbaine.
  • De nombreuses idées de conflits d’usage peuvent être utilisées comme point de départ de l’intrigue :
    • La création d’une route, d’une voie ferrée ;
    • La construction d’un immeuble de logement social ;
    • Un aménagement sportif ou de loisir (terrain de foot, de basket) qui induit la peur que ce soit bruyant ;
    • Une fermeture résidentielle pour former une « gated community ».

À partir de l’annonce de cet aménagement dans la communauté suburbaine, un conflit peut opposer ceux qui sont favorables et ceux qui sont défavorables à cet aménagement. 

Les séries citées offrent des exemples de tels conflits liés à un aménagement. Ainsi, dans la saison 7 de Desperate Housewives, un conflit éclate à propos de la décision d’un habitant, Paul Young, d’ouvrir un centre de réinsertion pour ex-détenus, projet auxquels ses voisins s’opposent.

Pour aller plus loin

  • Lien vers l’article source, de Gérald Billard, Arnaud Brennetot, Bertrand Pleven, Amandine Prié et Donna Spalding Andréolle, « Subversive suburbia : L’effondrement du mythe de la banlieue résidentielle dans les séries américaines », TV/Series [En ligne], 2 | 2012, mis en ligne le 01 novembre 2012 : 

http://journals.openedition.org/tvseries/1356 

  • Lien vers un article d’Anne Bossé et Laurent Devisme, « Agrestic, ton univers impitoyable. La série américaines Weeds », paru en 2011 dans la revue en ligne Métropolitiques

https://www.metropolitiques.eu/Agrestic-ton-univers-impitoyable.html

 

Méthode de la question problématisée : Rédiger le développement

Présentation de la méthode

D’après la définition des épreuves du baccalauréat 2021, la réponse à la question problématisée (première partie de l’épreuve), est « une réponse rédigée et construite », où « le candidat doit montrer qu’il a acquis des capacités d’analyse, qu’il maîtrise des connaissances, sait les sélectionner et les organiser de manière à répondre à la problématique de la question ». 

 

Il s’agit ici d’amener les élèves à l’étape de la rédaction du développement. La page méthode donne quelques repères et principes pour l’organisation du raisonnement et pour la présentation visuelle de la copie, de manière à sécuriser les élèves dans leur progression.

Il est essentiel pour les élèves de comprendre que la rédaction du développement implique d’avoir au préalable construit le plan détaillé au brouillon. A partir de ce plan détaillé, les élèves peuvent se lancer dans la rédaction : 

  • Les titres des parties et des sous-parties sont repris pour formuler leurs phrases introductives ;
  • Une sous-partie constitue un paragraphe construit à partir d’une idée. C’est un bloc de texte sans retour à la ligne (on ne revient pas à la ligne parce qu’on estime avoir écrit « assez long ») ;
  • Un paragraphe se compose :
    • D’une phrase introductive qui expose l’idée qui sera développée ;
    • D’un ou plusieurs exemple(s) précis à travers le(s)quel(s) l’idée est développée ;
    • D’une conclusion partielle.
  • Penser à faire précéder les parties et sous-parties d’un alinéa, et à les terminer par un retour à la ligne ;
  • Penser à soigner l’expression, à utiliser les connecteurs logiques à bon escient, à rédiger des transitions entre les parties ;
  • Penser à remobiliser les termes clefs du sujet et de la problématique. 

 

Une idée pour tester cette étape de la rédaction du développement : si les élèves lisent la copie d’un camarade (ou relisent leur propre copie lors d’un travail de correction), peuvent-ils facilement reconstituer le plan détaillé à partir de la copie rédigée ?

Exercice d’application

Sujet : Les campagnes des Nords et des Suds présentent-elles les mêmes enjeux ?

 

Idées

Exemples

B

A

C

D

F

E

 

G

 

Sujet : Quelles sont les évolutions et dynamiques des espaces ruraux ?

 

Observations :

  • Il manque des alinéas avant les parties et les sous-parties ;
  • Il ne doit pas y avoir de retour à la ligne en cours de paragraphe ;
  • Les exemples sont trop vagues ;
  • Les échelles sont insuffisamment variées, il faut des exemples à l’échelle locale.

Sujets supplémentaires

  • Diversification des activités et conflits dans les espaces ruraux.
  • Les conflits d’usage ruraux dans le monde.

Sujet BAC

Question problématisée 

 

Le festival de Woodstock eut lieu aux États-Unis en 1969, sur les terres d’un fermier. L'événement emblématique de la culture hippie est mondialement connu et illustre le caractère non uniquement agricole du monde rural. En quoi les espaces ruraux, c’est-à-dire les campagnes, sont-ils multifonctionnels, c’est-à-dire abritent-ils de nombreux usages ? L’agriculture perdure (I) mais les espaces ruraux sont aussi industriels (II) ; surtout, ils se tertiarisent (III). 

 

 

Les campagnes restent largement agricoles. L’agriculture est de loin l’activité qui occupe le plus d’espace en milieu rural et ce dans tous les États. Si dans les pays développés cette activité ne représente plus que 2 à 3 % des emplois et du PIB au maximum, dans de nombreux États du Sud, comme l’Inde, plus de 40 voire plus de 70 % des habitants du rural dépendent de l’agriculture pour leur survie. C’est en particulier le cas en Afrique subsaharienne. 

 

Cependant les campagnes sont également industrielles. Cette industrie est traditionnelle, avec la production textile près des élevages de moutons ou des champs de lin et de coton ; une petite industrie agroalimentaire et mécanique ou de construction existe également (briqueteries en Inde). Mais les campagnes se sont industrialisées à l’âge industriel en Europe (fin du XIXe siècle) et dans les périodes de forte croissance des pays du sud. Le foncier, peu cher, permet d’attirer les investisseurs en quête de vastes terrains pour des usines générant des nuisances. En outre, de petits districts peuvent se spécialiser : c’est le cas de l’Italie du Nord, avec une industrie du vêtement et des chaussures. 

 

De manière plus récente, les campagnes connaissent une tertiarisation, liée à une diversification de leurs activités. Le rural vit d’une économie présentielle c’est-à-dire de l’accueil d’habitants et de touristes, à qui il faut offrir des services. En Toscane, aux États-Unis, mais aussi dans le Kerala (en Inde) ou en France, l’écotourisme se développe. En outre, le rural se voit assigner une fonction de nature, avec les espaces protégés comme les grands parcs états-uniens (Yosemite, Yellowtsone) en témoignent. 

 

 

Ainsi le rural est-il largement agricole mais il connaît une importante diversification, industrielle et tertiaire. Le monde entier est concerné par cette multifonctionnalité même si le phénomène est plus abouti dans les pays du Nord. Cette multifonctionnalité ne va pas sans heurts : la coexistence de différentes activité n’est pas toujours pacifique mais peut générer des conflits d'usages comme entre agriculteurs, touristes et habitants autour de l’usage de l’eau sur les côtes rurales de la Méditerranée (en Espagne de l’est, en Tunisie, etc.). 

 

 

Analyse de documents 

 

« En Afrique, le Maroc fait figure de pionnier des énergies renouvelables » d’après le document 2, ce qui montre bien à quel point les espaces ruraux sont au cœur des logiques de transition énergétique. Les deux documents fournis insistent sur le rôle du rural en matière écologique : le premier est une photographie de paysage montrant un parc éolien dans la province de Guanacaste au Costa Rica, pays ayant misé depuis longtemps sur le développement durable pour se développer et attirer ; le second document est un article de presse issu du journal La Tribune, du 30 novembre 2018. Il décrit l’avancée de l’électrification rurale à travers l’exemple du Maroc et les efforts de ce dernier en matière écologique (fermes solaires). L’expression transition écologique désigne le passage d’une situation ancienne marquée par le recours à de nombreuses énergies fossiles non renouvelables à une situation nouvelle (pour l’heure future) où les énergies renouvelables remplaceront les précédentes. En quoi les espaces ruraux jouent-ils un rôle clé dans les transitions énergétiques à l’échelle mondiale ? Les énergies sont d’abord source de développement pour le rural (I), mais leur exploitation pose question et génère des conflits (II). 

 

 

Les énergies permettent le développement des territoires et notamment des espaces ruraux. Elles peuvent créer des emplois et attirer de nouvelles populations, y compris qualifiées (les éoliennes du document 1 doivent être entretenues). Cela peut se traduire par un renouveau rural, avec une hausse démographique dans certaines régions, mais également par la création de nouvelles infrastructures en termes de desserte notamment (route, chemin de fer..).

Les énergies produites dans le rural permettent également un accès à l’électricité, source de développement pour les populations environnantes. L’électricité permet en effet de conserver la nourriture (réfrigérateurs), d’acheminer de l'eau (via des pompes) pour la consommation domestique ou pour l’irrigation, de se chauffer et de s’éclairer sans corvée de bois. Des progrès en matière de santé et d’éducation peuvent en découler. C’est en ce sens que le Maroc est devenu un modèle africain de développement (document 2) puisqu’aujourd’hui une large partie du pays est électrifiée et que l’objectif est de 99,99% d’ici à 2019. 

 

Mais les énergies peuvent aussi générer de la pollution, en particulier les énergies fossiles comme le pétrole, le gaz et le charbon. Les États, y compris du Sud, promeuvent donc le développement d'énergies renouvelables : éoliennes (document 1), panneaux photovoltaïques et centrales solaires (document 2). Ces petites structures ont l'avantage de favoriser la connexion au réseau local des hameaux isolés, ce qui est plus difficile pour des centrales classiques. Les énergies renouvelables peuvent donc favoriser le développement des campagnes. 

Cependant elles peuvent également provoquer des conflits d’usages. Ainsi dans le document 1, le parc éolien constitue une nuisance paysagère pour les habitants mais aussi pour d'éventuels touristes ; le développement du secteur énergétique freine ici celui de l'agrotourisme. Il en va de même au Maroc avec l’énergie solaire (document 2), même si l'électricité est nécessaire pour faire venir des touristes. En outre, l’emprise au sol d'infrastructures comme les éoliennes réduit la place disponible pour les cultures (document 1) ; des habitants peuvent avoir été déplacés. 

 

 

Ainsi les espaces ruraux, plus tardivement électrifiés, sont aujourd’hui moteurs, y compris dans les Suds, des transitions énergétiques, notamment grâce à leur faible densité, qui s'accommode d'infrastructures plus petites, et grâce au prix plus faible du foncier. L’essor des énergies renouvelables permet d’aller vers un développement plus durable, même s’il ne faut pas oublier leurs nuisances paysagères, qui peuvent créer des conflits d’usages. 

Présentation de la méthode

Pour le croquis :

 

Étape 1 : Analyser le sujet 

  • Lister les informations à représenter et les figurés, se poser la question de ce qui est représentable. Il se peut que des informations ne puissent pas être facilement représentées sur un croquis. On peut trouver une stratégie pour les suggérer, ou bien devoir les abandonner. Par exemple, pour un croquis à une échelle nationale, des informations sur les recompositions à l’échelle des espaces urbains (ex. : ségrégation socio-spatiale) peuvent difficilement être retenues.

 

Étape 2 : Construire la légende

Elle doit être organisée selon un plan. Le plan peut être thématique ou obéir à une progression logique. Exemple :

  1. État des lieux
  2. Facteurs explicatifs
  3. Limites / solutions

Il est conseillé d’organiser les parties en sous-parties.

Formuler la problématique.

 

Étape 3 : Faire le croquis

  • Sur le fond de carte, représentez les figurés dans l’ordre suivant :
    • Aplats au crayon de couleur (sans trop appuyer) ;
    • Hachures ou autres figurés de surface à poser sur les aplats ;
    • Figurés ponctuels au feutre fin ;
    • Figurés linéaires au feutre fin.
  • On ajoute les toponymes à la fin, en noir sauf les noms de cours d’eau et de mers ou d’océans, qui eux sont à écrire en bleu.
  • La priorité est la clarté et la lisibilité du croquis : il est important de ne pas saturer la couleur pour les fonds, et de ne pas surcharger le croquis.

Exercice d’application

Une recherche semble nécessaire pour localiser certains éléments. Le texte n'est pas totalement suffisant.

Informations spatialisées dans le texte et pouvant être cartographiées :

  • L’agglomération de Madrid ;
  • La région de Murcie ;
  • L’espace de culture exportatrice de fruits et légumes, au Sud-Est de l’Espagne ;
  • Les fleuves Tage et Segura ;
  • L’aqueduc entre ces deux fleuves (la localisation précise peut faire l’objet d’une recherche supplémentaire) ;
  • Les bassins de Buendia et Entrepreñas (localisation à rechercher).

Corrigé du croquis 

Le croquis corrigé sera bientôt disponible.

 

Construction de la légende :

 

  1. Le Tage, un fleuve très aménagé…
  • Retenues d’eau (bassins) : figuré ponctuel (forme de crochet ou de parenthèse) : voir localisation en annexe : barrages de Buendia, Valdecanas et Alcantara ;
  • Aqueduc Tage-Segura : figuré linéaire bleu en pointillés : voir localisation en annexe
  • (flèche) adduction d’eau (le long de l’aqueduc - à enlever si redondance inutile)

 

  1. … Pour répondre aux besoins des populations et de l’agriculture…
  • Agglomération de Madrid, espace urbain le plus peuplé d’Espagne : figuré ponctuel rond rouge 
  • Espace de cultures exportatrices de fruits et de légumes : figuré de surface, aire colorée (vert clair ?), englobant El Ejido, Almeria et Murcie

 

  1. … qui exercent une pression excessive sur la ressource en eau
  • Un fleuve au débit trop faible, affecté par l’eutrophisation… : repasser le tracé du fleuve en violet
  • … et la pollution (issue de l’agglomération de Madrid) : petites flèches marron ou aire marron en transparence ou en petits points, signifiant la diffusion de la pollution à partir de Madrid.

Sujets supplémentaires

  • Exemple d’un conflit d’usage entre agriculteurs et éleveurs dans un pays sahélien ;
  • Exemple d’un conflit environnemental sur un projet d’exploitation minière, énergétique ou forestière (ex : exploitation d’uranium dans le bush australien).

Posté par Lycee Francois 1 à 14:27 - Permalien [#]

PREMIERE : Mutations agricoles et recompositions des espaces ruraux en Inde

Mutation agricoles et recompositions des espaces ruraux en Inde 

 

Présentation de l’étude 

L’Inde, géant démographique, est encore un pays à majorité rurale. Il a connu la Révolution verte, qui lui permet de nourrir sa population. Mais ses campagnes connaissent aujourd’hui de profondes recompositions. 

Présentation des documents

Document 1 

Ces deux cartes thématiques par aplats de couleurs présentent l’ampleur de la ruralité en Inde, avec un pays majoritairement rural et des régions très agricoles. Les deux cartes se recoupent, avec une ruralité agricole plus marquée au centre-nord de l’Inde, au nord de la péninsule du Deccan. 

 

Document 2

Cette infographie présente les chiffres-clés de l’agriculture indienne, l’une des plus puissantes du monde en valeur absolue mais qui souffre d’une productivité limitée ; le secteur emploie beaucoup de main-d’œuvre mais l’État doit verser des aides alimentaires. Le manque de terres arables et d’eau explique le phénomène du land-grabbing (acquisition de terres à l’étranger). 

 

Document 3

Cette photographie peut choquer l’élève par son caractère archaïque alors même que la prise de vue est récente (fin 2018). Elle a été prise au nord-ouest du pays dans une zone plutôt développée, le Punjab. Pourtant les hommes battent le riz à la main. La composition perpendiculaire donne son charme à la photographie : les 4 batteurs constituent des horizontales (avec leurs bottes de riz, qui nuancent quelque peu cette verticalité) tandis que la petite table et le baril sont des axes structurants horizontaux. 

 

Document 4

Cet extrait d’article scientifique émane d’une géographe française spécialiste de l’Inde (et plutôt des espaces ruraux, à travers les plantes), et auteur de la documentation photographique sur ce pays. L’auteure présente le développement du tourisme rural, ses modalités (notamment le référencement sur Internet) et ses conséquences (destruction d’écosystèmes et de paysages, changement d'activités, congestion des axes de circulation). 

 

Document 5

Cette photographie fait écho à celle du document 3, présentant là encore une Inde peu moderne. Des briques sont moulées à la main. Cette activité, artisanale, génère d’importantes nuisances à proximité des villes, dans cet entre-deux qu’est le périurbain. 

 

Document 6 

Ce document est un extrait d'article de vulgarisation émanant de l’un des plus grands géographes spécialistes de l’Inde français. François Durand--Dastès y reprend la théorie de Pierre Gourou sur les civilisations du riz, élaborée à partir du cas du delta du Tonkin. Le riz permet tout autant qu’il requiert de fortes densités. De petites exploitations peuvent être rentables et engendrer du développement. En revanche la moindre réduction de la superficie de culture, consécutive par exemple à une hausse de la population et/ou à une division par héritage, a des conséquences très néfastes. À l’Inde gagnante de la révolution verte, majoritaire puisque la production a augmenté plus vite que la population, s’oppose une Inde de l’intérieur plus en difficulté et qui continue de se marginaliser. L’auteur souligne aussi que la nécessité de nourrir les hommes continue de passer avant la durabilité. Cela devrait se poursuivre avec la croissance démographique (voir étude de cas sur les inégalités et le développement en Inde dans le manuel de Seconde). 

 

Document 7 

Ce tableau statistique est à corréler au document précédent : il montre l'extrême morcellement de la propriété foncière rurale en Inde. Les chiffres peuvent être mis en perspectives avec le cas français : l’exploitation moyenne y dépasse 50 ha tandis que 99,3 % des exploitations indiennes n’atteignent pas 10 ha (soit cinq fois moins). 85 % des exploitations font moins de 2 ha, soit moins que 1/25 de la moyenne française, etc.

 

Document 8

Ce tableau statistique montre le retard d'alphabétisation de l’Inde (la plupart des pays développés dépassent 99 %) et les inégalités hommes-femmes (voir aussi l’étude de cas en seconde dans le thème 2 sur les inégalités et le développement en Inde) mais aussi entre villes et campagnes. Les femmes en milieu rural sont victimes d’une marginalisation redoublée : leur faible taux d'alphabétisation (bien qu’il ait beaucoup progressé ces dernières décennies) s'explique d’une part par le fait que ce sont des femmes et d’autre part par le fait qu’elles vivent en milieu rural. 

 

Document 9 

Cette photographie présente une technique traditionnelle pour maintenir la fertilité des terres en zone tropicale. La culture sur brûlis suppose de brûler les reste de la récolte afin de refertiliser le sol. Mais cela dégage des particules et la croissance urbaine fait que les villes sont toujours plus touchées. La pratique peut alors être interdite mais l’État indien n’a pas les moyens de faire appliquer cette interdiction ; faute d’alternative (modernisation par exemple), les populations font au mieux pour se nourrir, etc.

 

Document 10 

Cet extrait d’un site officiel français, celui du Ministère de l'Agriculture, montre l’interventionnisme de l’État indien pour soutenir son agriculture et ses milieux ruraux, avec ses succès (triplement de la production de céréales en un peu plus d’un demi-siècle). La question de la sécurité (ou de l’indépendance, ou de l’autosuffisance) alimentaire est crucial en Inde ; d’où le contrôle des importations comme des exportations. Les subventions agricoles indiennes sont en partie contestées par des pays développés au nom du libre-échange promu par l’OMC (cf cycle de négociations de Doha). 

 

Document 11 

Ces deux photographies présentent des conflits d’usage. La première souligne le problème des expropriations, avec une opposition entre les pouvoirs publics (locaux ici) et les habitants et usages des terres rurales : les premiers souhaitent développer les villes quand les seconds veulent maintenir leur lieu de vie traditionnel. La seconde photographie présente le problème de la pauvreté rurale, avec des agriculteurs endettés et des prix ne leur permettant pas de vivre (problématique que l’on retrouve aussi en France). 

Corrigés des questions

Question 1

La majorité de l’Inde, notamment de l’intérieur, est rurale (sauf sur la côte sud-est et autour de New Delhi, la population rurale est largement majoritaire, à plus de 60 %). Cette ruralité est très agricole, comme le montre la seconde carte : le centre-nord du pays en particulier est son cœur agricole, avec peu de régions à moins de 70 % de population employée dans l’agriculture. 

Mais cette agriculture est peu productive, ne pesant que 70 % du PIB ; en outre la majorité deux tiers de la population sont aidés par l’État pour se nourrir (0,82 / 1,34 milliard). Une partie des 600 millions d’Indiens dépendant de l’agriculture dépendent donc nécessairement de ces aides. 

 

Question 2

C’est une agriculture vivrière qui est représentée, peu productive et intensive en main-d’œuvre ; le riz est une céréale très nourrissante, qui permet à une population importante de survivre. 

 

Question 3

Le tourisme et l’industrie (notamment pour la construction) se développent. Il s’agit de répondre à la demande urbaine. Les habitants du rural sont en effet moins riches et moins susceptibles de faire du tourisme, surtout en milieu rural. En outre, ils construisent eux-mêmes leurs habitations et ne recourent pas à l’achat de briques, utilisées pour construire des bâtiments urbains. 

 

Question 4

Brésil, États-Unis, Union Européenne (France en tête), Chine, Australie et Russie sont les autres grandes puissances agricoles mondiales. 

 

Question 5

En Inde coexistent de grosses exploitations avec des cultures destinées à l’exportation et de multiples petites exploitations dont les familles sont aidées par l’État, au moyen de droits de douane à l’importation (protection face à la concurrence) et de fourniture de travail. Les inégalités sont en outre de genre, avec des femmes moins alphabétisées. 

 

Question 6

Il y a un morcellement (ou une fragmentation) car 85 % des exploitations font moins de 2 ha, une superficie très réduite. Moins d’1 % dépasse 10 ha, quand la moyenne française est de plus de 50 ha. 

 

Question 7

Il y a un processus cumulatif, avec un cercle vertueux et un cercle vicieux. Les exploitations les moins petites, de plus de 2 ha, ont pu, grâce à la révolution verte, dégager des bénéfices, investir et donc se développer, voire racheter d’autres parcelles. En-dessous de 2 ha, c’est le cercle vicieux de la paupérisation : les familles n’ont ni les moyens ni la possibilité de dégager des surplus ou d’investir. Il y a donc à la fois un processus de concentration des terres « par le haut » (constitution de vastes exploitations) et de fragmentation « par le bas » (division des terres). 

 

Question 8

Contrairement à l’image que l’on pourrait en avoir, les pratiques traditionnelles sont ici bien plus polluantes que les pratiques modernes. En effet, elles génèrent des particules aériennes (brûlées des cultures, fumées des briquetteries) soit une pollution qui s’étend en milieu rural et qui gagne les villes. Si ce phénomène est devenu plus pénalisant, c’est non seulement parce que l’on y prête plus attention avec le développement mais aussi parce que l’Inde se densifie donc les nuisances se multiplient et les personnes incommodées aussi. La croissance constante de la population (voir étude de cas sur Inégalités et développement en Inde en Seconde) stimule la demande. Ces pratiques sont liées à la pauvreté rurale : elles perdurent faute de moyens pour moderniser et appliquer des normes environnementales. La priorité n’est pas le développement durable mais le développement tout court (cf. doc. 6). 

 

Question 9

Les habitants s’adressent aux autorités publiques. Ils réclament la fin des expropriations au bénéfice des villes et l’effacement des dettes. 

 

Question 10

L’État indien a déjà mis en place de nombreuses aides à destination des habitants du rural ; mais soit elles ne suffisent pas, soit elles sont inefficaces. En effet la pauvreté perdure. 

 

Question 11

Au Brésil, la situation est très comparable, avec le mouvement des sans terres. Il y a de grandes propriétés et un morcellement. En découlent des conflits. En Afrique subsaharienne, la configuration est un peu différente : pasteurs nomades et agriculteurs sédentaires s’opposent, les premiers faisant circuler leurs bêtes sur les voies de passage traditionnelles, désormais mises en culture. En outre l’eau manque dans le Sahel. 

Pour aller plus loin

Isabelle Saint-Mézard, Atlas de l’Inde : une nouvelle puissance mondiale,Paris, Autrement, 2016.

 

Arundhati Virmani, Atlas historique de l’Inde du VIe siècle av JC au XXIe siècle, Paris, Autrement, 2012.

 

Philippe Cadène, Inde et Asie du Sud-Est à la recherche d’un équilibre, Paris, Ellipse, 2015.

 

Lucie Dejahounet, L’Inde une puissance en construction, Paris, Documentation française, 2016. 

 

 

Méthode croquis : Choisir les figurés adaptés

 

Présentation de la méthode

Le choix des figurés est une étape importante dans l’élaboration du croquis tel qu’il est évalué au Bac, dans le cadre de l’épreuve « Transposer un texte en croquis ». Après avoir appris à réaliser la légende à partir du texte fourni, il est important de s’arrêter sur le choix des figurés puisque ceux-ci contribuent à la lisibilité du croquis final. En effet, l’élève doit maîtriser les bases de la cartographie afin de les choisir correctement.

Exercice d’application

Étape 1: Repérer les informations à cartographier

 

LES DIFFÉRENTES AGGLOMÉRATIONS :

  • Agglomérations de plus de 10 millions d’habitants : Mumbai, Delhi, Kolkata ;
  • Agglomérations de plus de 5 millions d’habitants : Bangalore, Hyderabad, Ahmedabad, Chennai, Pune ;
  • Agglomérations inférieures à 5 millions d’habitants mais structurant l’espace rural : Surat, Jaipur, Lucknow, Kanpur, Nagpur, Indore, Patna, Ghaziabad.

 

LES DIFFÉRENTS STATUTS DES AGRICULTEURS :

  • Statut de cultivateurs : au nord-ouest, nord-est et à l’ouest ;
  • Statut de travailleurs agricoles : dans le reste du pays.

 

LES AUTRES ACTIVITÉS :

  • L’industrie et les services : autour des villes.

 

LES TENTATIVES DE DIVERSIFICATION DES REVENUS :

  • Les stations de montagnes (Himalaya) ;
  • Les parcs nationaux et réserves.

 

Étape 2 : Choisir les figurés et Étape 3 : réalisation

> Se reporter au croquis corrigé (ci-dessous).

Croquis corrigé 

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Double-page « Ouverture »

 

Présentation des documents

Le chapitre débute par une double-page présentant une campagne densément peuplée au Viet Nam, dans la vallée de Bac Son. C'est l'occasion d'entrer dans le chapitre par une étude de paysage en demandant aux élèves quel est le type de photographie présentée (une vue aérienne) et en décrivant les éléments visibles du paysage : les parcelles de riziculture, le fleuve, les hameaux, l'habitat groupé. 

Située à 160 km au nord-est de Hanoi, la vallée de Bac Son est partagée entre culture du riz, du maïs, du manioc, de pommes de terre. La riziculture inondée permet deux récoltes par an. La vallée est de plus en plus visitée par les touristes et elle est appréciée justement pour la beauté de ses paysages ruraux.

 

Un questionnement sur l'organisation de l'espace est possible avec les élèves :

  • Quelles sont selon vous les cultures présentes dans la vallée ?
  • Quel est le rôle de l'eau ?
  • Pourquoi la culture du riz nécessite-t-elle une main d'œuvre importante ?

 

Plusieurs notions peuvent déjà être abordées : l'agriculture, le tourisme en zone rurale, le paysage.

Réponse au quiz

1- Vrai - L'étalement urbain « grignote » des terres agricoles, on peut même parler de mitage du paysage rural quand des terres agricoles ou des parcelles forestières sont transformées en terrains à bâtir.

 

2- Vrai - Elle représentait encore plus de 60 % de la population dans les années 1960. Le basculement s’est opéré en 2007.

 

3- Faux - Le chiffre serait plutôt entre 30 % et 40 % de la population mondiale selon les estimations. 

4- Vrai - La proportion d’agriculteurs a baissé au cours du XXème siècle dans toutes les régions du monde mais plus fortement dans les pays développés.

 

5- Vrai et Faux - L'exode rural est encore une réalité dans de nombreux pays en développement mais on observe dans certains pays du Nord un retour vers certaines campagnes – les plus proches des villes et celles où l'emploi est diversifié. 

 

Présentation de la rubrique « Géo et fiction »

Ce film, Les Merveilles, sorti en 2014, a reçu le Grand Prix du Festival de Cannes lors de sa présentation. Il montre les paysages agricoles de l’Italie centrale (Ombrie) et leurs transformations sou l’effet des médias et d’urbains, complètement extérieurs à ce milieu.

 

Les transformations des paysages dans les Cévennes

 

Présentation de l’étude

Cette étude de cas correspond à celle proposée par le programme : Les transformations paysagères des espaces ruraux d’une région française (métropolitaine ou ultramarine). Elle permet d'aborder la transformation paysagère, culturelle et économique d'une région rurale. Les Cévennes ont été classées par l'UNESCO en 2011 en tant que « paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen ». C'est un paysage marqué par les montagnes en bordure sud-est du Massif Central, les plateaux karstiques, l'élevage ovin, mais aussi les châtaigniers ou encore la culture de l'oignon. Ces caractéristiques font son originalité et les acteurs locaux (élus et habitants) ont pris conscience de la nécessité de préserver et mettre en valeur ces paysages. Le maintien de la pratique du pastoralisme permet de maintenir les paysages ouverts et connaît désormais un renouveau et un regain d'intérêt en raison de la curiosité des touristes. 

Présentation des documents

Document 1 

Le document 1 est un extrait du site internet http://www.causses-et-cevennes.fr/je-decouvre/le-webdocumentaire/ qui présente le territoire, à destination d'un public scolaire en particulier. Il est possible de l'explorer avec les élèves pour poser des bases de vocabulaires : un plateau, une draille, ces chemins de transhumance des animaux, le pâturage.

Il permet aussi de saisir la mise en tourisme du lieu : création d’un site internet (avec possibilité de traduire les pages en anglais), labellisation Unesco, rappels des soutiens financiers (drapeau de l’UE), etc.

 

Document 2

Le document 2 est un extrait d'une brochure des monuments historiques qui présente les composantes naturelles et humaines du paysage des Cévennes. Il insiste sur la création du parc national des Cévennes dans les années 1970, seul parc national dont la zone de cœur est habitée en permanence et qui implique donc une gestion négociée avec les acteurs locaux.

 

Document 3

Le document 3 est une photographie de la fête de la transhumance à l'Espérou dans les Cévennes gardoises. Le document permet d'aborder l'importance culturelle du pastoralisme.

Le chiffre de 10 000 visiteurs peut amener les élèves à s'interroger sur les retombées économiques pour un petit village de moins de 300 habitants.

 

Document 4

Le document 4 est un extrait de la charte du Parc National des Cévennes. Une charte est élaborée avec les communes qui font partie du parc et l'Etat. Elle fixe les objectifs et les principes du parc. Elle est en vigueur pour 15 ans. Elle définit par exemple la mise en valeur économique prévue pour le territoire du parc et peut souligner des restrictions voire des interdictions. Le but est souvent de préserver des dégradations mais aussi de développer économiquement le territoire.

 

Document 5

Le document 5 est une photographie de paysage qui présente la culture de l'oignon doux propre aux Cévennes. Cette production bénéficie d'une AOC. Cet oignon est adapté au climat chaud et sec d'été des Cévennes et au sol sableux. La photographie permet de mesurer l'aménagement de l'espace par l'homme et la manière dont les sociétés humaines ont surmonté le handicap de la pente, par la culture en terrasse.

 

Document 6

Le document 6 est un extrait d'un article du journal La Croix de 2015 qui présente l'inversement de la tendance démographique des Cévennes. Après l'exode rural du début du siècle, les Cévennes attirent désormais de nouveaux habitants qui font le choix du rural (des néo-ruraux).

Corrigés des questions

Question 1 (Documents 1 à 3)

L'activité traditionnelle était l'agropastoralisme, c'est-à-dire un élevage extensif, ovin ou caprin, associé à une activité agricole (production de châtaigne, d'oignon, de fruits ou légumes). L'élevage permet également une production fromagère. 

Cette activité s'était développée car les plateaux calcaires des Cévennes sont assez peu propices à de grandes cultures céréalières mécanisée comme on peut en trouver ailleurs en France (Ile-de-France). 

Cette activité agricole est aujourd'hui de plus en plus remplacée par une activité touristique.
 

Question 2 (Document 3)

Ces fêtes ne sont pas destinées seulement aux locaux, elles sont l'occasion d'un tourisme vert et familial. Des visiteurs en vacances dans les Cévennes assistent aux fêtes de la transhumance, de tous âges.
     

Question 3 (Documents 1 à 4)

Les différents acteurs qui se mobilisent pour protéger le paysage sont d'abord des représentants de l'État comme le préfet (doc 2) mais aussi les élus locaux comme les signataires de la charte du Parc National (doc 4). Les habitants ne sont pas exclus : on peut deviner leur présence grâce à la photo du doc 3.
 
Question 4

On peut penser au dispositif législatif à l'échelle européenne (il existe une convention européenne du paysage qui promeut la protection des paysages). 

 

Question 5 (Documents 5 à 6)

On peut parler de renaissance rurale car plusieurs départements des Cévennes ont vu leur solde migratoire augmenter : de nouveaux habitants, souvent des familles avec enfants, des actifs, viennent s'installer dans la région. Ces habitants (néoruraux) sont très engagés dans la vie associative, culturelle et économique locale.
 

Question 6 (Documents 5 à 6)

Cette renaissance se traduit par de nouvelles mises en culture comme c'est le cas pour l'oignon doux. Le paysage fermé par la forêt se « rouvre » et les cultures en terrasses réapparaissent. Mais cela se traduit aussi par de nouveaux paysages dans les bourgs ruraux : de nouveaux commerces.
 

Question 7

On peut penser à la vallée du Haut-Rhin moyen dont les vignobles sont particulièrement dynamiques, mais aussi aux parties de la Dordogne ou du Lot qui attirent des retraités étrangers anglais, ou néerlandais. On peut penser aussi à l’Italie du Nord (Lombardie, plaine du Pô) qui a pour particularité de présenter un maillage urbain dense et de multiples unités industrielles dans les campagnes, d'où un dynamisme économique propice au maintien de la population rurale voire au développement des espaces ruraux.

Pour aller plus loin

Le dossier UNESCO sur les Cévennes : https://whc.unesco.org/fr/list/1153

 

Découvrir la vallée du Haut-Rhin moyen : https://whc.unesco.org/fr/list/1066

 

La recomposition de l'espace rural en Europe : https://www.cairn.info/revue-l-information-geographique-2011-2-page-68.htm

 

L'oignon doux des Cévennes : http://www.oignon-doux-des-cevennes.fr/loignon-doux

 

Reconquête rurale dans les Cévennes : http://www.cevennes-tourisme.fr/accueil/decouvrir/notre-territoire/a-propos-des-cevennes/histoire/reconquete-rurale

Synthétiser en images 

Les mutations du paysage rural cévenol 

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Grand Angle : Population rurale et systèmes agricoles dans le monde 

 

Présentation de la carte

La carte présentée dans cette double page permet de généraliser à partir du cas français et de faire le lien entre population rurale et systèmes agricoles dans le monde. Elle permet une différenciation entre agriculture commerciale et paysanne. Les photographies renvoient à différents types d'agriculture : l'agriculture de plantation, l'élevage intensif, l'agriculture productiviste, et enfin la petite agriculture paysanne.

La carte permet aussi d'aborder quelques conflits et enjeux qui seront approfondis dans le cours : des conflits fonciers au Brésil liés à la présence de paysans sans terre et à la multiplication des fronts pionniers ; les héritages de la collectivisation dans l'Europe de l'Est, dont les campagnes sont plus peuplées mais moins productives que celles de l'Europe de l'Ouest. Et enfin le cas de l'Afrique où coexistent plusieurs systèmes agraires et où l'agriculture vivrière est encore très présente.

Grand Angle 2 : Des mutations agricoles ayants des conséquences sur les populations rurales

Présentation des documents

Document 1

Cette infographie donne des chiffres clés sur l’agriculture dans le monde : la part des femmes actives travaillant dans le milieu agricole (supérieure à 50 % en Afrique et en Asie), l’évolution de la population active agricole entre 1990 et 2015 (fort déclin) ainsi que le rôle important de l’agriculture familiale pour l’autosuffisance et la sécurité alimentaire mondiale.

 

Document 2

Cette carte réalisée d’après les prévisions de l’ONU montre l’évolution de la population active rurale entre 1950 et 2050. Les cercles proportionnels représentent la population rurale en 2018 tandis que la couleur indique si l’évolution sera positive ou négative. 

 

Document 3

Cette carte montre la répartition des terres agricoles et arables dans le monde. Elle montre que les terres arables ne correspondent pas toujours aux espaces de production agricoles. Ainsi la Russie, le Canada, la Chine ou l’Australie sont très productifs mais ne disposent pas de nombreuses terres arables (en raison du relief, de la chaleur, du froid, etc.). Elle montre aussi les inégalités en matière de répartition des terres agricoles. Ainsi les espaces situés aux latitudes tempérées sont les mieux dotés. 

 

Document 4 

Cette carte choroplèthe montre le poids de l’agriculture pour l’économie du pays, c’est-à-dire la part que celle-ci représente dans le PIB du pays. Dans les pays développés cette part est faible (inférieure à 2 %) preuve de la grande diversification économique. À l’inverse, lorsque la part est très élevée (notamment dans les PMA, plus de 20 %), on en déduit que l’économie est peu diversifiée / dépendante de l’agriculture. 

 

 

Cours 1 : Des espaces ruraux plus variés, spatialement et socialement

 

Résumé des grandes idées du cours 

La première partie du cours se concentre sur les dynamiques des espaces ruraux dans le monde, permettant une définition des caractéristiques de ces espaces.

Ce sont des espaces dans lesquels l'agriculture tient encore une place prépondérante mais qui sont de plus en plus marqués par des liens étroits avec les villes, en termes de flux de personnes, d'activités, de transformation des paysages. Des dynamiques de patrimonialisation et de protection sont à l'œuvre pour préserver les caractéristiques propres à ces espaces. 

Présentation des documents 

Doc. 1

Ce document est une campagne publicitaire pour le comté de Rockingham aux États-Unis, en Caroline du Nord. Il permet d'aborder la mise en tourisme du rural, avec une campagne centrée sur le tourisme sportif (kayak) et sur les aménités du rural (nature, végétation, espace). Il est destiné aux locaux avant tout puisqu’il évoque l’idée « d’excursion » donc d’activité récréative sur la journée dans le cadre des loisirs (sur un jour en général). Le document vise donc à valoriser les atouts locaux de l’espace rural, afin de convaincre les habitants d’y passer plus de temps (et non d’aller visiter d’autres espaces, plus loin). 

 

Doc. 2

Ce document est un extrait d'un article publié sur le site de l'ENS de Lyon Géoconfluences, et qui porte sur la gentrification rurale. Le concept de gentrification désigne le remplacement d'une population ouvrière ou paupérisée par des classes sociales plus aisées dans des quartiers centraux de grandes villes, entraînant une modification du paysage urbain, de l'offre commerciale et de logement. Appliqué à l'espace rural il désigne ici l'arrivée de nouvelles populations des classes moyennes ou supérieures dans des communes rurales. On observe une modification du paysage avec un bâti mieux entretenu et souvent réhabilité (maintenir le charme de l’ancien, tout en mettant les bâtiments au goût du jour) ainsi que l’apparition de nouvelles activités (petits commerces de bouche, épicerie fine vendant des produits biologiques locaux, etc.). Ce phénomène a été initialement observé dans les campagnes anglaises, mais touche aujourd’hui de nombreux autres pays, dont la France. 

Rubrique 

Géo-histoire

La rubrique géo-histoire est ici destinée à une mise en perspective de la relation entre urbains et ruraux. Elle montre que l'opposition parfois instrumentalisée et exagérée entre ruraux et urbains est ancienne. La géographie est aussi affaire de représentations et cet exemple serait l'occasion de montrer aux élèves que les représentations liées aux ruraux sont souvent le fait de clichés largement répandus. 

Cours 2 : Des espaces ruraux toujours plus fragmentés ?

 

Résumé des grandes idées du cours 

Ce cours aborde les dynamiques contraires à l'œuvre dans les espaces ruraux. Il permet d'aborder la notion centrale du chapitre qu'est la fragmentation. Les espaces ruraux évoluent différemment sur le plan économique, culturel, social, selon leur localisation. Les recompositions en cours peuvent donner lieu à des dynamiques positives ou négatives. La pauvreté touche les Nords comme les Suds mais elle a des conséquences plus graves dans les Suds. À l'inverse, certains Nords ruraux connaissent un regain d'attractivité. Les défis économiques, environnementaux et démographiques des espaces ruraux sont évoqués.

Présentation des documents 

Doc. 1

Ce document est une photographie prise dans un marché rural de Birmanie. Il est possible de faire remarquer aux élèves les marchandises posées à même le sol, le manque de protection pour celles-ci et la place prépondérante des femmes. Cependant, la photographie invite aussi à éviter le misérabilisme : les marchandises sont nombreuses, le marché semble dynamique. Le rural est productif.

 

Doc. 2

Ce document est un extrait du journal La Croix de février 2019. L’article met en avant deux dynamiques propres aux espaces ruraux que l'on retrouve tant dans les Nords que les Suds : la tendance à la protection des espaces ouverts, ici les forêts de cèdres, et la pluriactivité qui se développe chez de nombreux ruraux, souvent des agriculteurs, qui font le choix de développer une activité touristique pour obtenir un complément de revenu. 

Rubrique 

Prolongement numérique 

La rubrique prolongement numérique permet de découvrir le site de la FAO qui est très utile pour consulter des rapports sur l'état de l'agriculture, de l'alimentation dans le monde. Il présente aussi les aides de l'ONU aux ruraux pauvres, au développement rural, à la petite agriculture familiale. Des cartes interactives permettent de découvrir les missions et les actions de la FAO à travers le monde. 

 

 

Dossier : La protection des espaces ruraux dans le monde

 

Présentation de l’étude 

L'objectif de ce dossier est de montrer que protection et développement rural, loin de s'opposer, sont pensés ensemble par les acteurs de l'aménagement des territoires ruraux. Logiques économiques et écologiques peuvent être complémentaires. La première partie aborde la multiplication des parcs naturels qui sont l'outil privilégié de la protection et la deuxième partie évoque la protection comme atout économique, sans oublier pour autant de nuancer cette idée par un exemple de conflit lié aux représentations contradictoires que suscite le rural. 

Présentation des documents

Document 1 

Le document 1 est un extrait du magazine Géo de décembre 2018 qui présente la création d'un parc national visant à protéger la ressource forestière en RDC. Celle-ci est en effet soumise à plusieurs pressions : le braconnage dans un contexte d'insécurité alimentaire dans le pays et la coupe de bois, la RDC étant l'un des principaux fronts de déforestation dans le monde. En quinze ans, la RDC a perdu 6 % de son couvert forestier. L'application des lois reste cependant un défi pour ce pays qui connaît des heurts politiques fréquents et où peut se poser la question de la surveillance effective du parc.

 

Document 2

Le document 2 est une photographie qui permet d'évoquer le contraste entre le parc naturel, sa faune sauvage avec la girafe en premier plan et le front d'urbanisation qui apparaît à l'arrière-plan. La hauteur des immeubles rappelle la croissance démographique toujours importante actuellement à l'œuvre au Kenya et plus généralement en Afrique. En l’espace de vingt ans, la population urbaine du continent a été multipliée par deux. L'Afrique devrait être majoritairement urbaine d'ici une vingtaine d'années.

 

Document 3

Le document 3 est un histogramme qui permet de mesurer la croissance du nombre d'espaces protégés en Asie depuis 1965. On note que des pays comme la Thaïlande ou le Viet Nam ont été des précurseurs et ont fait le choix de protéger une part importante de leur patrimoine naturel – cela peut s'expliquer en partie par l'orientation touristique prise par ces pays.

 

Document 4

Le document 4, un extrait d'un article de La Tribune de mai 2015 aborde l'exemple du Costa Rica qui est un pays d'Amérique centrale qui a fait le choix d'une mise en tourisme sélective socialement et d'un développement durable basé sur une stricte protection des espaces naturels. Le Costa Rica est situé sur l'un des points chauds (hotspot) de biodiversité de la planète et c'est une destination phare du tourisme vert. La priorité a été donnée à un écotourisme respectueux de la nature. La fréquentation touristique s'envole désormais, avec notamment beaucoup de visiteurs nord-américains.

 

Document 5

Le document 5 est une carte issue d'un ouvrage scientifique qui présente la situation du parc du Haut Atlas au Maroc. Le modèle de zonage des parcs nationaux comporte des espaces plus ou moins strictement protégés et inclut toujours des villages qui sont le lieu de concentration des activités nécessaires au tourisme. Ici, les ONG et associations sont importantes car elles proposent des formations pour les populations, pour les propriétaires de gîtes, d’auberges ou d’hôtels ou les futurs guides. Les populations peuvent se trouver dans une position intermédiaire face à ce modèle de développement souvent impulsé par l'acteur étatique : entre acceptation de la manne financière et rejet d'acteurs extérieurs au territoire et qui leur imposent un modèle les éloignant parfois de leurs activités agricoles traditionnelles.

Corrigés des questions

Parcours A

 

Question 1 (Documents 1 et 2)

L'outil privilégié est la création de parcs qui nécessitent une délimitation de l'espace protégé. En France les premiers parcs datent des années 1960. Aux États-Unis dès 1872 fut créé le parc de Yellowstone. Les pays en développement ne sont pas en reste et ont adopté eux aussi ce modèle. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) estime le nombre de parcs nationaux à plus de 6500, couvrant un minima de 4 millions de km² dans une centaine de pays. L’Australie à elle seule en compte plus de 500.

 

Question 2 (Documents 1 et 2)

La déforestation, les prélèvements sauvages sur la faune et la flore, ainsi que l'urbanisation et l'artificialisation des sols qui lui est liée sont les principales menaces pesant sur les parcs ici présentés. Le manque de moyens pour surveiller ces zones protégées peut expliquer ces prédations, plus fréquentes dans les pays en développement.

 

Question 3 (Document 3)

La croissance des espaces protégés peut se comprendre de plusieurs manières : une prise de conscience des acteurs locaux et étatiques de la nature comme bien commun à protéger, comme ressource pour l'économie et le tourisme. On peut également penser à l'action d'ONG et d'associations au niveau mondial, y compris en Asie (> forme de néo-impérialisme pour certains États). 

 

Question 4 (Documents 4 et 5)

Des activités de tourisme vert se développent : randonnées, visites guidées, découverte de la faune et de la flore mais aussi des modes de vie locaux. Le tourisme apporte des devises essentielles pour le développement rural dans certaines régions.

 

Parcours B

 

Question 5

 

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Pour aller plus loin

Sur les parcs nationaux dans le monde : http://www.parcsnationaux.fr/fr/des-decouvertes/en-france-et-dans-le-monde/les-parcs-nationaux-dans-le-monde

 

Le site de l'UICN, union internationale pour la conservation de la nature : https://uicn.fr/

 

Sur le Costa Rica : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/typespace/tourisme/TourDoc.htm

 

DEPRAZ Samuel, LASLAZ Lionel, HERITIER Stéphane, Atlas mondial des espaces protégés, Autrement, 2012.

Apprendre autrement : L’accès à la santé en milieu rural 

 

Présentation de l’étude 

L’OIT est l’organisation internationale du travail. C’est une agence spécialisée de l’ONU, qui rassemble gouvernements, employeurs et travailleurs pour promouvoir le dialogue social dans le domaine du travail. L’OIT s’intéresse tout particulièrement au statut des travailleurs pauvres des campagnes des pays en développement, au travail des femmes et des enfants dans l’agriculture par exemple.

Présentation des documents

Document 1 

Le document 1 est un extrait d’un article du Monde d’avril 2015 qui présente le rapport de l’OIT sur l’exclusion de la population rurale en matière de santé. Un chiffre clé est à retenir : la moitié de la population rurale est exclue des soins de santé. Le document insiste sur le contraste entre zone urbaine et zone rurale en termes d’accès aux soins de santé. Quelques facteurs explicatifs sont avancés : le manque de personnel dans les zones rurales des pays en développement en particulier en Afrique et en Asie. Le manque de financement public du secteur de la santé et le manque de personnel qualifié lié aux carences des systèmes éducatifs sont aussi avancés. Ce document peut être complété par la photographie d’une maternité en Ouganda que les élèves pourront utilement comparer à ce qu’ils connaissent des maternités dans leur pays (notez les équipements, le nombre de patientes, les lieux).

 

Document 2

Le document 2 insiste quant à lui sur les inégalités de genre au sein du monde rural. C’est un extrait d’un rapport de l’ONU de février 2018. Les femmes sont souvent obligées de se reporter vers des infrastructures privées coûteuses, faute d’un système de soin public suffisant. Elles sont aussi souvent victimes en milieu rural de la distance entre lieu de vie et structures de soin. C’est particulièrement problématique en cas de grossesse avec des complications. L’aide au développement du Nord ou de l’ONU peut permettre de fournir des infrastructures de soin supplémentaires dans les pays moins avancés.

 

Document 3

Le document 3 est un extrait du site de l’ONG Santé Sud consulté en 2019. Santé Sud est une ONG internationale créée en 1984 par des professionnels de santé pour contribuer au développement des structures de soin dans les pays des Suds. L’ONG forme notamment des soignants dans ces pays. Cet extrait montre qu’une coopération Nord / Sud existe dans le domaine de la santé et que les acteurs du développement de la santé en milieu rural sont avant tout les soignants locaux mais parfois aidés par des organisations internationales. Ce document peut être mis en relation avec le document 2 qui fait intervenir un autre acteur international : l’ONU.

 

Document 4

Le document 4 est un extrait du journal Ouest France de juin 2016 qui évoque un programme australien de transport médical par avion. Cet exemple montre comment un pays développé peut surmonter la contrainte de l’immensité (plus de 7 millions de km2) par la maîtrise technique et le financement d’un service probablement coûteux mais nécessaire de transport de médecins par avion vers les cliniques reculées. Ce document est à mettre en relation avec la photographie du train médical de l’Afrique du Sud qui permet un accès aux soins pour 100 000 patients de régions rurales reculées.

Corrigés des questions

Étape 1.

L’accès aux soins est inégal selon le lieu de vie et le genre. Les patients de zones urbaines des pays développés sont ceux qui bénéficient du meilleur accès aux soins (doc 1). Ceux des zones rurales des pays développés peuvent se voir offrir des outils de compensation de la distance (doc 4). A l’inverse, les femmes des pays en développement ou moins avancés sont les plus vulnérables (doc 2). Cet inégal accès aux soins peut s’expliquer par une inégale couverture en matière de structures de santé (les hôpitaux, cliniques, dispensaires, maternités). Tous les pays n’ont pas les mêmes ressources financières et parfois pas les mêmes priorités en ce qui concerne les dépenses de santé. Les conflits peuvent aussi aggraver la situation, on peut penser au cas de la RDC mentionnée dans le document 2 qui est un pays qui a connu plusieurs guerres civiles, et dont les infrastructures de santé ont souffert (même chose pour le Liban cité dans le doc. 3).

 

Étape 2.

Les inégalités entre pays se jouent entre Nords et Suds (docs 1, 2, 3). Des pays comme le Burkina Faso, le Mali, le Liban (dans une moindre mesure) n’ont pas les mêmes ressources financières que l’Australie (doc. 4). Les inégalités entre zones rurales et urbaines sont ensuite lisibles à l’intérieur de chaque pays, même les plus développés (la couverture médicale du nord rural de l’Australie reste plus faible que celle des zones les plus urbanisées). Seules les inégalités de genre en Afrique sont citées mais on pourrait légitimement critiquer les documents et se poser la question des pays du Nord : ces inégalités sont-elles absentes ? On peut penser à la politique de réduction des services publics en France et à la rationalisation de la carte des maternités qui a entraîné des fermetures très médiatiques.

 

Étape 3

Trois types d’acteurs se mobilisent pour réduire ces inégalités :

  • Les acteurs locaux, visibles notamment à travers les deux photographies et mentionnés dans le doc. 3 ;
  • Les États et les autorités locales : visibles surtout dans le doc. 4 ;
  • Les organisations internationales et les ONG (docs. 1, 2, 3) –OIT, ONU, Santé Sud, le « H6 ».

 

Pistes de réflexion :

  • Pourquoi ce déficit de personnels de santé en milieu rural ? Est-ce une problématique propre aux pays en développement / moins avancés ?
  • Que connaissez-vous des programmes de santé publique en France et de la politique de lutte contre les déserts médicaux ?
  • Quelles sont les contraintes propres au milieu rural qui peuvent expliquer sa faible attractivité pour les personnels de santé ?
  • Quelles sont les contraintes propres aux pays moins avancés ? Pensez aux infrastructures en milieu rural (route, réseau électrique, accès à l’eau).
  • Peut-on faire un parallèle avec l’accès à l’éducation en milieu rural ?

Pour aller plus loin

Site de l’OIT : https://www.ilo.org/global/lang--fr/index.htm

 

L’ONG santé sud : http://www.santesud.org/connaitre/sommes.html

 

L’accessibilité des populations rurales aux soins de santé en Côte d’Ivoire : https://journals.openedition.org/com/6075

 

Méthode documents : Comparer des documents

 

Présentation de la méthode

On peut conseiller aux élèves de commencer par rédiger une présentation groupée des documents (au brouillon) : leur nature, leurs auteurs, leurs destinataires, leur contexte. Le thème commun aux deux documents doit alors apparaître. Trouver des similitudes et des différences entre les documents est l'étape suivante. Les élèves peuvent construire un tableau ou simplement lister les divergences et les points communs entre les documents (attention, les documents peuvent aussi converger !). Il ne faut pas oublier de confronter les documents aux connaissances pour compléter ou critiquer les documents. 

Exercice d’application

Application guidée.

 

 

Doc. 1

Doc. 2

Outils

Cueillette à la main / peu de mécanisation

Moissonneuse-batteuse

Personnes

Une femme, mais cette agriculture nécessite sûrement une main-d’œuvre nombreuse non visible ici. 

Peu nombreuses

Type d’agriculture

Extensive et vivrière, agriculture paysanne

Intensive, agriculture d’exportation

Impact sur l’environnement 

Faible

Fort (recours aux engrais)

 

 

Entraînement. 

 

Il faut d'abord présenter les documents : il s'agit de 3 documents de natures différentes :

  • Un extrait d'un ouvrage de vulgarisation scientifique, un atlas ;
  • Une carte d’après ce même atlas ;
  • Une photographie.

 

Les 3 documents permettent d'aborder le cas du Mali à différentes échelles (échelle de l'Afrique, le document 1 traitant du continent africain, échelle régionale pour le doc. 2 et échelle locale pour le doc. 3).

 

Il est ensuite possible de construire un tableau pour traiter le sujet :

 

 

Doc. 1 

Doc. 2

Doc. 3

Relations urbains/ruraux

 

- Bourgs ruraux / petites villes en augmentation

 

- Relations commerciales : vente de produits agricoles du rural en ville.

- Marchés quotidiens ou hebdomadaires le long des axes de transport entre rural et urbain

 

- Fonction commerciale qui est centrale dans le rapport entre urbains et ruraux 

 

Flux et circulations entre l'urbain et le rural

 

- Développement des transports et télécommunications qui réduit les écarts villes/campagnes.

 

- Développement des transports en commun

- Lignes de transport quotidiennes et hebdomadaires

 

 

 

 

 

 

 

Espaces urbains et ruraux sont complémentaires car la campagne nourrit encore la ville. L'Afrique est pour l'instant un continent majoritairement rural mais de plus en plus urbain. Cette urbanisation, loin de conduire à une opposition entre modes de vie ruraux et urbain témoigne d'une plus grande dépendance entre la ville et la campagne. Les ruraux sont mieux reliés à la ville par des infrastructures en essor et profitent de sa présence pour un développement économique, l'accès à la santé ou à l'éducation.

 

Limites des documents : la situation des espaces ruraux enclavés est à peine abordée et pourrait être développée. Le cas du Mali pourrait permettre d'aborder un sujet d'actualité et un frein au développement rural : la hausse des activités terroristes dans la zone.

 

Sujets supplémentaires

Plusieurs documents de l'étude de cas pourraient être utilement comparés : la photographie de la fête de la transhumance p. 213 et le texte du document 6 p. 214 à partir d'un sujet portant sur « le rôle de l'agriculture dans la renaissance rurale des Cévennes ».

On pourrait également comparer les deux documents de la page 221 pour traiter un sujet visant à expliquer « quelles sont les trajectoires différenciées des espaces ruraux dans les pays du Nord ? ». 

 

Méthode croquis : Rendre lisible un croquis

Présentation de la méthode

Transformer un texte en croquis suppose de respecter certaines règles, notamment de lisibilité. Le rendu graphique entre en considération dans la note pour le baccalauréat. 

Croquis corrigé 

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CORRECTION : POINTS DE PASSAGE

Point de passage 1 : Le génocide des Arméniens (p. 286-287)

Présentation du point de passage

Il s’agit dans cette étude de cas, fixée par le programme, d’aborder avec les élèves ce qui est reconnu comme l’un des plus importants génocides de l’Histoire, perpétré en 1915 par les Ottomans. 

Présentation des documents

Document 1

 

Ce document est une caricature britannique de 1895, tirée du célèbre journal satirique Punch, qui montre que le problème de la minorité arménienne dans l’Empire Ottoman est ancien, et que les principales puissances européennes comme le Royaume-Uni ou la France ne souhaitaient déjà pas s’en mêler, en grande partie pour des raisons économiques (cf les « emprunts turcs » dans la sacoche du personnage).

Questions pour les élèves : 

  • Que comprenez-vous sur cette image ?
  • Montrez que la minorité arménienne dans l’Empire Ottoman subit des vexations et des exécutions avant la Première Guerre mondiale.

Document 2

 

Ce document rassemble deux célèbres télégrammes du ministre de l’Intérieur, Talaat Pacha (1874-1921), expliquant aux fonctionnaires qu’il faut exterminer la minorité arménienne. Talaat Pacha, un nationaliste turc, est l’un des principaux instigateurs du génocide.

Questions pour les élèves :

  • Que demande le ministre à ses fonctionnaires ?
  • Pourquoi, selon vous, les Arméniens sont-ils visés par les Turcs ?

Document 3

 

Cette illustration est une photographie de 1916 d’Henry Morgenthau (1856-1946), ambassadeur des États-Unis à Constantinople de 1913 à 1916. Elle montre des corps d’Arméniens massacrés par les Ottomans. Morgenthau essaye, par ses photographies, d’alerter l’opinion publique américaine sur les massacres perpétrés par les Ottomans sur la minorité arménienne. Le génocide commence en 1915 et dure une grande partie du conflit, même si la majorité des victimes sont exterminées en 1915 et en 1916.

Document 4

 

Ce document est le témoignage d’une arménienne victime des persécutions ottomanes, recueilli dès 1915 par les autorités diplomatiques britanniques. Elle montre comment les Ottomans s’en sont pris à son peuple. 

Question pour les élèves : 

  • Par quels moyens les Turcs, majoritaires dans l’Empire Ottoman, s’en prennent-ils aux Arméniens minoritaires ?

Document 5

 

Cette carte de l’Empire Ottoman en 1915-1916 montre les principaux lieux de massacres, mais aussi les lieux de déportation des Arméniens (avec les trajets empruntés). À noter : elle est simplifiée pour des raisons de lisibilité ; les lieux de massacre sont en réalité innombrables, dispersés à travers tout le territoire.

Questions pour les élèves :

  • Localisez l’Arménie. Vers où les Arméniens sont-ils déportés?
  • Pourquoi avoir choisi ces régions pour la déportation ?

Document 6 

 

Ce document est un télégramme des pays de l’Entente qui, dès mai 1915, dénoncent les massacres d’Arméniens et parlent pour la première fois de « crimes contre l’humanité ». Cette expression sera par la suite reprise au procès de Nuremberg (1945-1946) pour qualifier une partie des crimes nazis. Cette notion sera choisie sur le plan juridique lors de ce procès, plutôt que celle de génocide que vient alors de créer Raphaël Lemkin (1944)

Questions pour les élèves : 

  • Que veulent dire, selon vous, les Alliés quand ils qualifient ces crimes de « crimes contre l’humanité » ?
  • En quoi, selon vous, ce document sert-il à lutter contre l’Allemagne et ses alliés ?

Corrigés des questions

  • Question 1 : Relevez les motifs utilisés par les autorités ottomanes pour justifier les arrestations et les massacres (doc. 2).

 

Coup de pouce : Pensez à utiliser les guillemets pour citer.

 

  • Réponse simple :Pour les Ottomans, il faut supprimer tous les Arméniens de l’Empire : « Le gouvernement a décidé de supprimer tous les Arméniens vivant en Turquie ».

 

  • Réponse complète : Pour les Ottomans, il faut supprimer tous les Arméniens de l’Empire : « Le gouvernement a décidé de supprimer tous les Arméniens vivant en Turquie ». Les Ottomans agissent ainsi car les Arméniens sont une minorité chrétienne au sein d’un Empire musulman.

 

  • Question 2 : Montrez quel sort est réservé aux Arméniens après leur arrestation (docs. 3, 4 et 5).

 

Coup de pouce : Pensez à bien croiser les 3 documents pour traiter plusieurs cas possibles.

 

  • Réponse simple :Les Arméniens sont arrêtés, puis déportés, et finalement en majorité tués par les Ottomans.

 

  • Réponse complète : Les Arméniens sont arrêtés, puis déportés dans des camps vers la Syrie ou l’Irak actuelles, et finalement en majorité tués par les Ottomans. Parfois, les Arméniens sont mutilés afin d’humilier encore plus ceux qui restent vivants. 

 

  • Question 3 : Analysez l’évolution de l’attitude des pays occidentaux (docs. 1 et 6).

 

Coup de pouce : Montrez que le changement de position des états occidentaux est dû à la guerre. 

 

  • Réponse simple :Avant la guerre, les membres de l’Entente savent que les Arméniens subissent des persécutions dans l’Empire Ottoman mais ne disent rien et ne font rien. Avec le déclenchement de la guerre, leur attitude change vis-à-vis des persécutions que subit ce peuple. 

 

  • Réponse complète : Avant la guerre, les membres de l’Entente savent que les Arméniens subissent des persécutions dans l’Empire Ottoman mais ne disent rien et ne font rien. Avec le déclenchement de la guerre, leur attitude change vis-à-vis des persécutions que subit ce peuple. Les persécutions et assassinats dont sont victimes les Arméniens sont qualifiées, dès 1915, de « crimes contre l’humanité » par les pays de l’Entente (le terme génocide apparaît après la Seconde Guerre mondiale). Ce changement d’attitude est dû au fait que l’Empire Ottoman fait partie des ennemis de l’Entente : dénoncer ses crimes, c’est justifier la conduite de la guerre contre les Empires centraux. 

 

  • Faire un bilan : Après avoir étudié l’ensemble des documents, répondez à la problématique : 

 

Coup de pouce : Bien penser à évoquer 

  • Pourquoi les Ottomans veulent supprimer les Arméniens de leur Empire ;
  • Le sort réservé aux Arméniens ;
  • Comment les pays de l’Entente perçoivent ces massacres et se servent de ceux-ci dans leur propagande contre les Ottomans.

 

  • Parcours 1 : sous la forme d’un développement construit.

 

  • Parcours 2 : sous la forme d’une carte mentale, à partir des mots « causes », « moyens utilisés », « nombre de victimes », « réactions des autres pays ».

Pour aller plus loin

 

Point de passage 2 : Marie Curie, une scientifique engagée dans la Grande Guerre (p. 290-291)

Présentation du point de passage

L’intérêt de cette étude de cas est de voir l’implication des civils dans le domaine scientifique pour développer des inventions susceptibles d’aider leur pays. C’est le cas de Marie Curie, double prix Nobel, qui développe la radiographie mobile sur les champs de bataille pour aider à soigner les blessés. Avant la guerre de 1914-1918, Marie Curie (1867-1934) est déjà une scientifique mondialement connue qui a reçu en 1903 avec son mari Pierre le prix Nobel de physique (partagé avec Becquerel) pour leurs travaux sur les radiations. En 1911, elle reçoit seule le prix Nobel de Chimie pour ses recherches sur le Polonium et le Radium. En 1914, elle décide de mobiliser son savoir-faire scientifique au service de son pays, la France. Elle est en cela une actrice à part entière de cette « guerre totale ».

Présentation des documents

Document 1

 

Cette illustration est une gravure présentée en Une du Petit parisien, le 10 janvier 1904. Elle représente les scientifiques Pierre et Marie Curie qui viennent d’obtenir un prix Nobel en physique. Il s’agit de montrer aux élèves qu’avant la guerre de 1914-1918, Marie Curie est déjà une scientifique renommée et reconnue mondialement.

Questions à poser aux élèves :

  • Comment l’image représente-t-elle les deux scientifiques et leurs rôles respectifs ?
  • Qui sont les destinataires de cette image ?

Document 2

 

Ce texte est tiré du livre témoignage de Marie Curie, La radiographie et la guerre, paru en 1921. Elle y explique les raisons qui l’ont poussée dès 1914 à s’engager pour la France et à développer des unités mobiles de radiographie pour aider au soin des soldats.

Questions à poser aux élèves :

  • Quelles sont les motivations de Marie Curie ?
  • Pourquoi la cessation des hostilités entraîne-t-elle le ralentissement des progrès de la radiologie ?

Document 3

 

Cette photographie de 1915 représente une « petite Curie », c’est-à-dire une ambulance mobile équipée de matériel radiographique destinée à se déplacer sur le front. 

Question à poser aux élèves :

  • Décrire la photographie.

Document 4

 

Ce texte est un article de Marie Curie dans Le Figaro du 27 septembre 1914 où elle explique l’intérêt de la radiographie pour le soin des soldats blessés par la guerre. 

Question à poser aux élèves :

  • Pourquoi la nouvelle technique est-elle très précieuse en temps de guerre ?

Document 5

 

Il s’agit d’une photographie de Marie Curie au volant d’une de ses « petites Curie » sur le front en 1915. Cette illustration permet de montrer l’engagement de la scientifique pour son pays, qui prend donc, à côté de l’engagement intellectuel, des formes plus concrètes.

Questions à poser aux élèves :

  • Décrire et présenter le document.
  • Est-ce courant à l’époque de voir des femmes jouer ce rôle ?

Corrigés des questions

  • Question 1 : Identifiez les intérêts de la nouvelle technique qu’est la radiographie (docs. 2, 3 et 4). 

 

Coup de pouce : Prélevez directement les informations dans les documents

 

  • Réponse simple :La radiographie permet de faire des images des blessures internes des soldats (fracture par exemple).

 

  • Réponse complète : La radiographie permet de faire des images des blessures internes des soldats (fracture par exemple). Ainsi, les chirurgiens savent ce qu’ils doivent opérer et comment, sans avoir besoin d’ouvrir le corps au préalable. La radiographie est donc devenue, depuis la Grande Guerre, une auxiliaire de la chirurgie. 

 

  • Question 2 : Expliquez pourquoi la guerre a été un accélérateur de la recherche scientifique (docs. 2 et 4).

 

Coup de pouce : Faites par écrit une liste des arguments avant de les donner à l’oral. 

 

  • Réponse simple :La guerre a permis une accélération de la recherche scientifique car chaque pays a besoin des inventions de ses scientifiques pour espérer avoir un avantage décisif sur ses adversaires.

 

  • Réponse complète : La guerre a permis une accélération de la recherche scientifique car chaque pays a besoin des inventions de ses scientifiques pour espérer avoir un avantage décisif sur ses adversaires. Ainsi, les gaz, les avions, les chars sont inventés pendant la guerre et développés pour doter l’armée d’armes modernes et destructrices. Les inventions servent aussi à soigner les soldats comme les « petites Curie » : l’intérêt pour les armées est alors de mieux soigner ses soldats et de les renvoyer plus vite au combat quand c’est possible. La majorité des avancées scientifiques de l’époque sont donc dues à une commande de l’armée. 

 

  • Question 3 : Retracez les grandes étapes de la vie et de la carrière de Marie Curie (docs. 1 et 5). 

 

Coup de pouce : Détaillez sa carrière avant, pendant et après la Grande Guerre

 

  • Réponse simple :Marie Curie est une grande scientifique qui a obtenu deux fois le prix Nobel avant la guerre. Pendant le conflit, elle se met au service de la France pour aider à soigner les blessés. Après-guerre, elle est une des plus grandes scientifiques de l’époque.

 

  • Réponse complète : Marie Curie est une grande scientifique qui a obtenu deux fois le prix Nobel avant la guerre (physique en 1904 et chimie en 1911). Pendant le conflit, elle se met au service de la France pour aider à soigner les blessés grâce à son invention, la radiographie, qui permet de faire des images de l’intérieur du corps pour y voir notamment des fractures. Elle mène elle-même une de ces « petites Curie » au front. Après-guerre, elle est une des plus grandes scientifiques de l’époque. 

 

  • Question de synthèse : Répondez à la problématique de l’étude sous forme d’un paragraphe construit.

 

Coup de pouce : Pour répondre au sujet, pensez à détailler : 

  • La carrière de Marie Curie avant la guerre ;
  • Son rôle pendant la guerre (radiographie), son investissement personnel durant le conflit ;
  • Son aura mondiale après la guerre.

Pour aller plus loin

  • Deux émissions de radio sur les scientifiques pendant la Première Guerre mondiale :

 

Point de passage 3 : Les grèves de 1917 : la grève des midinettes (p. 296-297)

Présentation du point de passage

On a choisi ici, dans le cadre du point de passage obligatoire sur les grèves de 1917, de se concentrer sur celle des midinettes, ces ouvrières du textile parisien qui ont voulu obtenir, en pleine guerre, des droits économiques, sociaux, voire politiques. 

Présentation des documents

Document 1 

 

Ce document est une lettre des ouvrières du textile à Dijon parue dans L’Humanité, le 10 juillet 1916. Celle-ci montre que, pendant la guerre, les femmes ont certes beaucoup travaillé dans les usines, mais pas à n’importe quel prix, notamment au niveau du salaire. L’Humanité, journal fondé en 1904 par Jean Jaurès, est alors l’organe de presse officiel de la SFIO, le grand parti de gauche. On y trouve de nombreux articles comme celui-ci sur la défense des droits des ouvriers. 

Question pour les élèves : 

  • Montrez en quoi ce document est révélateur de l’importance du travail des civils à l’arrière.

Document 2 

 

Cette illustration est une photographie de Maurice-Louis Branger (1874-1950), intitulée Défilé des midinettes sur la place Vendôme, prise le 18 mai 1917. Il s’agit ici de montrer l’ampleur de la mobilisation des ouvrières du textile à Paris. Elle met en évidence qu’au début du XXe siècle, Paris est une vrai ville ouvrière, notamment dans le textile et la mode. Cela doit aussi montrer aux élèves que durant la Première Guerre mondiale, toutes les femmes ne sont pas mobilisées dans les usines d’armement. De même, la vie à l’arrière continue, et les civils qui ne sont pas au front, en particulier certains bourgeois (« les embusqués ») continuent d’avoir une vie sociale et culturelle (et donc d’acheter des vêtements chics) fabriqués par les fameuses midinettes. 

Question pour les élèves : 

  • Montrez en quoi cette image de grève est importante et même préoccupante pour un État en temps de guerre. 

Document 3 

 

Cet article prend parti pour les grévistes dans leur combat pour obtenir des droits. A l’époque, de nombreux journaux régionaux comme la Dépêche de Toulouse, plus grand quotidien régional de France avant 1914, contrôlé par les radicaux, s’engagent dans la défense des idées progressistes comme le féminisme ou les droits ouvriers. Ce rôle majeur de la presse a débuté en France sous la IIIe République et connaît son apogée entre l’affaire Dreyfus et la Seconde Guerre mondiale. 

Question pour les élèves : 

  • Quels sont les arguments de cet article en faveur de la défense des midinettes ?

Document 4 

 

Cette illustration montre que la mobilisation des femmes à l’arrière pour obtenir des droits intéresse les lecteurs car le journal y consacre sa Une. 

Question pour les élèves : 

  • Pourquoi ce titre est-il coquasse et révélateur de la domination masculine sur la société de l’époque ?

Document 5 

 

Cet article montre que durant l’année 1917, beaucoup de groupes sociaux-économiques qui font fonctionner le pays depuis le début de la guerre se mettent en grève pour demander des augmentations de salaire. Cela traduit une certaine lassitude face à la mobilisation totale voulue par l’État pour mener cette guerre. 

Question pour les élèves : 

  • Montrez en quoi, avec la durée de la guerre qui s’allonge, les civils sont de plus en plus revendicatifs pour obtenir de meilleures conditions de vie à partir de 1917.

Corrigés des questions

  • Question 1 : Relevez les causes du déclenchement des grèves et les principales revendications des grévistes (docs. 1 et 3). 

 

Coup de pouce : Il s’agit ici de comprendre pourquoi les ouvrières se mettent en grève. 

 

  • Réponse simple :Les ouvrières se mettent en grève car elles veulent des augmentations de salaire, mais aussi une plus grande considération pour leur travail de la part des patrons. 

 

  • Réponse complète : Les ouvrières se mettent en grève car elles veulent des augmentations de salaire, mais aussi une plus grande considération pour leur travail de la part des patrons et de la société. Elles veulent donc que leur implication à l’arrière pour faire fonctionner l’économie soit plus reconnue : elles souhaitent une plus grande émancipation vis-à-vis des hommes car elles montrent que sans eux elles peuvent tout de même se débrouiller. 

 

  • Question 2 : Montrez les formes que prend la mobilisation des midinettes (docs. 2 et 4).

 

Coup de pouce : Il s’agit ici de montrer par quels moyens les midinettes montrent leur mécontentement dans le cadre de ces grèves. 

 

  • Réponse simple :La mobilisation des midinettes se fait sous la forme de manifestations et de défilés dans les rues de Paris. 

 

  • Réponse complète : La mobilisation des midinettes se fait sous la forme de manifestations et de défilés dans les rues de Paris. En défilant ou en se rassemblant dans la capitale, grâce à des slogans écrits sur des pancartes ou chantés, les midinettes communiquent leurs revendications. 

 

  • Question 3 : Expliquez pourquoi ces grèves surprennent une partie de la population (docs. 3, 4 et 5). 

 

Coup de pouce : Il s’agit de montrer ici quelles peuvent être les critiques de la société vis-à-vis des grévistes. 

 

  • Réponse simple :Pour une partie de la société, encore très conservatrice, les femmes ne doivent pas se plaindre, ni manifester. 

 

  • Réponse complète : Pour une partie de la société, encore très conservatrice et machiste, les femmes ne doivent pas se plaindre, ni manifester. Comme c’est encore écrit dans le Code civil de l’époque, elles doivent obéir soit à leur père, soit à leur mari. Elles ne peuvent pas non plus avoir le contrôle de leur propre argent. C’est donc parce que la société est encore très patriarcale qu’une bonne partie de la population est surprise par ces grèves féminines. 

 

  • Rédiger un texte : Vous êtes une midinette en mai 1917 et vous écrivez à un journal parisien pour expliquer votre action.

 

Coup de pouce : Pour rédiger cet article de journal sous forme de lettre, il faut parler :

  • Des conditions de travail des ouvrières du textile à Paris durant la Première Guerre mondiale ;
  • Du contexte de la guerre qui rend la vie quotidienne plus difficile, y compris à l’arrière ;
  • De la société française qui est très conservatrice à l’époque. Il faut donc montrer la volonté d’émancipation de ces femmes ;
  • Du manque de reconnaissance financière (salaires peu élevés) et sociale (pas de vrai statut pour les femmes) des femmes qui travaillent ;
  • Des revendications des midinettes : augmentations des salaires, droits sociaux (meilleures conditions de travail) et politique (faire un lien avec le combat des suffragettes pour l’obtention du droit de vote des femmes).

 

  • Réponse : 

Paris le 18 mai 1917.

Depuis plusieurs jours, nous, les ouvrières du textile à Paris, que vous les journalistes avez surnommé midinettes, sommes en grève pour dénoncer nos conditions de travail extrêmement difficiles. Nous savons bien qu’à l’heure actuelle la situation du pays est compliquée à cause de cette guerre qui s’éternise. Cela fait des mois que nous en avons assez de trimer, mais nous retenons nos revendications à cause de toutes celles et ceux qui souffrent dans leur chair des conséquences de cette guerre immonde. Mais voilà, aujourd’hui nous n’en pouvons plus de nous taire, car nous sommes exploitées par nos patrons, ces bourgeois qui profitent de nous pour s’enrichir encore plus. Ce sont les mêmes que nos braves Poilus surnomment les embusqués, ceux qui ont réussi à éviter d’être mobilisés au front comme tous ceux de leur classe d’âge, et qui mènent à l’arrière une belle vie pendant que d’autres souffrent au front ou dans les usines pour faire triompher notre beau pays. Pour nous les ouvrières, la vie est rude. Nous devons travailler pendant près de 10 heures tous les jours, sauf le dimanche, pour nourrir nos enfants, car nous sommes les seules qui ayons un salaire. Nos maris, mobilisés, ne peuvent avec leur maigre solde, subvenir aux besoins du foyer. Nous n’avons pas le temps d’élever nos enfants qui, certes, vont à l’école, mais sont surtout livrés à eux-mêmes le reste du temps dans les rues de Paris. La nourriture, à cause de la guerre, est chère et peu abondante. Il n’est pas rare de faire la queue devant les magasins. Nous avons appris à nous rationner. Nos salaires, peu élevés, nous permettent à peine de survivre car, à la fin du mois, lorsque le loyer est payé et les maigres courses alimentaires faites, il ne nous reste souvent plus rien. Qui plus est, nous sommes des femmes : nos salaires sont largement inférieurs à ceux de nos homologues masculins et notre statut social n’est pas reconnu : nous sommes encore inférieures aux hommes d’après la loi, malgré la Déclaration des Droits de l’homme de 1789. Je crois que l’homme est ici pris au sens premier, celui de masculin, car nous les femmes n’avons pas de droits : nous dépendons de notre père puis de notre mari pour les questions financières. Et je ne parle pas du droit de vote qui est réclamé par d’admirables consœurs, celles que nous nommons suffragettes. 

Aujourd’hui, vous avez besoin de nous les ouvrières pour faire fonctionner vos usines d’armement ou de textiles, vous avez besoin des paysannes pour cultiver les champs et nourrir soldats et civils pendant cette longue guerre. C’est pour cette raison que mes camarades et moi sommes en grève, afin d’obtenir la « semaine anglaise » et surtout de réelles augmentations de salaire. Nous voulons aussi que cette guerre s’arrête et que nos maris reviennent du front pour nous aider à faire vivre notre foyer : cela a trop duré ! Enfin, en raison de tous nos sacrifices, nous voulons, nous les femmes, un début d’émancipation sociale et surtout politique : le droit de vote pour toutes !

Pour aller plus loin

 

Posté par Lycee Francois 1 à 14:13 - Permalien [#]


15 juin 2020

PREMIERE : LES CIVILS ACTEURS ET VICTIMES DE LA GUERRE

Point de passage 1 : Le génocide des Arméniens. Livre scolaire page 286 - 287

Video Youtube : "Ce qu'il faut savoir du génocide arménien". Le Monde 22 avril 2015. 5:12

1. Comment les autorités ottomanes justifient-elles les arrestations et massacres?

2. Quel sort est réservé aux Arméniens après leur arrestation?

3. Comment évolue l'attitude des pays occidentaux?

 

Point de passage 2 : Marie Curie, une scientifique engagée dans la Grande Guerre. Livre scolaire page 290 - 291

Film récent : "Radioactive" 2020

Documentaire Youtube : Marie Curie : "La Chimie de l'impondérable" 23:54

1. Quelles sont les grandes étapes de la vie de Marie Curie?

2. En quoi la guerre a t-elle été un accélérateur de la recherche scientifique?

3. Quelles sont les conséquences de ces découvertes?

Point de passge 3 : Les grèves de 1917 : la grève des midinettes. Livre scolaire page 296 - 297

1. Quels facteurs expliquent le déclenchement des grèves en 1917?

2. Qui sont les midinettes? En quoi leur action est-elle novatrice?

3. Quelles sont les conséquences de ces mouvements?

Posté par Lycee Francois 1 à 08:58 - Permalien [#]

SECONDE :FRANCE IN 1789 : A DIVIDED SOCIETY

FRANCE 1789 : A DIVIDED SOCIETY

 

Introduction: There were 28 million people living in France in 1789. Nearly all of them fitted into one of the four main social groups. 1789 was an exciting and important moment all over France. In the spring, there were elections. those who were allowed to vote chose deputies to represent them in the huge gathering called the Estates General.

What was everyone complaining about in 1789?

 

I) Complaining about privileges and rights.

A°) A society divided into four social groups

- The nobility were the ruling class. They owned land. They also did all the important and well-paid jobs in the King’s government. The nobility had titles such as Duke, Marquis, Count… This made them seem different from the common people.

About 350,000 French people were nobles. They owned 25% of the land.

 

-The bourgeoisie : Many of the bourgeoisie were educated and well-off. But they did not have any titles or special privileges because there were not members of the nobility. The made their money from the professions and from trade. Bourgeoisie included doctors, lawyers, bankers, traders, teachers, artists, office holders and some master craftsmen. 

About 2,500,000 people belonged to the bourgeoisie. They owned about 30% of the land.

 

- Town workers : The towns were full of shopkeepers, traders, craftsmen, builders or laborers. Some of these people were quite independent and highly skilled, owning small shops or workshops and making reasonable living. Some were manual laborers often struggling, if wages fall or the price of bread went up. There were also unemployed people in the towns and plenty of beggars.

About 2 million people worked in the towns and cities. Very few owned any land.

 

- The peasants : Peasants lived in the countryside and farmed the land. Together, the peasants owned about a quarter of the land of France. At the top were richer, landowning peasantry and tenant farmers. At the bottom were the journaliers or day laborers who could never be sure where the next day’s work would come from. Peasants also had to do a number of days work for their local lord, without any pay.

About 22 million French people were peasants. The peasants owned about 35% of the land.

 

B° ) A society divided by law : the three estates

- The Clergy : Theses people had the highest position in society. The Catholic church controlled the daily lives of almost everyone. It controlled education. It provided care for the sick. The Clergy had many privileges : they did not have to do military service and they could only be tried in their own law courts. The Church as a whole was wealthy. But there were differences between bishops and humble priests who were sometimes very poor.

There were about 130,000 people in the First Estate.

 

- The Nobility : The nobility of the sword were ancien families who gained their position by birth. They were princes of royal blood. The nobility of the robe gained their noble status from the work that they did, performing special job such as being judge or doing some work for the government. You could even buy these special jobs from the King. The nobility has many privileges. They did not have to pay many taxes.

There were about 350,000 people in the Second Estate.

 

- The third Estate : was everybody else. This was a very mixed group of people. The vast majority were peasants, making about 80-90% of the population. The rest were urban workers and bourgeoisie. The third estate had no privileges.

There were about 27 million in the Third Estate.

 

II) High hopes and big complaints 

A°) A very unfair system

 

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The Game Must End Soon, an 18th-century French engraving.

 

QUESTIONS : 

1. Introduce the picture.

2. Work out who belonged to which estate in this picture. How did you find out?

3. What point do you think the artist is trying to make?

4. What does the caption suggest about people’s hopes at the time?

 

B°) The General Estates

- The people were invited to write down all their complaints so that the Estates General could discuss them. There were asked to draw up special notebooks of complaints : Cahiers de Doléances. The King said that he had called the Estates General, « not only that the Estates might give their advice on everything we shall ask them to discuss, but also that they may tell us the wished and grievances of our people so that every kind of abuse will be reformed ». That was a very big promise. hopes were high all over France. Over 60,000 cahiers were drawn up.

 

 

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QUESTIONS : 

1. Introduce the source.

2. What are those complaints about?

3. What do they tell us about France’s problems at this time?

 

This system we very unfair. Back in the Middle Ages it made sense but in 1789, it was outdated and the complaints were growing.

 

III) The economic and political crisis

A°) Shortage of food.

The consequences of a bad harvest.

 

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By March 1789, the price of bread had risen to 14 sous per loaf. At times it hit 15 sous. By spring of 1789 a poor family in Paris could be spending 88% of all their earnings on bread. Those that had ost their jobs were likely to starve. In April 1789, riots started in Paris. People were complaining about the price of bread but also about the wages that would go down. But they did not blame the King. They blamed wealthy merchants accused of speculating. The Customs that put taxes on the imports. The factory owners for laying off workers and not paying high wages.

 

 

B°) The unlimited power of the King

- Many people were concerned that there were very few limits’ Louis’ power. For instance he could imprison anyone with a ‘Lettre de cachet’. Louis XVI had absolute authority. He said that he was responsible only to God. That system was called the ‘Ancient Regime’.

 

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Louis XVI in Coronation Robes, painting by Joseph Siffred Duplessis, about 1774

QUESTIONS : 

1. Introduce the source.

2. What are the symbols of the absolute power of the King?

 

Moreover the King became also unpopular because of his wife, the Queen Marie-Antoinette. She was disliked for being foreign ; spending lots money on clothes and jewelry ; having favorites at court ; being unfaithful to Louis.

 

 

IV) The Enlightenment movement

A°) The ‘Philosophes’

A group of educated people led some criticisms about the government of France. Those people were writers, journalists, scientists… Their ideas were based on : Reason and Progress. They thought that tradition was not a good reason  for keeping things as they were. Everything should be tested and questioned.

Unknown-3

Jean-Jacques Rousseau (1712 - 1778)

 

Questions : 

1. Write a short biography

2. What were the main ideas of ‘Le Contrat Social’?

 

 

- Jean-Marie Arouet dit Voltaire (1694 - 1778)

 

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QUESTIONS : 

 

1. Write a short biography

2. What were his complaints about?

 

- The Philosophes wanted more freedoms for people to speak, write and act. These freedoms did no exist in France in the 18th century. They wanted freedom of the press, freedom of speech, freedom of trade, freedom of imprisonment without trial. They wanted people to be treated fairly. Their ideas were known thanks to pamphlets, books (L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert), 'academies' and ‘salons’ (Mrs Geoffrey)

 

ROLE PLAY : 

You are a liberal and educated nobleman and after dinner, at a party you talk about the political situation in France. You would start by : « The trouble in France …. »

And then you would go on with : « I want… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 juin 2020

PREMIERE : THE AFTERMATH OF THE WAR

POST-WAR SETTLEMENT AND HOPE FOR PEACE

 

Introduction :

The war had caused 10 million casualties, mostly in Europe. Peace treaties were imposed on the defeated states. By 1920, doubts arose as to whether they would ensure a lasting peace.

What were the issues of the aftermath of the war?

 

I) A « lost generation »

A) Living conditions in the trenches and the brutality of the fighting led to traumas and addiction to violence. Soldiers as well as artists bore testimony to the sacrifice of this « lost generation ». Nor was civilian society spared by the war. The economy was central to the war effort and women played an active part. The British blockade of the Central Powers also contributed to soaring mortality rates.

B) The French « death zone »

 

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THE ZONE ROUGE, OR RED Zone, is a no man’s land in northeastern France that was so damaged by the fighting of World War I it was deemed unfit for human habitation. And while the controlled areas have shrunk since 1918, certain areas remain entirely off-limits, the soil so full of arsenic that 99 percent of all plants die, along with the ever-present threat of unexploded shells. 

The unimaginable intensity of the shelling along the Western Front left swaths of agricultural land completely obliterated, churned up into a nightmarish landscape of craters and bodies. In the Battle of Verdun alone, which lasted for 303 days and remains one of the longest and most costly battles in human history, hundreds of thousands of men were killed.

Shortly after the war, the French government declared a 460-square-mile area unfit for human habitation or development. It stretches roughly from Nancy through Verdun and onto Lille, with various non-contiguous zones so riddled with unexploded shells (many of them gas shells), grenades, ammunition, and human and animal remains that it was simply too dangerous to enter. It was called the Zone Rouge.

Within the no-go zone are many ghost villages that were left abandoned after the war, deemed beyond repair. Signs around the zone warn “village detruit,” or destroyed village. It is said these towns “died for France.”

At the time, the French government defined these areas in stark fashion: “Completely devastated. Damage to properties: 100%. Damage to Agriculture: 100%. Impossible to clean. Human life impossible.”

 

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II) Peacemaking

A) The Fourteen Points, a ‘program for peace of the world’

 

The Fourteen Points speech of President Woodrow Wilson was an address delivered before a joint meeting of Congress on January 8, 1918, during which Wilson outlined his vision for a stable, long-lasting peace in Europe, the Americas and the rest of the world following World War I.

Wilson’s proposal called for the victorious Allies to set unselfish peace terms with the vanquished Central Powers of World War I, including freedom of the seas, the restoration of territories conquered during the war and the right to national self-determination in such contentious regions as the Balkans.

The devastation and carnage of the First World War grimly illustrated to Wilson the unavoidable relationship between international stability and American national security.

At the same time, he sought to placate American isolationists by stating that the world must “be made fit and safe to live in; and particularly that it be made safe for every peace-loving nation which, like our own, wishes to live its own life, determine its own institutions, be assured of justice and fair dealing by the other peoples of the world as against force and selfish aggression.”

 

Source 1 : The Fourteen Points

 

 

Woodrow Wilson

 The text of the Fourteen Points is as follows:

1. Open covenants of peace, openly arrived at, after which there shall be no private international understandings of any kind but diplomacy shall proceed always frankly and in the public view.

2. Absolute freedom of navigation upon the seas, outside territorial waters, alike in peace and in war, except as the seas may be closed in whole or in part by international action for the enforcement of international covenants.

3. The removal, so far as possible, of all economic barriers and the establishment of an equality of trade conditions among all the nations consenting to the peace and associating themselves for its maintenance.

4. Adequate guarantees given and taken that national armaments will be reduced to the lowest point consistent with domestic safety.

5. A free, open-minded, and absolutely impartial adjustment of all colonial claims, based upon a strict observance of the principle that in determining all such questions of sovereignty the interests of the populations concerned must have equal weight with the equitable claims of the government whose title is to be determined.

6. The evacuation of all Russian territory and such a settlement of all questions affecting Russia as will secure the best and freest coöperation of the other nations of the world in obtaining for her an unhampered and unembarrassed opportunity for the independent determination of her own political development and national policy and assure her of a sincere welcome into the society of free nations under institutions of her own choosing; and, more than a welcome, assistance also of every kind that she may need and may herself desire. The treatment accorded Russia by her sister nations in the months to come will be the acid test of their good will, of their comprehension of her needs as distinguished from their own interests, and of their intelligent and unselfish sympathy.

7. Belgium, the whole world will agree, must be evacuated and restored, without any attempt to limit the sovereignty which she enjoys in common with all other free nations. No other single act will serve as this will serve to restore confidence among the nations in the laws which they have themselves set and determined for the government of their relations with one another. Without this healing act the whole structure and validity of international law is forever impaired.

8. All French territory should be freed and the invaded portions restored, and the wrong done to France by Prussia in 1871 in the matter of Alsace-Lorraine, which has unsettled the peace of the world for nearly fifty years, should be righted, in order that peace may once more be made secure in the interest of all.

9. A readjustment of the frontiers of Italy  should be effected along clearly recognizable lines of nationality.

10. The peoples of Austria-Hungary, whose place among the nations we wish to see safeguarded and assured, should be accorded the freest opportunity of autonomous development.

11. Rumania, Serbia, and Montenegro should be evacuated; occupied territories restored; Serbia accorded free and secure access to the sea; and the relations of the several Balkan states to one another determined by friendly counsel along historically established lines of allegiance and nationality; and international guarantees of the political and economic independence and territorial integrity of the several Balkan states should be entered into.

12. The Turkish portions of the present Ottoman Empire should be assured a secure sovereignty, but the other nationalities which are now under Turkish rule should be assured an undoubted security of life and an absolutely unmolested opportunity of autonomous development, and the Dardanelles should be permanently opened as a free passage to the ships and commerce of all nations under international guarantees.

13. An independent Polish state should be erected which should include the territories inhabited by indisputably Polish populations, which should be assured a free and secure access to the sea, and whose political and economic independence and territorial integrity should be guaranteed by international covenant.

14. A general association of nations must be formed under specific covenants for the purpose of affording mutual guarantees of political independence and territorial integrity to great and small states alike.

On October 3–4, 1918, Prince Maximilien of Baden, the German imperial chancellor, sent a note, via Switzerland, to President Wilson, requesting an immediate armistice and the opening of peace negotiations on the basis of the Fourteen Points. Germans would later argue a “betrayal” when faced by the harsher terms of the Armistice and the Treaty of Versailles.

 

 

QUESTIONS : 

1. Which articles refer to national minorities in Europe? Is this a viable solution?

2. Which articles illustrate the leading economic ideology of the US? Explain

3. Which Point was likely to make America’s allies uneasy? Why?

4. What was the aim of Point 14?

 

B) Paris Peace Conference.

Wilson had to give way on many of the 14 Points, but his chief hope was realized - the creation of a League of Nations, to meet regularly and discuss world problems. However Wilson’s political opponents at home kept the USA out of the League, so reducing its effectiveness from the start.

Between 1919 and 1923, the Allies imposed peace treaties on the defeated states. On June 28, 1919, Germany was compelled to sign the treaty of Versailles, thereby losing Alsace-Lorraine to France and the Danzig corridor to Poland. Its army’s to be limited. Clause 231 established the so-called German war-guilt and led to a  reparation bill of £6,600 million. The treaties of Saint-Germain-en-Laye and Trianon were implemented to break up the Austro-Hungarian Empire, while the treaty of Sèvres heralded the dismantling of the Ottoman Empire. In order to guarantee peace, Wilson pushed for the creation of the League of Nations in 1920. However the US Congress refused to ratify the covenant that was due to foster the international organization, thus raising more doubts about the League’s effectiveness.

 

Conclusion : The war seriously weakened Europe’s economic domination over the rest of the world. The United States emerged from the war as the new leader and the world’s foremost creditor nation. But the treaties turned peace into a fragile period. They created economic crisis, social desperation and anger.

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PREMIERE : EXERCICE

 

Sujet : World War 1, a total War

 

Source 1: WW1, a violent war

From America Pathways to the Present, by Andrew Cayton, 2005

 

 

Casualties (deaths)

Average death toll per day

Period 

(in days)

WWI

8 000 000

6 837

1 170

Napoleonic wars (French soldiers)

7 00 000

148

4 745

Battle of the Somme

1 000 000

7 141

140

Battle of Verdun

220 000

733

300

 

Source 2 : War at home : Mobilizing the economy

 

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Posté par Lycee Francois 1 à 07:29 - Permalien [#]

02 juin 2020

Terminale : La gouvernance économique mondiale depuis 1975

La gouvernance économique mondiale depuis 1975 

Arte : Le dessous des cartes. L'Otan en état de mort cérébrale?

YouTube : L'OMS dans les griffes des lobbyistes? Arte 1:38:28

 

Définition :  La gouvernance économique mondiale depuis 1975 Définition : Le mot "gouvernance" est un néologisme anglo-saxon arrivé en France dans les années 70 dans le monde de la gestion des entreprises et a contaminé rapidement les analyses politiques dans la grande vague du néo-libéralisme depuis les années 80-90. Il s'est d'abord appliqué aux pays sous développés puis aux organisations internationales avant de concerner toute forme de pouvoir étatique. Il se focalise non sur la légitimité d'un pouvoir mais sur la façon de l'exercer, la "bonne gouvernance" étant une façon de gérer les affaires publiques selon les modèles de l'efficacité entrepreneuriale. Voilà donc un terme peu innocent qui fait semblant d'évacuer la dimension proprement politique des relations internationales, c'est-à-dire les rapports de force entre Etats et les luttes idéologiques. C'est une sorte de rêve de technocratie mondiale qui réduirait les relations internationales à des problèmes techniques économiques et écologiques.

Introduction :
En juillet 1944, la conférence de Bretton Woods pose les fondements d'un nouvel ordre économique mondial qui repose sue le libre-échange. A la fin des années 70s', cet ordre est remis en cause par des crises. A partir de 1995, il cherche à se reformer pour répondre aux défis de la mondialisation libérale. Mais la gouvernance économique est accusée d'oublier les pus défavorisés et le développement durable. Problématique : Les relations économiques internationales ont besoin de monnaies reconnues et stables d'une part et, d'autre part, de la plus grande liberté de circulation possible. C'est ce à quoi les vainqueurs de la IIGM vont s'attacher. Mais ce faisant, ne vont-ils pas se heurter à deux limites de leur politique : d'abord le creusement des inégalités entre pays qu'ils risquent d'aggraver ; ensuite le dérèglement d'un système trop ouvert ?

I) Un équilibre menacé par les crises à partir des années 70's.

Plusieurs facteurs vont se combiner pour faire exploser l'équilibre du système économique international dans les années 70. En apparence, la crise économique née des chocs pétroliers de 73 et 79 explique ces difficultés ; cependant, la crise internationale couvait déjà car les EU face aux nécessités de la guerre du Vietnam avaient commencé de creuser leurs déficits et de déséquilibrer le système financier mondial. C'est pour y parer qu'ils se lancèrent dans des politiques néo-libérales fondamentalement opposées à toute idée de régularisation internationale.

A) La ruine du système monétaire international sous les coups de l'inflation :

DOCUMENT : NIXON ENDS BRETTON WOODS INTERNATIONAL MONETARY SYSTEM - Ina.fr
- En 1971, fin de la convertibilité du $ (après escarmouche avec la France en 59); les monnaies n'ont plus de parité fixe entre elles, flottement généralisé mais $ reste seule monnaie de compte mondiale : cela permet aux EU de multiplier les $ pour se financer "gratuitement" ; - Et d'autant + nécessaire que les flux mondiaux se gonflent : multiplication des "eurodollars" ($ investis en Europe produisant des bénéfices en-dehors des EU ; à quoi s'ajoutent les "pétrodollars" réinvestis dans les pays industrialisés par les pays pétroliers (baril de pétrole passe de 1,9 à 34 $ en 81, à 140 en 2008) ; d'où des surliquidités des banques des pays industrialisés qui multiplient les placements + ou – hasardeux, en particulier dans les pays en développement ; d'où la crise de la dette de ces pays (entre 70 et 80 leur dette a été multiplié par 33) ; en +, grave déséquilibre de la dette américaine : passe du 1/3 à la 1/2 du PIB ; + . des bons du trésor achetés par la Chine et 1/5 par le Japon ; EU commencent à vivre à crédit ; tableau de la dette publique des EU en % du PIB :

B) La recherche de nouvelles voies de coopération économique

- En 1975, sous l'impulsion de VGE, les chefs d'Etat (Italie, RFA, France, RU, Japon et EU) forment le G6, rejoints en 1976 par le Canada. Ces sommets déterminent des choix économiques stratégiques.

- Les pays du 1/3 monde coopèrent également depuis Bandung en 1955 et Belgrade 1961. Le mouvement des non-alignés s'est organisé au sein de l'ONU. ils forment le G77 et réclament en 1974 un commerce plus équitable. Exportations de matières premières au pris fixés par les pays du Nord. Ils revendiquent également le droit au développement dans un nouvel ordre économique international.


C) L'affaiblissement des institutions internationales sous les coups du néo-libéralisme :
- avec R. Reagan aux EU (80) et Thatcher au RU (79), retour en force du néolibéralisme : recul des régulations et du rôle de l'Etat, abandon des politiques sociales ; "néolib" et "néocons" se mêlent pour définir une nouvelle idéologie dominante dans le monde, qui s'impose non seulement aux anciens pays communistes, mais aussi aux alliés capitalistes en Europe ;
- Les recettes néo-libérales imposées de force aux pays du Tiers Monde : réformes imposées par le FMI en échange de son aide accélère libéralisation des économies au détriment des politiques sociales ; d'où crises et contestations, en particulier en Amérique Latine dans les années 80 et en Afrique ; Mexique 1982

DOCUMENTAIRE : HISTORIQUE du G8 - Ina.fr - La multiplication des réunions informelles pour compenser inefficacité des institutions traditionnelles : G6/7 en 75-6 devient forum de décision en petit comité des grandes puissances industrielles capitalistes ; forum de Davos organisé depuis les années 70 par 1000 grands groupes mondiaux pour débattre des grands problèmes mondiaux dans un esprit là aussi ultra-libéral ; La libéralisation des marchés financiers depuis 1980 (livre pages 190 - 191) La course en avant de la mondialisation : - En 94 : accords GATT de Marrakech sur l'agriculture et services étendant libéralisme ; puis passage du GATT à l'OMC en 95 : différence, une organisation et non pas seulement un traité, chargé de régler conflits commerciaux entre signataires ; élargissement progressif (Chine puis aujourd'hui Russie) ; - La multiplication des organisations régionales pour abaisser les frontières et développer les coopérations internationales : élargissement de l'UE et passage à une union élargie et de + en + politique ; mais aussi ALENA (1994), APEC (1989), Mercosur (1991) ; - la multiplication folle des IDE qui débute un large mouvement de délocalisation des activités industrielles traditionnelles ; Les flux passent de 25 à 200 milliards de $

II) Une mondialisation affolée depuis les années 2000 ?

Avec la chute du communisme en URSS et en Europe de l’Ouest, le modèle de gestion économique américain semble être le seul possible. D’autant que la Chine, tout en gardant les formes de gouvernement politique communiste (dictature du parti unique, etc.), a converti son économie au capitalisme débridé. L’achèvement et l’approfondissement de la libéralisation du commerce et des finances mondiaux entamée dans la période précédente provoque un bouleversement de la géographie économique mondiale.

A) L’accélération de la mondialisation dans un monde de plus en plus multipolaire
Livre pages 188 - 189 - des transports (conteneurs) et dérégulation financière ; multiplication des délocalisations derrière les IDE ; déséquilibre de la DIT : Chine/Triade, bombe à retardement pour l'équilibre planétaire ; remet en cause rôle du $ comme monnaie internationale, surtout avec concurrence de l'€ ; aggravation des dangers environnementaux planétaires ; prise de conscience du réchauffement climatique, protocole de Kyoto lancé en 97 ;
- La multipolarisation du monde : émergence de nouvelles puissances ou retour aux équilibres anciens ? Brésil, Afrique du Sud, Inde et Chine, mais aussi Turquie ;

B) Une société civile, actrice de la gouvernante mondiale
- En 1999, la mobilisation altermondialiste se développe : 40 000 personnes manifestes lors du sommet de l'OMC à Seattle contre la dictature des marchés financiers. Ils s'opposent au FMI au G8 et au FTN

- En 1999, au forum économique et social de Davos (Suisse) Kofi Annan propose un pacte mondial entre l'ONU et les milieux d'affaires. Certains dirigeants de FTN s'engagent à respecter les droits de l'homme, les normes internationales de travail et l'environnement. - multiplication des sommets internationaux (du G6 au G20) et des organisations régionales pour contrebalancer l’influence de la Triade ;

- mais aussi volonté de réforme du Conseil de Sécurité ONU pour mieux refléter l’équilibre mondial ; idem pour FMI ou BIRD ;

LIVRE P. 374 - 375 : Essor du mouvement Altermondialiste.

- En 2001, contre Davos, se tient le premier Forum mondial, à Porto Alegre (Brésil) "Un autre monde est possible". Ils posent les règles d'un commerce solidaire, éthique et écologique.

C) La multiplication des crises : - Le krach boursier de 87, crise asiatique de 97, crise argentine de 98, crise spéculative des nouvelles technologies de 2000, crise des subprime de 2007, choc pétrolier de 2008 ;

La crise mondiale (livre pages 194 - 195)

- A partir de 2001, le forum de Davos, le G8 et le G20 se donnent comme priorité la lutte anti-terroriste. - La crise actuelle des dettes souveraines, signe de l'affaiblissement du pouvoir des Etats ; rôle des agences de notation, types même des institutions de "bonne gouvernance"

- La gouvernance économique d'un monde en crise (livre pages 196 - 197) - Même à l'intérieur même des pays développés contestations de l’actuelle « gouvernance » mondiale : Forum social de Porto Alègre 2001 anti-Davos, alter-mondialisme, Occupy Wall Street ; le mouvement des "gilets jaunes" ; la crise actuelle aux EU

Conclusion : La gouvernance économique mondiale a réussi à restaurer le système monétaire international et à relancer le commerce mondial. Mais, ce faisant, elle a abouti à une impasse : le néolibéralisme absolu a affaibli toutes les règles et tous les acteurs qui avaient encadré les Trente Glorieuses et débouché sur des déséquilibres commerciaux et mondiaux à l'origine des actuelles crises à répétition qui frappent le monde.

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